vendredi 30 janvier 2015

Janvier 2015 : Langage

Louiselle a 32 mois.
Antonin a 4 ans.


Petit bilan "langage" aujourd'hui ! :-)

Lexique :


Nous avons loué à la ludothèque l'ancienne version de ce jeu : c'est encore un jeu de catégorisation, puisqu'il s'agit de trier des objets en fonction des magasins dans lesquels on les trouve. Très facile pour Antonin, tout à fait à la portée de Louiselle - qui décroche néanmoins avant d'avoir rangé les 10 x 6 cartes. C'est une bonne idée de jeu à faire soi-même, qui permet d'enrichir le lexique (à commencer par le nom des échoppes elles-mêmes : "animalerie", "primeur", "fleuriste"...). Nous le réemprunterons !


Ce n'est pas souvent que je propose à Louiselle les mêmes activités qu'à son frère au même âge... Tout simplement parce que leurs centres d'intérêts sont si différents ! Vous vous souviendrez peut-être néanmoins du tri "grand/petit" qu'Antonin effectuait à 25 mois... Le revoilà !


Je me souviens qu'Antonin m'avait étonné, lorsqu'à 2 ans tout juste il effectuait cet exercice à toute vitesse, sans se tromper (ou si peu), dans le plus grand silence. La Damoiselle a quelques mois de plus aujourd'hui que son frère alors, mais elle effectue l'exercice avec la même aisance. Par contre, c'est un véritable moulin à parole, qui met en scène chaque objet avant de le déposer dans son panier, ce qui donne des monologues tordants comme : "Moi aussi, dit la bouteille, je veux y aller ! Mais Ahhh, attention, je tombe ! Attention, la bouteille, tu vas tomber ! Tu es petite ! Bon, et la grosse bouteille ? Non, non, dit la grosse bouteille, moi, je veux pas y aller... Mais si, la bouteille...", etc. Elle s'éclate. :-)


Je ne sais pas où en sont vos enfants de 4 ans par rapport à ça, mais Antonin a vraiment tendance, dans la vie quotidienne, à dire un verbe pour son contraire (ouvrir pour fermer, mettre pour enlever, descendre pour monter, etc.). Ayant dégoté ce petit jeu ICI, je le lui ai proposé. Gros succés : avant même que je ne découpe les éléments, Antonin a promené mes feuillets contre son cœur pendant tout un après-midi. Nous avons "lu" les images plusieurs fois à sa demande. 

La mise en paire ne pose en soi aucun problème ; il s'agit surtout d'un prétexte à la verbalisation. Ceci n'est pas un jeu à faire en autonomie, et n'a aucun intérêt si on ne parle pas ensemble de ce qu'on voit !

Cet exercice m'a donné matière à réflexion, car Antonin est capable de nommer et d'expliquer tous ces contraires sans se tromper ("mince"/"épais" lui résiste un peu, mais c'est le seul : même le subtil couple "tirer"/"pousser" semble lui être évident !). Mon petit doigt me dit que ce n'est pas ainsi que je peux l'aider à ne plus se tromper dans la vie quotidienne, et que les canaux cérébraux mis en jeu pendant ce genre d'exercice ne sont pas les mêmes que ceux qui sont sollicités dans la vraie vie... Supputation basée sur mon seul feeling, je n'y connais rien en neurologie ! :-D

Graphisme :


Bien sûr, la confection de couronnes de rois et reines a été l'occasion d'un petit exercice graphique... libre...


... Mais le chouchou du mois écoulé est indubitablement le coloriage !


Antonin a franchi un palier certain. Il prend soin à présent de bien remplir les figures, soigne des aplats, joue avec les lignes du dessin.


Côté dessin aussi, ça se structure.


Mon Damoiseau ne semble pas très attaché à la belle progression que je vous ai présentée ici. Il boude décidément les bonshommes. Oh, il en dessine. Parfois. Rarement. Très rarement, en fait, mais il en dessine. Ce n'est pas un sujet qui semble le passionner pour l'instant.

Par contre, voici un hérisson criant de vérité...


... ou un bateau retroussé, voguant sur une mer rayée. Ma photo ne rend pas hommage à cette œuvre-là qui m'évoquait d'anciennes peintures orientalo-moyenâgeuses... et qu'Antonin a, in fine, totalement recouverte de peinture noire. Arg.


Sur ses fiches, la Damoiselle s'applique toujours à respecter des consignes tout aussi personnelles qu'exigeantes...

Fiche téléchargeable ICI

Et Antonin maitrise le sens du tracé de tous ses chiffres rugueux - à l'exeption du 8 et du 9.


Cela ne signifie pas qu'il sache encore les écrire "sans filet" (sans repasser ses lettres rugueuses, comme ici, ou des pointillés, sur ses fiches), mais tant mieux : la tentation à écrire "en miroir" est bien là, je préfère donc que sa main continue de mémoriser ces tracés à l'aide de supports.


J'ai d'ailleurs constaté, en l'accompagnant un matin à la porte de sa classe, qu'il travaillait sur cette compétence à l'école avec un support analogue (chiffres en pointillés à repasser sur support effaçable). Voilà un exemple de concordance parfaite entre ce qui l'occupe en classe et à la maison ! :-)


Les formes à dessin sont régulièrement utilisées... Dans un cadre aussi peu montessorien que possible, comme vous pouvez le constater. Hum, hum.


Pas question pour la Damoiselle d'être en reste : ce qu'on son frère fait, elle le fait ! Il ne s'agit jamais que de tenir un crayon, que diable, ça ne devrait pas être trop compliqué...


Antonin décore ses travaux...


Et Louiselle aussi ! Voilà !

Ceci fut un cercle gris, vous le voyez ? :-D

Pré-lecture :

Phonologie :

La phonologie et nous, c'est une histoire d'amour. À chaque repas ou presque, Antonin lance une recherche phonique : "Fromage... FFFF... FRRRR... Comme FRamboise !". Qui dit mieux ? "FR, comme FRileux", dit Maman. "Ou comme FRelon", dit Papa. "Comme ABEEEEEILLE !", s'exclame Louiselle au comble de la joie. :-D

Sauf que depuis quelque mois, la Damoiselle est de moins en moins à côté de la plaque. Et comme son frère joue à présent avec les sonorités finales, voire internes aux mots, je vois maintenant qu'elle suit, et plutôt bien. Et puisqu'en observant les manipulations de son frère la Damoiselle ingurgite la valeur phonique des lettres à vitesse grand V (capitale et minuscules d'imprimerie de front, s'il vous plait !), c'est une excellente chose que cette capacité à "lire" soit connecté quotidiennement à celle qui consiste à "entendre".

Les paniers phonologiques (plus connus chez nous sous le nom du "Jeu du petit œil") sont donc de retour !
[kʁejɔ̃], [vɛʁ], [aʁmonika], [pwasɔ̃], [nwa]

Ci-dessus, celui destiné à Louiselle : je prends un objet dans mes mains et dis : "Mon petit œil voit un objet dont le nom commence par le son [k] !", et Louiselle s'exclame : "Crayon !!!". Bon, vous me direz, c'est facile, j'ai l'objet entre les doigt. Oui. Pour être honnête, je pensais que Louiselle saurait repérer un objet parmi plusieurs si je lui donnais le premier son de son nom. Mais non, pas encore. Pourtant, spontanément, lorsqu'elle joue, elle est capable de plus difficile (rapprocher deux mots abstraits selon leur valeur phonologique). Une preuve supplémentaire, s'il en est, que l'enfant va plus loin dans le jeu que dans le cadre d'une activité structurée et que l'adulte, lorsqu'il cherche à évaluer, réduit toujours les potentialités de l'enfant et le sous-estime. Il faudrait une licence de neurologie pour enseigner, voilà deux fois que je me fais la réflexion en l'espace d'un article !

Enfin, en attendant, on rigole bien, et Louiselle adore son panier.

[vwatyʁ], [veʁu], [ano], [aʁmonika], [butɛj], [bwat], [pwasɔ̃], [pɔmdøpɛ̃]

Et voici le panier d'Antonin : "Mon petit yeux voit deux objets dont le nom commence par le son [v]". Antonin sort du panier la voiture et le verrou, et nous écartons le panier pour nous concentrer sur ces deux objets. "Mon petit œil voit un objet dont le nom se termine par [ʁ]." Antonin montre la voiture et essaie de trouver le dernier son de l'objet restant (en l'occurrence, le [u] de "verrou").

Reconnaissance phonique :


La reconnaissance des lettres minuscules avance lentement et sûrement. Nous venons d'introduire le "b" - dans l'idée de l'isoler le plus possible dans le temps du "d" auquel il ressemble trop ! - qui sera bientôt suivi du "r", très récurrent dans notre langue.


J'ai commencé l'alphabet mobile minuscule ! :-)

Une idée que je carressais depuis longtemps : je "peins" les lettres sur de petits cailloux à l'aide d'un feutre Posca - vanté à raison par une lectrice qui se reconnaitra ! ;-)

Pour guider mon tracé, et de façon à ce que mes lettres aient toutes le même gabarit, j'ai imprimé cet alphabet-là et j'ai utilisé la technique du poinçonnage : je perce des trous rapprochés avec une épingle tout autour de la lettre, que je pose ensuite sur mon caillou. Je repasse le contour de ma lettre avec le feutre ; j'obtiens une silhouette en pointillés qu'il me suffit de complèter.


Pour le moment, je n'ai fait que les voyelles, n'ayant qu'un feutre rouge. La suite (en bleu pour les consonnes et en vert pour les digrammes) à venir !

L'objectif ici n'est plus la mise en paire en tant que telle (reconnaissance visuelle) mais la reconnaissance phonique. Les petits jeux exercés ne peuvent être pratiqués en autonomie de ce fait : il faut une interaction, comme dans le jeu de "cache-cache" que nous pratiquons beaucoup, dans lequel je demande à Antonin de trouver dans la pièce telle ou telle lettre que je prononce. De même, je peux lui demander de prendre le cailloux sur lequel il voit un [i] pour de le poser sur la carte [i] correspondante.

Les minuscules sont les caractères que l'on lit... Alors, quoi de mieux que de les apprendre en lisant ? Je soupçonnais qu'Antonin puisse déchifrer des syllabes, car il est capable, en contexte, de déchiffrer des mots simples écrits en capitale (tel que "MIDI", par exemple). Je lui propose donc, sur notre ardoise magique, des petits jeux de lecture de syllabes avec les lettres qu'il connait. Il maitrise à la perfection, je crois qu'il ne s'est jamais trompé ! :-o


Je profite de cette grande nouvelle pour tordre le cou à une idée couramment répandue - et que j'avais moi-même en entrant dans le métier. Petit H., toi qui dois maintenant être grand - et lecteur ! - j'espère que tu m'a pardonnée ! :-(

Pour apprendre à lire, n'est-ce pas, tout le monde le sait, c'est très simple. On apprend la valeur phonique des lettres et on les enchaine. [b] - [a], [ba], c'est bien connu.

Et l'adulte transpire, agite les bras et brasse beaucoup d'air : "Enfin, Petit H. ! Tu sais bien bien : [b] et [a] ? Ça fait quoi ? [b], [a] ? Enfin ! Enchaine ! Dis-le... Dis-le... Dis-le vite !!!"

Dis-le vite. Quelle bêtise. Dites [b] puis [a] aussi vite que vous le voudrez, vous n'obtiendrez jamais "ba". Tout au plus quelque chose qui y ressemble, mais il y aura toujours un petit quelque chose entre les deux phonèmes, comme un petit silence, un bruit de bulle qui explose. Qui n'existe pas dans la syllabe. Une syllabe, ce n'est pas deux sons que l'on dit vite, c'est un tout. C'est UN bruit, UNE note, ou ce que vous voulez, mais pas deux.

La syllabe, l'enfant y accède seul. Comme à chaque fois qu'il apprend, personne ne peut le faire à sa place. On peux l'ancrer dans notre monde et dans notre langue, lui parler, lui lire des histoires, exercer son oreille, lui apprendre la valeur phonologique que notre culture a attribué aux lettres... Mais lire une syllabe, cela, l'enfant l'apprendra tout seul, quand il le décidera.


Bref, ici, Antonin est entré de plain pied dans le stade syllabique. Je ne sais pas au juste quand cela s'est fait - cela a été très progressif, mais maintenant, il peut lire toute syllabe "transparente" de deux lettres dont il connait les signes.


Et pourtant l'en-tête de ce sous-chapitre ne vous aura pas échappé : nous sommes encore dans la "pré-lecture". Il manque encore au Damoiseau quelque chose de capital pour endosser définitivement une posture de lecteur : c'est la volonté de créer du sens. Il manipule avec beaucoup de plaisir son alphabet mobile ; il adore taper des suites de lettres sur traitement de texte et s'exercer à les lire (surtout si c'est "BGTHMLJZ"). Mais il se contrefiche d'essayer d'écrire tel ou tel mot - à tel point que je ne le lui propose plus du tout.

Le déclic suivant viendra de lui seul, bien évidemment. Et vu le temps quotidien qu'il passe dans ses bouquins, je ne m'inquiète pas trop ! :-D

Bon week-end chez vous et à bientôt pour le volet "Vie pratique" ! :-)

mercredi 28 janvier 2015

Premiers pas en sophrologie


Antonin et ses colères.

Je ne vous ai jamais caché l'énorme problème que nous avions face à cela, n'est-ce pas ?

Nous cheminons - et nous avançons, si ! Ce ne sont pas des colères ordinaires. Il s'agit d'en chercher les causes, et cela se fera dans le temps - et certainement avec un peu d'aide.

Différents acteurs sont sollicités autour de ce problème. L'un d'eux est ma professeure de sophrologie - dommage, elle ne s'occupe des enfants qu'à partir de 7 ans. Néanmoins, je lui parle souvent d'Antonin, je fais sur moi-même un énorme travail sur les sentiments que ces "crises" génèrent chez moi durant les séances qu'elle me propose. Elle me donne des conseils, des idées de petits exercices à proposer au Damoiseau, mais jusqu'à présent je ne voyais pas comment les mettre en pratique. Dire à mon fiston en ébullition : "Allez, on va faire le coup de poing karaté !", je ne sentais pas, point.

Antonin est pudique. Sa maitresse me l'a encore dit hier. Il s'était cogné fortement la tête en tombant, et elle s'est précipité vers lui. Négation : "Je n'ai pas mal." L'expression de son visage semblait pourtant dire le contraire. Lorsque je viens le chercher quelques minutes plus tard, il se précipite dans mes bras, me serre fort et chuchote contre mon cou, comme s'il s'agissait d'un secret : "Maman, je me suis fait mal en tombant du banc.".

Pudique sur ses sentiments, aussi, ses émotions. Ceci explique bien sûr cela. Les colères d'Antonin sont des épisodes de décharge, nous le savons depuis le début...

Bon, tout ça, c'est bien joli, mais que faire ?

Une "crise" comporte toujours trois étapes :

1. L'aurore : Antonin devient grincheux, refuse, pleurniche. Une fois, vingt fois. Il cherche délibéremment à attirer notre attention, en faisant exactement ce qu'il sait qu'on ne veut pas qu'il fasse. Cela peut aller assez loin au fil des minutes - crier, taper, se précipiter en aveugle sur une route fréquentée. L'objectif semble être que l'adulte se fâche. Il arrive que cet objectif soit atteint.

2. Switch. Je ne sais pas comment le dire autrement. Soudain, quelque chose lâche. Comme un commutateur qui se mettrait en position alternative. C'est quelque chose que la littérature classique a poétisée à travers des œuvres telles que L'étrange cas du Docteur Jekyll et de M. Hyde. Étrange cas, oui, en vérité. Antonin s'en va.

3. Antonin est perdu dans les limbes. Il n'est plus là. Sans doute est-il en train de vivre un gros cauchemar dans une dimension parallèle. À la place, il y a un tourbillon d'énergie pure qui hurle son désespoir, sa peur et sa fureur. Cela aussi, la littérature classique l'a bien théorisé... J'en tremble rien que de l'écrire, mais c'est vraiment atroce pour moi d'avoir entre les bras cet être exprimant toute la misère des hommes et de leurs milliards de milliards de vies antérieures - ou un truc comme ça, en tous cas, quelque chose de beaucoup trop lourd pour Antonin comme pour moi.

Dans les faits, si la deuxième étape a lieu, la troisième suit nécessairement, et personne n'a plus aucune emprise sur les évènements. La troisième phase ne laisse aucun espace à une quelconque "gestion" par l'adulte et tous les bons - ou nettement moins bons - conseils que j'ai pu lire sur le sujet ne sont, à ce stade d'aucune aide. La seule personne qui nous ait donné un outil viable est Aletha Solter : il n'y a effectivement rien d'autre à faire alors que d'être là et écouter...

Si on parvient à éviter la crise, c'est dès le premier stade qu'il faut agir - qui n'est d'ailleurs qu'un long et maladroit appel au secours, durant lequel Antonin est visiblement très malheureux et démuni face à ce qui va suivre et qu'il pressent. C'est très difficile, mais on parvient parfois à éloigner la colère - rarement - grâce aux méthodes classiques (câlin, détournement d'attention, voire raisonnements et explications maintenant qu'Antonin est un peu plus grand). Mais : cette tentative est fortement aléatoire, et peut aussi avoir comme conséquence d'accélerer le processus (ce que je comprends tout à fait : toutes ces pis-aller ne font que nier l'émotion qui affleure). De plus, je reste persuadée que la 3e phase est cathartique, et qu'à essayer de l'éviter, on ne fait en réalité que la reculer...

La question est : comment permettre à mon enfant d'exprimer ses émotions personnelles autrement que par des scènes qui nous ravagent et nous épuisent... tous ?


Et j'en reviens à mon idée première : la sophrologie le permet.

Alors, faut-il que j'enseigne à mon enfant "le coup de poing karaté" ?

Cette technique est excellente, la voici : "armer" votre bras en le pliant : serrezle poing et en ramenez le coude en arrière sur l'inspire. En apnée, serrez fort votre poing en visualisant "dedans" toute votre émotion négative (nommez-la en amont). Expirez très fort, en laissant un son sortir librement de votre corps, et en lançant vivement votre main vers le sol comme pour jeter quelque chose à terre. On le fait 3 fois avec la main droite, 3 fois avec la main gauche, 3 fois avec les deux mains.

C'est vrai que ça soulage ! :-D
Mais c'est une posture plus difficile qu'il n'y parait. En particulier, le fait d'accepter de crier au moment de la décharge peut bloquer certaines personnes en séances collectives - d'autant que le son émis alors ne ressemble à rien de civilisé, c'est rauque, guttural, très thoracique, bizarre... ! Mais je vous le dis, ça soulage !

Seulement voilà : Antonin et le "coup de poing karaté" ???
Je ne le sens pas.
Antonin est pudique, je vous l'ai dit. Jamais il n'acceptera de sortir un tel son, jamais il n'osera se plier à ce geste de jeté. Trop théâtral pour mon Damoiseau.

J'étais un peu bloquée.

Et puis, il y a eu ce texte, publié chez Nawel, Zélie & co, que j'ai lu sur un téléphone portable, planquée sous une couverture, alors qu'Antonin dormait à côté de moi - il était hospitalisé pour son amygdalectomie, et nous couchions dans la même chambre. Aujourd'hui encore je ne peux pas le lire sans pleurer ! Décharge, sans doute... Car je sens qu'il me fait beaucoup de bien, et m'a aidé à trouver la manière dont je pouvait parler de tout cela au Damoiseau.

Les premiers mois, ce fut clairement abstrait pour Antonin.

Mais 4 ans est un âge formidable.

Depuis quelques semaines, voilà :

Lorsque la phase 1 de la crise se prépare, je dis : "Antonin, est-ce que tu as une émotion ?" - "Oui."

(Parfois, c'est non, car je peux m'être trompé, et il peut ne s'agir que d'un coup de fatigue, une frustration légitime à son âge, ou n'importe quel motif identifiable).

"Elle est où, cette émotion ?
- Là."

Antonin me montre invariablement sa gorge. En sophrologie, nous apprenons aussi à localiser nos émotions dans notre corps. Les enfants semblent plus aptes que nous à faire cet exercice tout naturellement !

"Qu'est-ce que c'est, comme émotion ? Tu peux lui donner un nom ?
- C'est la colère."

Je ne suis pas sûre que c'en soit vraiment. Mon homme et moi avons donné ce nom à cette émotion non identifiée car elle utilise le canal de la colère pour s'exprimer. Antonin reprend ce mot, je pense, parce qu'on le lui a fourni. Ce n'est pas grave, il affinera avec le temps. Le principal, ici, c'est qu'elle soit nommée, mais c'est symbolique - on pourrait aussi bien l'appeler "bulle" ou "cacaboudindum".

En sophrologie, on nous apprend à évacuer les tensions de la gorge en basculant le menton sur la poitrine ; mais Antonin refuse ce mouvement. J'ai alors décidé de proposer un exercice plus simple, et plus essentiel - retour au souffle !

"Bon. Tu vas faire sortir la colère en soufflant et moi je l'attrape, d'accord ?"

Je tends ma main devant la bouche d'Antonin et il souffle. Tout doucement, d'abord, très timidement. J'attrape la colère invisible dans mon poing et je la jette loin devant nous. Et on recommence. Antonin souffle de plus en plus fort. Je lui explique qu'à chaque expiration sa colère se fait plus petite. Il peut s'arrêter quand il sent qu'elle est partie. Il s'arrête au bout d'un moment, me fait un gros câlin... Et repart en gambadant, 100% lui-même.

Ceci n'est pas une recette magique, bien sûr.
Mais c'est un outil efficace, assurémment.

Et qui me semble pertinent à moi qui veut doter mes enfants de techniques pour gérer leurs propres vies... :-)

Antonin et moi sommes en train d'illustrer l'Histoire de bulles dont nous ferons un petit album, afin que nous puissions le relire quand on le souhaite. Merci du fond du cœur aux enfants qui l'ont écrit - et merci, Alexandra ! :-)

mardi 27 janvier 2015

Une journée type chez nous



C'est le matin. Disons, un matin d'école, puisque ces derniers reviennent quatre jours sur sept.

J'émerge assez laboriseusement vers 6h45, me dépêche de me laver, m'habiller et fonce préparer le petit déjeuner des enfants. Je ne le fais pas avec eux ces jours-là - sauf si Antonin s'est levé avant moi, ce qui est rarissime - de façon à les laisser dormir le plus tard possible.

Je vais chercher Antonin aux alentours de 7h00. Je le réveille. Pendant toute sa période pré-scolaire, le Damoiseau nous faisait l'immense joie de nous réveiller à 5h00 du matin, mais vous pensez bien qu'à présent que cela nous arrangerait, c'est fini. C'est un crève-cœur que de réveiller son enfant, hein ? Et attendez que j'ai repris le boulot, l'heure de lever risque de n'être plus aussi confortable... :-(

Antonin file sous la douche (deux fois sur trois, il y a eu un petit pipi nocturne), il s'habille - enfin, pour être honnête, les jours d'école, je l'assiste beaucoup car je tiens à ce qu'il le temps de jouer, et encore une fois, ne tiens pas du tout à le réveiller aux aurores. Les jours de congé, il s'habille seul et depuis quelques semaines, les pièces les plus difficiles ne lui résistent plus. Du coup, il s'habille avec plaisir et très naturellement, alors qu'il ne l'avait jamais fait vraiment de bon cœur jusqu'à présent.

Une fois habillé, Antonin descend boire sa bouillie, et je vais réveiller Louiselle. Nous descendons et nous déjeunons tous ensemble - hélàs, le Papa des enfants est déjà parti pour son travail et il ne voit ses enfants généralement que le soir.

Je change et j'habille Louiselle - qui, elle, met un point d'honneur à faire beaucoup de choses toute seule, puis je m'occupe de moi (ne pas oublier de déjeuner !) pendant que les enfants jouent.

8h10 : Nous partons pour l'école.

Sur le chemin du retour, je bavarde avec mes copines, Louiselle se balade en poussant "la calèche", nous faisons parfois quelques courses "de proximité" (boulangerie, poste...), mais nous ne tardons généralement pas trop à rentrer à la maison, surtout en plein hiver ! :-)

J'ai du travail : j'allume le feu, je range et nettoie le rez-de-chaussée, je m'occupe du cycle du linge et de celui de la vaisselle (merci au passage à toutes ces machines sans qui je n'aurais aucune vie personnelle, merci). Louiselle m'aide souvent. Surtout quand il s'agit d'aspirateur et de machine à laver. Mais elle peut aussi se montrer très indépendante et jouer dans le salon avec ses jouets.

Vers 10h, je propose à Louiselle une collation de fruits qu'elle dévore, et je la change. Généralement, elle demande à aller sur le pot à ce moment là, séance qu'elle assimile à "une bonne tranche de lectures et chansons avec Maman rien que pour moi". Quoi donc ? Siéger ainsi dans la salle de bain, les jambes délicieusement étendues devant le chauffage ronronnant, aurait-il un autre but ? Non, désolée, Louiselle ne voit pas... :-D

Suit le temps d'activité "spécial Louiselle", durant lequel je me rend disponible à 100%.

À 11h30, nous partons chercher Antonin à l'école. Le chemin du retour peut être une véritable (et longue) ballade, ou un véritable calvaire selon l'humeur du Damoiseau.

Toujours est-il que nous rentrons et que nous mangeons. Des restes. :-)

Enfin, moi, je mange, et j'ai très faim. Antonin ne touche généralement pas à son assiette, et Louiselle a de plus en plus une fâcheuse tendance à l'imiter - elle a envie de jouer, elle aussi, et sort souvent de table au même moment que son frère, soit au bout de trois secondes quinze.

Je débarrasse, range la cuisine. Les enfants jouent, jouent, jouent. Souvent dehors. Quoiqu'en ce moment, ce soit le coloriage qui ait la cote.


Ça y est, nous voilà l'après-midi. 13h00 : Je change Louiselle, toilette de chat pour tout le monde. 13h20 : Nous repartons pour l'école, et nous revenons au pas de course (je ne veux pas coucher Louiselle trop tard...).

Louiselle choisit une histoire, que je lis, puis je la laisse dans sa chambre, où elle joue et lit - dans son lit, toujours ! Parfois, elle dort. En ce moment, ça lui arrive même plusieurs fois par semaine ! Ce doit être l'hiver qui l'assomme...

À 15h30, nous repartons chercher Antonin. Nous revenons en flanant si le moral du Damoiseau est au beau fixe (et nous ramassons plein de trésors que nous entreposons dans notre poussette géante), puis nous goûtons.

S'ensuit généralement un temps au salon, durant lequel je lis des histoires aux enfants ; nous faisons des puzzles, des jeux de société, nous écoutons de la musique, nous dansons... Je crois que nous avons besoin de nous retrouver ! Il arrive même que les enfants me réclament une activité. On peut aussi choisir d'exécuter une recette (tout à l'heure, nous avons prévu de faire LE gâteau au chocolat qu'Antonin aime). Et si Louiselle a dormi, j'accepte d'ouvrir l'atelier (Il ne s'agit pas d'une quelconque "carotte" pour l'inciter à dormir, mais si elle ne sieste pas, je sais que la séance ne sera pas profitable).

Vers 17h00, je commence à préparer le dîner et à m'atteler à mes tâches ménagères hebdomadaires (par exemple aujourd'hui : changer les draps et passer l'aspirateur dans les chambres). Les enfants jouent, dehors ou dedans. Lorsqu'ils sont reposés, ils jouent ensemble dans l'harmonie la plus totale. En cas de fatigue, les choses peuvent dégénérer, et je bouscule l'horaire du repas de façon à les coucher très tôt.

À 18h, si le temps le permet, nous allons à la rencontre du Papa des enfants, qui rentre du travail en car. Les enfants peuvent avoir mangé seuls avant, mais généralement nous mangeons tous ensemble juste après - vers 18h30.

Vient ensuite notre rituel du coucher... que vous connaissez déjà ! :-)
Les horaires de ce rituel peuvent être avancés d'une bonne demi-heure les jours de grosse fatigue.

Et chez vous, à quoi ressemblent vos journées ?

lundi 26 janvier 2015

Janvier 2015 : Sensoriel

Louiselle a 32 mois.
Antonin a 4 ans.

"La neige, c'est comme les nuages."
Louiselle, lors d'une promenade en montagne durant laquelle, il est vrai, 
on distinguait assez mal le ciel de la terre.


Aujourd'hui, bilan sensoriel ! :-D

Sciences :

Le temps qu'il fait, c'est sensoriel. Surtout s'il pleut ou s'il neige. ;-)

Il a neigé ! Depuis le temps que les enfants l'attendaient. Le nez au carreau, c'est l'occasion de déployer tous ses sens émerveillés - les oreilles tendues tentent de capter le bruit de chute des gros flocons, en vain. C'est l'occasion de (re)découvrir une chanson spéciale. Et de sortir se promener, museau levé. Les flocons fondent sur la langue tendue, et gèlent le visage ; Antonin demande à observer "les petites étoiles" à la loupe ; on essaie de les attraper en plein vol, on marche sur la couche immaculée crissante, on escalade les congères denses et glissantes... Et on rentre trempés ! Ah, oui, la neige, c'est sensoriel ! :-)


Et voici un classique de la maisonnée, dès qu'il neige ou qu'il grêle : la dînette de glace ! ;-)


Une excellente occasion, pendant que les bambins explorent, d'attirer leur attention sur les sensations vécues ("C'est comment la neige ?  Qu'est-ce qu'on peut faire avec ?"), de décrire leurs actions ("Tu verses de la neige dans l'entonnoir.", "Tu en as attrapé une pleine poignée ! Ça fait quoi ?") ou de leur montrer le résultat de la fonte ("Cette neige devient de plus en plus translucide, elle fond. Elle se change en eau, regarde !, parce qu'il fait chaud, ici.").


Ou bien, ne dites rien et savourez. Dans tous les sens du terme, car c'est sûr : il faut faudra goûter à quelques dizaines de gâteaux glacés ! :-D

Antonin a vivement insisté pour peindre la neige - une idée étrange, oui, mais cet enfant est à bonne école... J'ai voulu proposer alors de l'encre dans de petits flacons-pulvérisateur de récup' qui m'avaient semblés assez souples...


Bon, en réalité, les presser fut assez difficile pour les enfants... Il y sont quand même parvenu à force d'acharnement, mais je garde ces flacons-pompe pour plus tard ! :-)

Magnétisme, cf. ICI

Activités Montessori :

Travaux parallèles... et spontannés ! J'adore ! ;-)

Les barres "rouges" :

Ce mois-ci, j'ai fait ça :


Ce sont de futures barres rouges et bleues (qui seront peut-être d'une autre couleur, car je compte bien exploiter les fonds de mes pots de peinture). Je trouve que c'est un matériel de numération vraiment riche, mais je me méfie un peu, mes enfants ne manifestant pas un enthousiasme débordant pour le matériel sensoriel montessorien - du moins, pas un enthousiasme qui justifie son prix. En les fabriquant soi-même, on s'en tire pour quelques euros, et la découpe est vraiment vite faite. Le résultat, s'il n'est pas mathématique au tiers de millimètre près (je suis tatillon...) vaut bien un produit chinois à 40 euros.

Avant de les peindre, j'ai décidé de les proposer à Antonin comme j'aurai fait des barres rouges. Bien sûr, des barres ROUGES, c'est mieux - c'est une couleur vraiment attrayante, qui motive. Bon, de toute façon, ça fait bien longtemps que les puristes ont claqué la porte de ce blog, et pour vous qui restez : on fait avec ce qu'on a, et on en est tous là ! :-)

J'ai commencé par les proposer en exploration libre (vraiment pas montessorien, une fois de plus, mais c'est une méthode qui nous correspond tout à fait). Antonin a fait ça :


Et bien moi, je trouve que c'est très montessorien, ça ! :-)


J'ai ensuite procédé à la démonstration classique et Antonin a parfaitement réussi l'exercice, à plusieurs reprises, et en utilisant spontanément le vocabulaire lié - "long", "court", ainsi que les comparatifs et les superlatifs s'y rapportant. Dès la deuxième fois, il a pris un 2e tapis et a effectué la graduation à distance.


Ce matériel semble vraiment bien lui plaire, j'en suis très heureuse. Il n'est jamais trop tard - et d'ailleurs, je trouve toujours qu'on présente ce type d'outil trop tôt. Depuis quelques semaines, Antonin n'a qu'une idée en tête : savoir qui est le plus grand, qui est le plus petit ; savoir qui est premier, deuxième, troisième... et le dire, le répéter. Quitte à redistribuer légèrement les rôles, car il faut bien l'admettre : le Damoiseau aime être le plus grand, et il aime être le premier. Le premier à monter les escaliers, au point de se jeter littéralement dans les jambes de celui qui le précède. Le premier à finir son dessert, même si Louiselle - qui perd toujours à ce jeu-là - lui répète qu'à table, celui qui gagne, c'est le dernier, celui qui mâche et qui savoure...

Cette lubie est toute fraiche. Et je me dis que ce serait sans doute le bon moment pour dégainer tour rose, escalier marron et barres numériques, qui permettent d'appréhender concrètement ces notions qui le "travaillent"... J'ai sans doute raté une occasion de prendre mon temps... :-/

Les clochettes musicales :

J'ai sauté le pas ! Malgré ma répugnance à cacher d'aussi jolies couleurs, j'ai peint en noir un de nos jeux de clochettes Vilac - l'objectif étant, bien entendu, de permettre aux enfants d'exécuter l'exercice de mise en paire tout seuls.


Malgré ma crainte, je dois admettre que cette opération se fait très facilement à la bombe. Bon il est assez difficile de peindre le demi-millimètre autour du manche, sur lequel la peinture bave d'ailleurs un peu malgré la protection de scotch ; je pensais fignoler au pinceau...

Mais pourquoi me serai-je donné cette peine ? Les enfants procèdent à la mise en paire comme à l'accoutumée. En ne s'appuyant que sur la vue, et ce, ainsi :


Bon. Je passe au plan B. J'ai peint l'intérieur des clochettes - corps, battant, ressort, tout y est passé. C'est facile (toujours à la bombe) et ça règle le problème. Sauf que lors de cette étape, de la peinture s'est redéposée sur l'extérieur de la cloche. Catastrophe : les solvants contenus dans la peinture ont décapé la première couche. Le résultat est affreux : la peinture "frise", se racornit, se disloque par endroit, en laissant apparaitre la couleur originale. Affreux. Impossible de laisser cela en l'état.

Pas grave. Je passe au plan C. C'est en cours. Et voici un indice :


Finalement, c'est presque plus joli, avec un petit côté rétro, non ? Mais, bon, j'admets, c'est du boulot ! :-)

(Je calme vos inquiètudes : malgré ces maltraitances successives, le son des clochettes n'est absolument pas altéré. Pas d'un iota. Dixit notre accordeur électronique. Ouf.)

Exercice du sens tactile :


Enfin, j'ai proposé à Antonin de "lire" ses chiffres rugueux en aveugle, du bout des doigts. C'est évidemment très difficile, mais c'était surtout un prétexte pour s'amuser et l'amener, progressivement, à accepter de "lâcher" sa vue, justement. Il a tenu à toucher tous les chiffres, un à un, longuement, puis me demandait de les nommer après son exploration. Il a beaucoup aimé !

Art :

Sur sa palette, Antonin poursuit son exploration sensorielle des mélanges de couleurs...


 ... et Louiselle découvre la "peinture" à l'éponge...


... avec de l'encre.

"Si j'appuie, ça fait du jus d'encre !"

Les enfants adorent mixer les techniques en arts plastiques. Ils sortent plusieurs matériaux sur la table, et se mettent au travail en associant les outils, souvent successivement pour l'instant. Cela donne des combinaisons infinies, comme :

... hanko et fusain...


... collage et feutres...

Oeuvre de Louiselle...                                       et celle d'Antonin

... ou cette très belle séance "collage et encre", au cours de laquelle j'ai été particulièrement bon élève, puisque j'ai pris en note les réflexions de mes enfants. Je devrais m'y astreindre plus souvent, c'est vraiment un exercice passionnant, et qui montre à quel point le processus prime pour le petit enfant, qui ne s'intéresse que très médiocrement à l'œuvre finale.


Les enfants ont commencé par coller librement des métariaux puisé dans leur "boite à collage" - une boite dans laquelle je jette tous les boui-bouis qui traînent (chute de tissu, de papier, bouts de ficelles, bidules variés et légers dont on ne sait jamais que faire...). J'ai posé sur la table de l'encre jaune et rouge.

ANTONIN :

"Moi, je fais un L."

LOUISELLE :

"Oh, ça cache !"

ANTONIN :

"Je mélange les couleurs, ou pas ?"

LOUISELLE, insistant sur les plis du papier de soie collé :

"Pourquoi ça fait noir ?"

ANTONIN, peignant en jaune sur un morceau de papier bleu :

"Oh, du vert !"

LOUISELLE :
"Comment on fait du vert ?"
ANTONIN, sur un ton d'infinie patience qui me fait toujours mourir de rire :
"Tu sais bien, Louiselle...!!! Tu mets du bleu et du jaune."
LOUISELLE, avec un grain de mauvaise foi puisqu'elle n'a pas de papier bleu sur sa feuille pour déposer son encre jaune :

"Je mets du jaune... Regarde, ça fait du vert !"

ANTONIN :

"Je recouvre toute ma feuille !"

Bon, je le sais bien, que c'est le processus qui prime. Et si j'en doutais, ces paroles collectées suffiraient en m'en persuader. Mais que voulez-vous, le résultat, moi, je le regarde. Longuement. Je le photographie, je l'encadre, je l'exhibe. La plupart du temps, ça parle à mes sens, à mon cœur et à mon esprit...


Pour moi, aucun doute : c'est de l'art ! :-D

Jeux de lumière :

Sur la table lumineuse :


Regain d'intérêt pour la table lumineuse après un petit mois de disgrâce. Les enfants ont découvert qu'on pouvait jouer aux billes dessus. Ils versent toute la collection, et font rouler le tout sous leurs paumes. Ça s'entrechoque dans tous les sens, ça gronde, ça étincelle, et même moi, j'ai envie de jouer. Je me demandais si le fait que notre table aient des rebords soit une bonne chose... Et bien pour le jeu des "billes en folie", c'est une condition sine qua non ! :-)


Antonin a découvert qu'en disposant des billes sur un boulier japonais, il pouvait le faire rouler - bon, il le savait... - mais que les passagères de verre de cet étrange véhicule roulaient elles aussi, du même coup. C'est la découverte technologique de la transmission du mouvement... Il reprend ce matériel tous les jours en ce moment.


Avec le rétroprojecteur :


Sans surprise, les Playmags sont du meilleur effet dans l'espace lumière et promettent des heures d'exploration.


Plus modeste, mais non moins intéressant : j'ai mis à diposition un nouveau bocal contenant un nouveau type de matériel, glané... dans notre caisse à outils. Rondelles, gâches, anneaux variés, écrous... dessinent des motifs tout à fait intéressants.


Pensez à recycler les languettes de cannettes, ça ne coûte rien, et l'effet est vraiment chouette ! :-)

À bientôt pour le volet "Langage" ! ;-)