vendredi 31 octobre 2014

"Une ville, des milliers d'enfants"

(Le présent article est une traduction de l'exposition permanente située à Reggio Children et intitulée "Una città, tanti bambini", retraçant l'histoire des services éducatifs de la ville de Reggio d'Émilie. 
Je ne puis, hélas, rendre cet exposé dans son intégrité, puisque le texte écrit - traduit ici - était largement complété de photographies légendées défilant sur écran... Sans ces documents d'époque commentés, le présent texte prend des allures de canevas... 
Pire, cet exposé devient pour moi après coup une véritable énigme, le point de départ d'une enquête qui risque d'être longue et mouvementée... Bien des aspects de l'histoire de la ville ou du pays évoqués ci-après sont passés sous silence sur Internet et ne peuvent être complétés de ressources numériques... car il n'y en a point. Certainement pas en français, pas beaucoup plus en anglais ni même en italien - d'après ce que ma totale méconnaissance de cette langue me permet de juger... Tout se passe comme si je revenais d'une autre planète... :-/
À nous de creuser tel ou tel aspect s'il nous intéresse... Pour moi, j'ai essayé de glisser quelques liens Web pouvant pallier aux lacunes de ce compte-rendu, mais toute contribution pour enrichir cette trame est la bienvenue ! :-)
Bonne lecture !)

Photo de Luigi Ghirri, Théâtre municipal, 1987
Reggio d'Émilie

1860 - 1963 : Retour vers le futur

Les prémices

Cette partie retrace l'évolution des idées entre 1860 et 1945, et met la lumière sur certains évènements éducatifs et sociétaux et les liens étroits qui unissent la première école maternelle  laïque et l'histoire de Reggio d'Émilie.
L'avènement du nouveau siècle marque un tournant : une nouvelle image de l'enfance se construit.

Du pain et des lettres !

À Reggio d'Émilie comme ailleurs, les deux Guerres mondiales et la dictature italienne occultent les toutes premières expériences laïques d'éducation aux jeunes enfants.
La Resistance civile et partisane au régime fasciste et à l'occupation nazie est un épisode fondamental dans la reconstruction de nouvelles valeurs démocratiques.

L'éducation des jeunes enfants est d'abord, fondamentalement, une posture culturelle et politique : c'est une des "clefs" pour entrer dans l'histoire contée ici.

L'utopie de la renaissance

À la fin des années 50, l'Italie, accablée par la guerre et vingt années de dictature, engluée dans son histoire d'économie agricole, se transforme soudain en nation industrielle : la richesse du pays, comme celle des ménages, se développent de façon spectaculaire

Les crèches naissent de la Libération 

Les valeurs du mouvement de la Résistance anti-fasciste perdurent et se renforcent. La Solidarité, la Justice sociale, la Paix et la Liberté - économique, mais aussi sociale et politique - se concrétisent de plus en plus dans des expériences de terrain.
L'ouverture de crèches (nidi) municipales et d'écoles maternelles publiques (accueillant respectivement les enfants de 0 à 3 ans, et les enfants de 3 à 6 ans) est le moteur d'une transformation politique, sociale et culturelle sans précédent, inévitablement animée par des débats et des dissensions passionnés, tant sur le plan local que national. L'émancipation des femmes et les valeurs nouvelles de la famille orientent les dépenses municipales vers un chemin nouveau, qui réduit le contrôle du pouvoir central dans les politiques régionales ; le rôle tenu par l'Église catholique auprès des jeunes enfants évolue ; enfin, une conception nouvelle de l'enfance et de l'école voit le jour, dont Reggio Emilia va se faire le témoin dans des formes de plus en plus complexes et avant-gardistes.

Un guide de la ville réalisé par les enfants,
2000, Reggio Children.

"Nous bâtissons les murs de cette école ensemble, hommes et femmes, parce que nous voulons qu'elle soit nouvelle et différente pour nos enfants."
Parole de citoyen.
 
"Dépasser les frontières" - 2004
Détail de l'affiche du Congrès international de Reggio d'Émilie
qui célèbre les 40 ans des crèches municipales

1963 : La naissance de l'école maternelle publique

La fabuleuse aventure des sixties : 

En Italie, les années 1960 sont une période d'important progrès social, politique et culturel. Mais dans le même temps, l'écart entre la société et l'État ne cesse de s'élargir.

Photo de Martha Rosler, House beautiful : the colony

" Je vois la Terre... Elle est belle, elle est si belle !"
Parole de Yuri Gagarine depuis l'espace

Reggio d'Émilie : une ville à la mesure des citoyens

Ce sont des années cruciales, qui voient la naissance et le développement des services municipaux à la petite enfance. Au terme d'un cheminement mouvementé, la politique et la pédagogie se découvrent un goût commun pour l'expérimentation. La municipalité rencontre de multiples difficultés dans la construction de locaux sociaux adaptés, ce qui rend le gouvernement réticent à l'égard de ses projets. Parallèlement, l'urgence à mettre sur pied une école maternelle publique et laïque se fait sentir dans tout le pays. 

La première école maternelle communale italienne voit le jour à Reggio d'Émilie, en 1964. Le projet d'ouverture des nidi se développe, grâce à la passion et à la patience des citoyens, qui s'acharnent à inscrire leurs expériementations dans les béances offertes par les lois du pays.

Peinture grand format
réalisée par des enfants de 4 et 5 ans
École maternelle Diana.

Les années 70 : La croissance

Mouvements

En Italie, les années 70 amorcent une ère de transformations, de conflits, de tension politique et d'espoirs déçus. L'Etat semble incapable d'organiser l'avenir du pays. Les opportunités de réformes sans cesse manquées, alors que le besoin national de changement est fort, font que les réactions prennent un tour violent. La société, elle, a changé, et continue d'évoluer à toute vitesse. L'autre aspect de l'esprit de ce temps concerne l'ébullition et l'expérimentation culturelles : les champs du savoir sont tissés par les citoyens, entre citoyens ; les influences étrangères sont prégnantes, et les échanges internationaux, effectifs.

Peinture grand format
de coquelicots

"Ce qui a fait la différence, ce fut, dès le début, l'exercice d'une politique municipale qui réunissait idéaux et projets concrets, quantité et qualité."
Mouvement de détente
avant la réalisation des coquelicots,
École maternelle Diana


De merveilleuses rencontres

En 1971, avant l'adoption de la loi "1044", la première crèche italienne (nido) ouvre à Reggio d'Émilie.
Un an plus tard, en 1972, a lieu un vote unanime au conseil municipal pour approuver le premier "réglement" des écoles maternelles de la ville. Cette charte est une synthèse de la nature et des caractéristiques de la pédagogie Reggio Emilia.
Loris Malaguzzi joue un rôle central dans la rédaction de ce texte. La quantité et la qualité vont de pair. Sous l'administration Bonazzi, l'école maternelle reggiane vit des années d'incroyable croissance.
En 1972, l'écrivain et poète Gianni Rodari écrit "Rencontre avec le fantastique".
Les écoles construisent de nouvelles alliances,  plus ou moins relatives au monde de la pédagogie, et la pensée philosophique et pédagogique de Loris Malaguzzi donne une forme au mouvement, qui s'incarnera plus tard dans l'exposition "Si les yeux lèchent de l'autre côté du mur".

Des enfants visitant le théâtre Arioste,
d'après Le rideau édité par Reggio Children.

Les années 80 : "Si les yeux lèchent de l'autre côté du mur"

Le marché libre

Une forme de libéralisme politique particulièrement agressif et communément partagé se développe et prévaut sur les valeurs occidentales, et, dans son sillage, s'installe une société de plus en plus individualiste et consumériste. En 1989, la chute du mur de Berlin semble résoudre le conflit qui scindait le devenir historique de l'Europe d'après-guerre. Cependant, bien des contradictions demeurent en suspens.

Les antidotes culturelles

Le gouvernement revoit à la baisse les dépenses de protection sociale, et les nouvelles lois budgétaires réduisent drastiquement l'autonomie politique des municipalités.
Les années 80 sont des années difficiles du point de vue social et éducatif à Reggio d'Émilie, même si, parallèlement, les relations nationales et internationales se développent autour de l'expérience concrète de la ville.
L'exposition "Si les yeux lèchent de l'autre côté du mur", réintitulée plus tard "Les cent langages de l'enfant" est montée à Reggio d'Émilie en 1980, et migre à Stokholm, au Moderna Museet ; c'est le signal de départ que prennent plusieurs villes européennes, et, à partir de 1987, de l'autre côté de l'Atlantique, les États-Unis.

Illustration de Consiglieria (Conseils), Reggio Children.

"Chercher pour enseigner, tout en organisant une exposition de cette recherche : ce qui en découle, c'est une expérimentation pratique, des essais, et une histoire du trajet parcouru, mais aussi de vraies découvertes, du savoir solide, et des hypothèses..."
Loris Malaguzzi, 1984.

De nouveaux chemins sont explorés et s'acheminent vers les droits de l'enfant à l'éducation, malgré les difficultés économiques et politiques. Diverses villes se réunissent pour comparer leurs bilans et élaborer des statégies pratiques et efficaces. Dans ce contexte, la ville de Reggio d'Émilie prend l'initiative d'une nouvelle forme de dialogue avec le Mouvement coopératif, qui mène à la création, en 1986, de la première crèche coopérative sous contrat municipal (nidi conventionati).

La tour de Reggio,
d'après Reggio Tutta
édité par Reggio Children

1990, la fin d'un siècle 

Fin de siècle

Les années 90 prennent la forme d'un kaléidoscope géant à interpréter. La décade connait d'importantes transformations internationales, avec la fin du modèle économique socialiste, l'expansion du capitalisme mondial, et l'émergence forte de la Chine et de l'Inde dans le monde économique.
La question écologique se fait planètaire. Les migrants sont nombreux, qui s'installent dans les parties du globe leur offrant une meilleure qualité de vie. Même les frontières culturelles semblent à redéfinir face à l'extraoridinaire développement technologique.

Loris Malaguzzi, Danemark, 1992.

"Le monde change... Bientôt notre monde ne sera plus composé d'îles, d'intervalles, d'espaces, d'océans et de montagnes... Le monde devient réseau."
Loris Malaguzzi, 1984.

Une ville multiculturelle

La ville de Reggio d'Émilie croît et change rapidement. Une des orientations principales de la municipalité est de promouvoir un vaste réseau de services éducatifs diversifiés.
En 1994, la ville et ses partenaires fondent Reggio Children, centre international de défense et de promotion du droit et du potentiel de tous les enfants.
L'exposition Les cent langages de l'enfant continue son voyage à travers le monde. Une ère nouvelle dans la conception de l'expérience éducative voit le jour, sur la base d'échanges entre partenaires de plus en plus nombreux, de rencontres et de recherches organisées au niveau national et international.
Le projet d'un centre de recherche international prend forme ; c'est un lieu de tous les possibles, ouvert sur la ville.

lundi 27 octobre 2014

Reggio d'Émilie, me voici !


La première tâche à mener à bien pendant mes vacances bloguesques, c'était :

"Aller à Reggio d'Émilie, et approcher du mieux que possible la pédagogie qui y a pris naissance."
Bon, ça c'est fait. ;-)

Le panneau d'entrée de ville, pris à la volée
à travers la vitre sale de ma voiture... :-)

Je m'attelle à présent au second point de mon interminable liste :

"Rendre compte de mon voyage et de mes découvertes."

Mon idée première était d'écrire sur le sujet une série d'articles sur un autre blog - oui, c'était mon troisième objectif de ces vacances : "Créer un blog professionnel". Seulement, si cette idée me sourit souvent (Je connais déjà le nom du futur site et j'ai même choisi mon hébergeur...), je ne sais pas si j'aurai l'envie/l'énergie/le temps de tenir un journal professionnel dans les mois qui vont suivre la fin de mon congé parental. À bien y réfléchir, je suis même presque sûre du contraire. Plutôt que de m'éparpiller et de m'imposer un surcroît de travail (ouvrir un blog nécéssite pas mal d'heures de "toilettage"...), j'ai donc décidé de publier les articles relatifs à mon investigation reggiane ici.

Vous l'avez donc compris : je suis toujours en pause !


Mais c'est pour mieux l'être et optimiser mon temps que je publie à nouveau par ici ! Moi, sophiste ? ;-D

J'ai conscience que les publications à venir ne vont pas intéresser tout le monde. Elles ne concerneront pas nos activités domestiques, et la qualité des photos ne sera pas toujours au rendez-vous. J'ai en effet choisi de partir avec mon petit compact, qui ne pèse rien dans le sac et n'attire pas l'oeil des pickpockets, mais qui ignore les nuances de profondeur de champ et perd tous ses moyens en basse lumière ou dans des situations contrastées. Moui, lorsqu'on s'interesse à des sujets reggians, c'est fort dommage, je vous l'accorde. J'ai regretté mon gros reflex ! Et vous le regretterez aussi... :-(

Mais sinon, Reggio nell'Emilia ?

Je dois avouer que je n'attendais à rien de mirobolant du point de vue de la ville elle-même - d'autant que je m'acheminais vers Venise et Bellagio, excusez du peu... Et bien, je fut immédiatement conquise : Reggio d'Émilie est une très belle petite ville de Province, italienne jusqu'au bout des ongles (vernis), d'autant plus charmante qu'elle n'est pas touristique - si on excepte la délégation de Singapouriennes invitées par Reggio Children... À Reggio, vous dormez dans un hôtel 4 étoiles pour le même prix qu'un Novotel ; l'hôtel de la Poste est situé en plein dans le vieux centre, dans un ancien palais médiéval amoureusement entretenu. Le personnel est absolument impeccable : à preuve, notre réceptionniste - 100% non francophone - qui s'est mis en quatre pour prendre en note un coup de fil de ma Maman, 100% que francophone, qui gardait les enfants à la maison et... ne parvenait pas à ouvrir la porte de la machine à laver, vous percevez le drame ! J'aurais adoré assister à cette conversation, d'après le récit des deux protagonistes, c'était à se tordre ! :-D

Bon, bref : à Reggio, il y a un vrai centre à l'italienne : quartiers anciens, boutiques de luxe, Italiennes d'une élégance à couper le souffle (que les Parisiennes se rhabillent, et vite !), ruelles piétonnes à gogo, façades colorés... Les rues sont animées mais s'ouvrent soudain sur un portail qui aspire le modeste remue-ménage des trottoirs... Le passant aperçoit une cour ombrée, pleine de palmiers luxurants et de silence qui soupire... Encore un pas et on se demande si on n'a pas rêvé : vélo, scooters, et piétons aux regards francs - dont pas un seul n'est rivé à son portable !! - La vie, quoi.

Si vous cherchez un endroit sympa pour dîner, trouvez "L'âne volant" dans la rue de la Basilique. Le végé-burger est servi avec un vrai sourire et de la très bonne musique (amateurs de rock, foncez !), et les frites sont à tomber par terre. Le tout dans l'air tiède de l'automne italien, en terrasse d'une rue assez large mais tranquille et bordée d'arbres... Le bonheur ! ;-)

Bon, revenons à notre enquête pédagogique.

Sachez qu'on ne peut pas (plus ?) demander à visiter d'écoles ou de crèches reggianes sans faire partie d'un "groupe d'étude". Vous vous doutez que je ne m'avoue pas vaincue, et je vous tiens au courant de mes avancées sur ce point. ;-)

En allant à Reggio, j'avais un objectif simple et précis : visiter "Reggio Children".

Qu'est-ce que "Reggio Children" ? Voici la définition qu'en donnait Loris Malaguzzi : "C'est une organisation qui se consacre uniquement à la gestion quotidienne des services. Un organisme qui est capable d'entretenir et de renforcer les relations avec d'autres pays.". Cette organisation a vu le jour en 1994, et voilà, dans quelques jours, elle n'aura plus de secrets pour vous !

Voici la liste des réjouissances à venir (je mettrai les liens vers les articles correspondants au fur et à mesure que je les publierai) :

- Histoire des services éducatifs de la ville : "Une ville, des milliers d'enfants".
- Un projet : Mosaïques : Traces graphiques et narratives.
- Un projet : Le secret du papier.
- Un atelier : Paysages studio-numériques.
- Catalogue des publications Reggio Children.

 Arriverderci ! :-)

samedi 18 octobre 2014

Je me ... "pause" ! ;-)


Ce blog est en pause... pour un temps indéterminé ! :-)

J'ai besoin de ne pas me donner d'échéance pour mener à bien différents projets qui souffrent très sérieusement du temps que je passe par ici...

Mais que ce soit dans quelques semaines ou quelques mois, aux premières gelées ou aux dernières neiges de l'année, je reviendrai, soyez-en sûr ! 

Et pendant ce temps, je continue de répondre aux commentaires, n'hésitez pas à poster vos réactions !


À un de ces quatre ! :-)

vendredi 17 octobre 2014

Notre semaine (42/14)

Affairement d'automne

Cette semaine, la vie m'a joué un drôle de tour : mon imprimante est morte et, sans qu'il n'y ait aucun rapport entre les deux évènements, je suis restée plus de 24 heures sans connection Internet.

Ouch.

C'est fou ce qu'on se sent démuni, sans nos gadgets. On songe à Ravage de Barjavel en rongeant son frein, et on se console en se disant que, pour nous du moins, il s'agit d'une situation provisoire... :-/

Sans imprimante, une partie de mes projets prennent un peu de retard - en particulier les cartes de nomenclature phonologiques, qui traînent sur mon bureau...

Et sans imprimante, que répondre à mes enfants quand ils me réclament un coloriage ??

Sans rire, j'ai mis au moins trois minutes à réaliser que je disposais de tout ce qu'il fallait pour leur faire un dessin - il fut un temps où je savais dessiner, non ? 

Antonin me réclame des voitures (arg), et Louiselle, des chats (ça, au moins, c'est un bon sujet : bâclez-le et on dira qu'il est expressif !)...


Chez nous, le coloriage est libre, c'est-à-dire qu'il n'y a pas de modèle de répartition des couleurs à respecter. C'est une manière agréable d'apprendre à affiner son geste, puisque le mouvement du poignet doit rester - en théorie - contenu dans les limites de la ligne. Remplir une surface correspond tout à fait aux intérêts d'Antonin, 3 ans et demi, qui s'applique beaucoup, en ce moment, à remplir ses feuilles de couleurs "sans laisser de blanc".


À 2 ans, l'intérêt n'est pas là. Mais plutôt dans le dialogue avec un "beau" dessin - oui, parce que ma fille, elle, AIME mes chats ! ;-) - et la production d'un tracé en superposition, qui oublie parfois son support, et joue, d'autres fois, avec lui.

Et voici, puisqu'on en parle, un petit état des lieux des dessins du moment :

Antonin est en haut (voyez-vous la pelleteuse orange sur le dessin de droite ?)...
... Louiselle est en bas !

Les oeuvres se structurent ! Chaque enfant dans son palier, bien sûr, mais je n'oublie pas que je vous ai promis un article sur les différents stades du dessin chez l'enfant, et ne m'étendrai pas plus avant sur ce sujet aujourd'hui...

Voilà qui fait la transition avec nos activités hebdomadaires :

Arts plastique et graphisme : 

Quand je vous dis que ça se structure...

C'est un fait : nos chiffres "à écrire" comme nos chiffres rugueux ont la cote en ce moment...


... Et comme Antonin, à l'école, s'exerce au graphisme (et que je sais TOUT grâce à une super enseignante qui prend le temps de nous détailler les manipulations opérées en classe dans le cahier de vie, YOUPI !!), je lui ai proposé de tracer quelques chiffres sur son cahier de la maison.


Il aurait été facile d'imprimer des chiffres en pointillé à relier (par exemple ICI), mais sans imprimante... J'ai glissé nos chiffres rugueux sous la feuille de papier et tracé les petits points moi-même. Une gommette ronde marque l'endroit où il faut commencer (c'est également le codage utilisé en classe), et voilà le travail.


Bon, conformément à mon intuition, c'est encore un peu tôt pour Antonin : il ne trace pas son 0 dans le bon sens, et son trait est franchement branlant... Mais le Damoiseau se corrige...


... et prend beaucoup de plaisir à décorer sa page ensuite. Il va falloir encore s'entraîner, mais de temps à autre, ce genre de "traces écrites" peuvent témoigner de ses progrès aux yeux de l'enfant. Antonin est très fier de son  travail "sur cahier" !

Sinon, je me suis laissé aller à faire une proposition un peu "scolaire" inspirée de CECI :


Il s'agit, à la base, de coller les petites feuilles de vigne vierge multicolores récoltées en promenade...


... mais les enfants ont rapidement décidé de mixer les techniques ! ;-)


Au jardin :


Nous ne chômons pas au jardin : je profite de ce que la terre soit bien humide pour la retourner, et agrandir notre petit potager. Les enfants auront assisté à leur premier cycle de compostage, et nous enrichissons notre sol du premier "engrais" maison : il est bien noir et sent l'humus !!... :-)

Myosotis semé par les enfants le mois dernier

Nous nous apprêtons à planter de l'ail, à semer des épinards et des pois en vue du printemps... Et en attendant, nous continuons de récolter nos légumes-racines !

Aussitôt arrachés, aussitôt préparés
et dégustés !

Et dans l'atelier...


(Je n'oublie pas que je vous ai promis des cartes de nomenclature... Leur réalisation est simplement un peu plus longue que ce à quoi je m'attendais !!) :-D

Sensoriel :


Cette semaine, il y eut plusieurs salades de cylindres à 4 mains, et de belles expériences météorologiques : les enfants ont observé leur premier arc-en-ciel (un vrai de vrai, aux couleurs bien foncées, et en forme de demi-cercle complet !) et joué avec d'énormes grêlons tout ronds après une tempête qui transforma notre rue en torrent glacé ! Ouah !


Et côté lumière...


Les enfants ont remarqué que les jours où le soleil brille, il se reflète dans l'eau de la cuvette dans laquelle ils font leur toilette, et fait une tâche mouvante et irisée sur le mur. Cette découverte les a mis en joie : ils jouent à bouger légèrement la bassine pour faire danser le reflet projeté... Reggio in every day life, what else ? :-)

Combiné à une petite expérience de mélange de couleurs, j'ai proposé le prolongement suivant :


Sur le plateau de notre rétro-projecteur, dûment enveloppé de film plastique transparent en cas de fuite, nous posâmes un bol de verre rempli d'eau. Les enfans s'amusèrent à l'incliner et à observer les effets produits sur le mur de projection.


Puis, je propose à Antonin de choisir une couleur - Rouge ! - et de verser quelques gouttes de colorant alimentaire dans l'eau.

(N.B. : je garde précieusement les flacons Vahiné, de façon à les re-remplir, même quand je n'achète pas cette marque - ils sont top pour les petits doigts, et fonctionnent comme de gros compte-gouttes. Ici, j'avais rempli chacun des tubes à un bon tiers, et ce fut largement suffisant pour notre petite expérience. 
Dernière précision sur le sujet : malgré leur nom, leur colorants alimentaires ne sont pas fait pour être ingurgités et sont très mauvais pour la santé !!)


Puis, les enfants versent le bleu... puis le jaune...


Verdict : c'est une super activité ! ;-)

À mener aussi bien sur table lumineuse, car, franchement, la lumière filtrant à travers le bol est bien plus intéressante que le résultat à la projection...

Seulement, les couleurs se mélangent trop vite... Je crois que je vais tenter une expérience similaire avec de l'huile dans de l'eau colorée... ou quelque chose comme ça... ?? Si quelqu'un a une idée ! ;-)

Et sinon...


... j'ai assisté à des explorations visuelles spontannées dans lesquelles, je suis sûre, David Lynch ou Tim Burton se seraient complu... Qu'en pensez-vous ?? :-)


C'est pour moi une petite fenêtre sur l'imaginaire enfantin... et universel ?...


Mathématiques :


Je sais (vous ai-je déjà dit grâce à qui ?) qu'Antonin travaille en classe sur les algoritmes. Sa prof est à 100% "manipulation concrète", alors cette compétence logico-mathématique se goupille à base de tour de legos (un élément rouge/un élément jaune, etc.), de collier de perles (une perles ronde, une cubique, une ronde, etc.), et autre variantes attractives. Devant tant d'efficacité, je ne me sens pas le besoin d'en rajouter une couche, mais je n'ai tout de même pu m'empêcher, à la réflexion, de proposer ma version montessorienne... :-)

... avec pinces ! ;-)

Vous aviez raison : les pinces à cornichons - et celles de la dînette Ikéa - sont tout simplement parfaites, et je ne vois pas pourquoi je m'éreinte à trouver mieux ! Ce que j'aime particulièrement, dans ce type de plateau, c'est que mes deux enfants peuvent le manipuler, chacun avec leurs objectifs propres :


Louiselle remplit les cases sans se soucier de l'algoritme...


... et Antonin, lui, s'en soucie ! C'est un peu facile pour lui, mais au moins, il travaille sa pince...


... laquelle est aussi un excellent outil pour relancer l'activité "fuseaux" - je veux qu'Antonin dénombre encore et encore avant de passer sérieusement aux perles montessoriennes... Voilà qui tombe à pic ! ;-)


Voici une petite activité que j'ai proposé à la Damoiselle cette semaine - il faut vraiment que je m'applique à concocter des petits plateaux sur mesure pour Louiselle, qui rêve de "travailler" comme une grande... Ici, il s'agit moins de mathématiques "pure" que de discrimination visuelle - de sensoriel, donc. Il s'agit, à la base, d'une bête mise en paire de nombres improvisées à partir d'étiquettes pré-existant dans l'atelier...


Bon, ce fut visiblement trop aisé pour Louiselle, qui, après m'avoir avalé cela en deux secondes chrono, s'écria : "ENCOOOORE !!".


"ENCOOOOOORE !"


"ENCOOOOOORE !"


"ENCOOOOOORE !"


"ENCOOOOOORE !"

  
"ENCOOOOOORE !"

  
"ENCOOOOOORE !"

(Euh, là, je suis un peu à cours de matériel...) :-D

Notez bien qu'ici, il ne s'agit pas d'apprendre  le nom des chiffres - mais seulement de s'exercer à les observer !

(Cette activité fut reprise TOUS les jours cette semaine !!!)


Sciences :

Profitant d'une matinée où Antonin était à l'école, j'ai proposé à Louiselle cette belle activité-là :

Préparation du "ciel"...
Les choses n'avaient pas si mal commencé...


... jusqu'à ce que Louiselle ne s'avise de la suprématie de l'océan sur tous les autres milieu de vie... :-)


Dès lors...   Le mouton ? Il nage !! Le cacatoès ? Il nage !! Ainsi que la girafe, le cochon, la chauve-souris et la girafe... Tous à l'eau !!

"Oh, le pôvre chien ! Il est tout sale !! Allez, il va dans le bain !"
... Bon, pour l'exactitude scientifique, il y a encore du chemin, mais pour le fun, ça... :-D

Bonne semaine chez vous ! ;-)