dimanche 30 mars 2014

Séquence ferme : un peu d'art pla'


Des nouvelles aujourd'hui de notre séquence sur le thème de la ferme, avec quelques activités d'arts plastiques adaptées aux tout-petits.


J'ai commencé par proposer à Antonin (Louiselle dormait, et n'a pu en profiter...) de peindre avec des éléments naturels. C'est un classique chez nous, mais cette fois, j'ai privilégié des végétaux cultivés : épis de maïs, châtaignes et noix (qui sont les cultures largement dominantes par ici), épis de blé et même pissenlits (ben, oui, ça pousse des les champs et ça se mange...). L'occasion à chaque fois de rappeler le nom et l'utilisation de chacun : le blé sert à fabriquer le pain et les pâtes, le pissenlit se mange en salade ou se récolte pour nourrir les lapins, etc.


Puis les enfants ont peint des silhouettes de cochons avec de la boue, soigneusement fabriquée par eux-mêmes à partir de la terre du jardin...


Les cochons pourraient être perçus comme de purs pretextes à cette peinture sensorielle d'un nouveau genre, si ce n'était tout de même la dimension langagière et informative : "Les cochons aiment se rouler dans la boue qui protègent leur peau des parasites et du soleil !"


Je n'avais énoncé aucune contrainte relative à la silhouette : l'objectif n'était pas spécialement de la remplir. Mais la figure a de toute façon eu une incidence sur le tracé des enfants !


Enfin, dans la même veine, Damoiseau et Damoiselle ont collé des brins de laine sur une silhouette de mouton :


Sans consigne partcilière, une fois de plus, mais ce petit point sur les connaissnces : "Les poils du mouton sont de la laine, que l'on coupe pour fabriquer des pelotes."


Simple et efficace comme j'aime ! ;-)


À suivre ! ;-)

vendredi 28 mars 2014

Ma maison Montessori : la salle de bain

Et bien, les articles que je vous avais promis sur l'aménagement de la maison montessorienne ne s'enchaînent pas bien vite ! Dites-vous que leur rythme est toujours plus rapide que celui des travaux dans notre demeure, cela vous donnera une idée du temps qu'il faut pour s'installer chez soi !! :-D

Pour vous donner quelques nouvelles

- L'aménagement du salon suit son cours, et s'apprête à connaitre un gros chantier dans quelques jours (suspens, supens...). Depuis cet article, nous avons repeint le plafond et les plinthes, réhabilité le vieux plancher (en le peignant en rouge, oui Madame !), et suspendu un voilage blanc à la fenêtre. Je cogite sur la fabrication d'un énorme coussin de sol, mais la tâche m'effraie un peu (d'autant que je n'ai pas de machine à coudre...). Nous aimerions trouver un vieux fauteuil crapaud à Emmaüs, mais nous n'avons pas encore eu cette chance. Pour notre rocking-chair, il a été relégué dans notre chambre (qui n'a pourtant PAS la place pour l'accueillir) parce mon homme craignait que les enfants ne s'y coincent les doigts ou les orteils - j'essayerai bien de le réintroduire dans la pièce à vivre prochainement, ceci dit... Nous n'avons toujours pas de lampe pour notre coin lecture, ni de siège, donc, et ni de livres d'ailleurs, puisque nous les avons remis dans les cartons, lassés que nous étions de devoir les re-ranger vingt fois par jour (à cause de qui, à votre avis ?)... En gros, notre salon ressemble à une salle de jeu, et je dois admettre que c'est un peu ce qu'il est ! :-)

- Les chambres d'enfants... Ben, rien à dire. J'ai réussi à poncer le plafond de la chambre de Louiselle, mais pas encore à le peindre. Il faut TOUT repeindre, changer les plinthes et retailler toutes les baguettes qui font le tour des plafonds, voire même changer les parquets flottants... Cela nous prendra un temps certain, et nous n'envisagerons l'aménagement du mobilier que dans un second temps.

Au programme d'aujourd'hui : la salle de bain.

Aaaah, vaste programme, la salle de bain !! :-)


Ambiance :

Pour les jeunes enfants, la salle de bain est le lieu de joyeux jeux d'eau et d'éclaboussures en tous genres. C'est la pièce dans laquelle ils apprennent à prendre soin de leur corps. La plupart des enfants aiment le temps qu'ils passent dans cette pièce, à jouer dans l'eau, observer les bulles de savon, et ressentir le plaisir d'être propre et en bonne santé.

Notre culture recourt aux bains depuis l'Antiquité pour soulager diverses affections. L'eau évoque la clarté, la transparence, la pureté, la renaissance. Ce pourrait être un bon exercice spirituel, en tant que parent, que de songer à cette symbolique pendant le bain de nos enfants et à ce que nous voulons en transmettre - tout en épongeant le sol et en dissuadant l'aîné de doucher son cadet de façon un peu musclée. Le bain fait partie intégrante du rituel quotidien des familles d'aujourd'hui ; c'est le signal rafraichissant qui annonce la fin de la journée. C'est une occasion supplémentaire pour nous de prêter attention à nos enfants en toute conscience.

On peut choisir des savons bio à base de végétaux, et des produits à base d'huiles essentielles et d'agents lavants naturels. Un geste aussi simple que celui de se laver les mains avant le repas peut devenir un moment privilégié pour peu que l'on se rende disponible à chaque enfant. Un peu d'eau chaude sur un gant de toilette avec une goutte d'huile essentielle de lavande permet de frotter doucement chacun des petits doigts (en énonçant leur nom !), et transforme la corvée en un rituel sympathique. Il faudrait toujours pouvoir considérer nos tâches quotidiennes, non comme de simples routines, mais commes des occasions particulières de distribuer affection et gentillesse... N'est-ce pas ? :-)

Les huiles essentielles nourrissent les sens. Pour les enfants, la lavande, la camomille romaine et la mandarine font partie des huiles qui peuvent être utilisées très tôt en usage externe. Il suffit de verser deux gouttes d'HE dans un médium gras (huile végétale ou liniment) et de les mélanger à l'eau du bain avant d'y introduire l'enfant. Pensez au citron pour tonifier un enfant éteint, au romarin pour les troubles hivernaux et à la lavande pour détendre et rafraichir !

Utiliser une préparation pour bain moussant permet d'allier l'expérimental et l'agréable. Attirez l'attention de votre enfant sur les reflets sur les surfaces incurvées des bulles et sur le spectre des couleurs produit, c'est reggien ! :-)

Le sens du toucher peut être nourri dans la salle de bain pendant le bain ou le massage du soir (qui d'entre vous l'exerce ?), les câlins ou les jeux de chatouilles. Toutes ces pratiques permettent à l'enfant de prendre conscience de ses propres limites corporelles. Le sens du toucher tient une place tellement prédominante dans les apprentissages premiers ! Et d'ailleurs, sans vouloir ramener mon grain de sel professionnel, je me demande souvent dans quelle mesure les problèmes que je constate chez certains enfants à travers ma pratique ne sont pas liés étroitement à des problèmes de contacts physiques - et je ne peux m'empêcher de vous renvoyer à ce vibrant témoignage d'une instit' (pas si) ordinaire, qui privilègie le toucher face à un élève en détresse évidente...

Je suis persuadée que les parents et les éducateurs peuvent affecter profondément la santé mentale et physique des enfants qui leur sont confiés en intégrant le toucher conscient dans leurs interactions quotidiennes. Toucher, cela signifie aussi - tout simplement - laver les cheveux ou sécher avec une serviette - ou bercer, exfolier, hydrater, câliner. Le bain est lui-même une expérience de contact, celle de l'eau avec toute la surface de la peau ; c'est une stimulation sensorielle, une manière de réchauffer son corps et de calmer son esprit.

La salle de bain est aussi une pièce dans laquelle nous sommes (un peu...) sans nos enfants ! Elle incarne même souvent nos seuls moments d'intimité de la journée, lorsque nous nous occupons de nous et rechargeons nos batteries afin d'avoir à nouveau la force de nous occuper des autres...


Aménagement de l'espace :

Je crois qu'avant d'être parents, on ne se rend absolument pas compte du temps que nous allons passer dans la salle de bain auprès de nos enfants. On pense au début que les moments de toilette sont des transitions entre les activités de la journée, de brefs intermèdes aux gestes bien huilés qui vont droit au but. S'enferrer dans cette vision risque de conduire à bien des crises de nerfs... En acceptant au contraire d'y consacrer un temps de qualité, aussi bien du point de vue de la durée que de la qualité, en réfléchissant aux moyens d'encourager l'enfant à être le plus autonome possible le plus tôt possible, ces moments deviennent de véritables séances d'apprentissage.
 
Car le moment de la toilette est un moment d'apprentissage, et dont l'enjeu est du domaine le plus intime qui soit : apprendre à laver son corps, brosser ses dents et savonner ses mains et son visage. C'est aussi l'opportunité pour les enfants de faire les choses par eux-mêmes, de se sentir indépendants et compétents. Pour qu'il puissent l'être, il faut que quelqu'un leur ait montré comment ouvrir et fermer les robinets, comment placer la bonde de la baignoire et du lavabo, et comment manipuler la douchette. Cela demande à l'adulte une bonne dose de patience (car tous les petits ont besoin de recommencer les mêmes gestes une infinité de fois) et d'ingéniosité (comment le leur permettre tout en économisant l'eau ?).

Si vous devez refaire votre robinetterie, songez aux mitigeurs. Ils sont vraiment parfaits pour les enfants : un seul levier, une position "ouverte" et une autre "fermée" très intuitive ; intuitive aussi la position médiane pour obtenir de l'eau tiède, en gardant le levier orienté vers soi. Antonin sait de quel côté tourner le mitigeur pour obtenir de l'eau chaude ou froide depuis plusieurs mois, ce qui le rend parfaitement autonome. Si vous avez des robinets avec deux boutons distincts, montrez à votre enfant comment obtenir de l'eau tiède : on commence par ouvrir le robinet d'eau froide, puis celui d'eau chaude, petit à petit, en "goûtant du bout des doigts", jusqu'à ce que la température s'adoucisse.

L'aménagement de la salle de bain doit être pensée en fonction des membres qu'elle accueille, et donc des tout-petits, le cas échéant. Un marche-pied devant le lavabo est l'aménagement premier pour permettre aux enfants de moins de 6 ans d'être indépendants dans leur tâche. Rangez-le dans un placard bas ou sous votre lavabo si votre surface au sol est limitée (dans cette pièce, elle l'est souvent...). L'idéal serait que votre enfant puisse le prendre, l'installer, et le ranger lui-même.

Une montagne de serviettes à disposition, pour se sécher les mains et éponger les débordements, permet à tout le monde de se détendre sans avoir à courir jusqu'à l'armoire à linge au moindre besoin. Quelques jouets de bain (pas trop, n'oublions pas que nous sommes montessoriens...) font de la baignade un moment de retrouvaille avec des jouets aimés : quelques petits poissons, un moulin à eau, des bateaux...  Trouvez-leur un rangement qui vous convienne - dans un panier placé à proximité ou dans le petit placard sous l'évier où vous pouvez leur réserver une étagère. Il existe aussi des sacs en plastique ajouré qui se suspendent aux robinets et qui leur permettent de s'égoutter tout en étant rangés...

L'enfant doit pouvoir accéder à une serviette de toilette, à des gants ou du coton selon ce que vous utilisez, à sa brosse à dents et à son dentifrice. Le miroir bas (le plus grand possible) est capital. Assurez-vous qu'il soit à la bonne hauteur pour permettre à votre enfant de se voir lorsqu'il se brosse les dents.

Chez nous, nous avons deux options : les enfants peuvent décider de se laver au lavabo "des grands" ou sur leur petite table, dont vous vous souvenez peut-être. Depuis son installation, j'ai progressivement ajouté tout le nécessaire à la toilette, et cela se passe vraiment bien ! Le fait d'avoir le choix entre deux espaces est motivant pour les enfants, et, je dois admettre, très pratique pour gérer éventuellement les deux enfants en parallèle - l'un au lavabo, l'autre à table. Même si la plupart du temps ce que l'un choisit l'autre le veut aussi : c'est donc chacun son tour (celui qui ne se lave pas va aux toilettes ou sur le pot pendant ce temps), car une des règles de cet espace est qu'on ne peut pas s'y tenir à deux.

Bon, là, c'est particulièrement bien rangé... :-)

Ici, donc, le nécessaire de toilette vadrouille entre notre lavabo et la table des enfants - même si en théorie c'est sur cette dernière qu'est leur vraie place. 

Les enfants ont besoin de se laver (comme dirait Louiselle) : "Les mains ! Les dents ! Le visage ! Toussa, toussa !" :

- Se laver les mains. Avant la toillette, je verse un peu d'eau dans la petite cuvette - et dans le verre à dent aussi. Savonette et brosse à ongle sont à disposition. Sur notre lavabo, c'est un savon liquide en pompe, qui plait beaucoup aussi.


- Se laver le visage. Comme leur peau est facilement irritée, j'ai fini par bannir tout produit lavant autre que le liniment, dont il y a toujours un flacon à disposition. Le coton, par contre, se trouve dans un bocal que les enfants se peuvent pas ouvrir. Lorsque c'est l'heure de la toilette, je l'ouvre. Ils sont libres de se laver le visage trois fois de suite s'il le souhaitent (oui, ils le souhaitent...), mais quand c'est fini, c'est fini. Je referme le bocal. Cela évite les catastrophes totales du type "Au bout de trois secondes d'absence je retrouve la salle de bain badigeonnée de liniment", car sans coton, mes enfants ne songent pas à se servir du flacon (je touche du bois...).


- Se laver les dents. J'aide pour mettre la pâte dentifrice sur les poils de la brosse à dents, et nous procédons en deux temps : l'enfant se "brosse" les dents (comprenez : il machouille les poils et avale consciencieusement le dentifrice), puis je repasse derrière (parfois tant bien que mal...). Le meilleur moment reste le rinçage, en recrachant l'eau dans la petite bassine !


- Éponger. Les enfants vident la bassine dans la baignoire (plus accessible que le lavabo) et essuient la table avec une lingette.


J'ajoute : pensez à placer une petite poubelle au sol pour permettre à votre enfant de jeter ses cotons et autres mouchoirs usagés, et n'oubliez pas de placer les couches (si vous en utilisez) à portée !


Concernant l'usage des toilettes, montrez dès que possible à votre enfant comment ouvrir la porte et actionner le verrou. Ce dernier point suscite souvent bien des réticences, et j'ai le beau rôle en vous y incitant : chez nous, aucune des "pièces d'aisance" ne ferme à clef... Et notre salle de bain n'a même pas de porte ! Mais croyez-moi, j'en souffre, et nous travaillons à y remédier...


À la question : faut-il apprendre à son enfant à manipuler les verrous ?, ma réponse est : OUI, sans aucun doute. Pour la simple et bonne raison que cela évitera bien des accidents ! Il n'y a que les enfants qui ne savent pas comment fonctionne ce  type de mécanisme qui se retrouvent un jour enfermés dans les toilettes ! Dès que votre enfant commence à s'intéresser de près à vos serrures, expliquez-lui, montrez, démontrez, démontez s'il le faut !, et laissez-le faire ! Cela évitera qu'il ne le fasse dans votre dos et que vous ayez à appeler le serrurier pour récupérer votre petit bout paniqué... Dans les écoles Montessori, les enfants sont confrontés à tous types de serrures dès 2 ans et demi/3 ans, mais si un tel degré d'indépendance vous chagrine à cet âge vous pouvez opter pour un compromis en installant des serrures dites "anti-panique", qui peuvent s'ouvrir de l'extérieur en cas d'urgence.

Et ici comme ailleurs, toutes les peintures
murales sont à refaire... :-(

Dites-moi si j'ai oublié un aspect important ??

mercredi 26 mars 2014

Jouets de bain


Quels sont les jouets de bain de vos enfants ? Voilà un thème que l'on n'aborde pas assez souvent à mon goût ! ;-)


Les jeux d'eau sont très importants pour les jeunes enfants, et les miens ADORENT l'heure du bain. Dans notre nouvelle salle de bain, nous avons la chance d'avoir la place de placer un panier de jouets sur le large rebord de la baignoire. Cela n'encombre pas l'espace et permet aux enfants d'accéder facilement à leurs affaires.

Les meilleurs jouets de bain, à mon sens, restent les éléments de dînette en plastique (bols, bouteilles...) et les entonnoirs. Je ne peux pas dire que les plateaux de versés que je propose dans l'atelier remportent un franc succès ; mais dans le bain, mes enfants peuvent passer plus d'une heure à jouer à remplir, transvaser, vider, etc. Il ne faut pas sous-estimer l'importance de ces expériences scientifiques sur les étranges propriétés de l'eau !

Les balles aussi remportent les suffrages
depuis longtemps

Un autre must-have pour les petits physiciens en herbe : un moulin à eau.


J'ai testé plusieurs modèles avant de trouver celui-ci (un Gowi) qui n'est pas trop mal : d'abord, il est assez grand, et il se ventouse au carrelage pour plus de stabilité. Et il fonctionne à peu près (non, parce que certains modèles...). :-(

Si vous avez des tuyaux concernant de très bons moulins à eau (voire à sable, soyons fous...), je prends !



Depuis quelques jours, mes enfants disposent aussi de deux petits bateaux (de la marque Tirot) qui flottent impeccablement et d'une facture superbe. En plus de permettre des expériences (ils flottent, même remplis d'eau, changent de direction en fonction des vagues, etc), ils induiront certainement un tas de jeux d'imitation... quand ceux-ci auront cours à la maison ! Tout comme les petites figurines marines, que j'espère remplacer petit à petit par des animaux Shleich. Depuis que j'ai vu (de mes yeux !) et touché (avec mes mains !) l'orque et le requin chez une amie, je ne jure plus - une fois de plus - que par cette marque : les animaux sont énormes, bien lourds, et selon une de mes sources, ils flotteraient !! :-)


Voyez-vous d'autres jouets simples et intelligents que je pourrais ajouter à mes propositions ?

mardi 25 mars 2014

De nouvelles traditions


Lorsque mes enfants se font mal quelque part, ils ont droit à un bisou magique. Comme tous les enfants de la Terre, n'est-ce pas ? Et, comme pour tous les enfants de la Terre, le bisou magique de Maman soulage. Il est vraiment magique !!

Lorsque mes enfants se font mal quelque part, nous avons une sorte de rituel. C'est une scène vieille comme le monde et que nous rejouons parce qu'elle doit être inscrite dans nos gènes depuis la nuit des temps : l'enfant tombe, il pleure. L'adulte l'aide à se relever, l'époussette (?), et vérifie minutieusement les bobos. "Où as-tu mal ? Ici ? Tu as mal quand je touche ? Oh, ce n'est pas cassé / Tu auras une grosse bosse tout à l'heure / Ça saigne un peu, je pense que ça mérite un petit pansement." Lorsque l'enfant souffre, les "premiers soins" ne sont jamais d'ordre médicaux... mais relève plutôt du contact physique ou verbal !


Toutes les familles ont une multitude de rituels et de traditions, mais souvent de façon inconsciente. Il est vrai que cela n'est pas toujours facile à accepter. Le Français est un être bizarre qui vit généralement sa nationalité de manière ambigüe : pas vraiment fier de ses racines (pas au point d'accrocher un drapeau tricolore à son balcon, pensez-donc, on le croirait nationaliste...), et pourtant prompt, à l'étranger, à défendre son pays bec et ongles alors que personne n'avait songé à l'attaquer... Les fêtes "traditionnelles" perdent des adeptes chaque année, soit qu'elle soient trop teintées d'une religion dans laquelle la moitié de la population ne se retrouve pas, soit qu'elles soient trop "populaires" (non, non, à l'origine, le Nouvel an n'est pas une occasion de plus pour boire jusqu'à plus soif en écoutant Britney Spears à fond...).


Je fais partie de ceux qui ne se reconnaissent pas vraiment dans les fêtes traditionnelles... Mais en même temps, je suis persuadée de la suprême importance de tous ces petits gestes - bisous magiques et assimilés -  et de ces grandes traditions - et plus elles sont partagées, mieux c'est.

Je suis donc déterminée à (ré-)inventer nos propres traditions familiales, en essayant de les ancrer le plus profondément possible dans une culture commune. Parce les traditions (même toute neuves !) et les rituels communiquent un sentiment d'identité. Parce qu'ils génèrent un sentiment de sécurité et permettent de s'adapter aux changements de la vie. Parce qu'ils enseignent des valeurs, qu'elles soient écologistes, économiques, humaines ou spirituelles. Parce qu'ils transmettent, et qu'ils enseignent sur ce qu'est cette famille en particulier, avec son histoire, ses richesses et ses lacunes. Parce qu'ils développent des compétences manuelles (préparer une fête, c'est très "Vie pratique" !). Parce qu'ils peuvent même résoudre des problèmes, soutenir lors d'une perte ou d'un traumatisme. Et parce qu'ils forgent de merveilleux souvenirs pour plus tard.

Je vous avais déjà donné le programme (ICI), mais voici aujourd'hui en photos notre fête du printemps première édition ! J'espère qu'il y en aura des dizaines d'autres ! :-)

Rouge-queues et bergeronettes sont revenus d'Afrique la semaine dernière ! Nous avons fêté leur retour avec un gâteau décoré "comme un dessin" :


Les martinets se font, quant à eux, attendre, mais au vu de la météo de ces derniers jours, leur prudence relève de la sagesse ! ;-)

Le jour de l'équinoxe, nous avons pique-niqué au jardin :


Nous avons décoré le forsythia de papillons de papier :



Et au pied de cet arbre du printemps, les enfants ont trouvé chacun un cadeau de saison : deux petits bateaux (faux) jumeaux pour les jeux d'eau des beaux jours ! :-)


Puis ce fut Carnaval

Le petit tigre aussi voulut une bande de scotch argenté sur son pull... ;-)

Pas de chance, le temps avait tourné. Dans notre commune, le défilé de chars fut annulé, ainsi que le bûcher géant de bonshommes en papier mâché. Dommage. Nous eûmes quand même le droit à un concert de nos fanfares municipales dans le gymnase (dur dur pour les petites oreilles...). Antonin et Louiselle furent fascinés par le spectacle des autres enfants déguisés qui couraient en tous sens. Et ils découvrirent le pop-corn... avec enthousiasme ! :-)


Au retour, nous dégustâmes une montagne de beignets : cette recette-là qui me permit d'en réaliser trente-cinq !! Je n'en avais jamais fait avant ce jour, mais ce fut un coup de maître ! Sauf en ce qui concerne la forme qu'il fallait leur donner ; après avoir eu les instructions trois fois, j'ai décidé que je ne comprenais rien et que j'allais faire au feeling. Ils étaient bien beaux quand même !

À refaire l'année prochaine... en divisant les proportions par deux ??

Joyeux printemps à tous !

Racontez-moi vos fêtes familiales si vous en avez ! :-)

vendredi 21 mars 2014

Vos activités d'hiver

J'adore les histoires d'hiver. Il n'est question que de tempêtes de neige pendant lesquelles les familles (généralement, fort nombreuses) se réunissent autour du feu, se gavent de gâteaux maison fumants et jouent et bricolent ensemble à la lueur de l'âtre. J'adore cette ambiance calfeutrée, resserrée et paisible... surtout quand c'est le printemps chez moi et que le soleil est au rendez-vous ! ;-)

J'ai reçu quelques mails tout au long de la saison passée qui témoignent, je trouve, de ce climat si particulier et chaleureux. Que font les familles montessoriennes tout au long du long hiver ? Cette question mérite bien un petit article, non ? D'autant que l'automne a eu le sien...

Alors, si vous voulez savoir, cet hiver, chez Clo (entre beaucoup d'autres choses...) ...


... les enfants ont découvert des bacs sensoriels sur le thème de la ferme très inspirés des miens... qui étaient eux-mêmes directement influencés par tout ce qui me tombe sous les yeux dans le merveilleux monde du Net... qui lui-même... etc. Je suis ravie de voir que les idées circulent, se répondent et s'enrichissent ! 

Clo me raconte que cette proposition a été un excellent support aux jeux d'imagination de son fils de 4 ans, ce qui va dans le sens de mon intuition première. Et chez elle aussi, l'eau a remporté un franc succès ! ;-)

Chez Cerina...


... une petite puce de trois ans lave les galets avant de les décorer. La Maman aussi s'est prise au jeu ! Et sa fille a pu terminer cette jolie séquence en mettant en paire les oeuvres réalisées par la famille et leurs photos... :-)

Chez Anaïs...


... là aussi, on travaille à quatre mains !... enfin, à six mains : vous pouvez voir ci-dessus les oeuvres du benjamin de 16 mois, celles de l'ainée de 4 ans, et celles de la Maman ! ;-) Oeuvres réalisées, soit dit en passant, avec une recette maison à base de Maïzena (courrez lire les commentaires si elle vous intéresse !)...

Chez Johanina...


... thématique Carnaval !


C'est vrai, ça, que les serpentins et les confettis sont des matériaux sensoriels de rêve, et que l'on trouve facilement en cette période de l'année à moindre coût...


Et je termine par les très jolies mises en paire d'inspiration Waldorf de Cérina :

Jolies photos ! ;-)

Je compte clôre la semaine prochaine l'article sur vos bacs sensoriels de cet hiver... S'il y a des retardataires... n'hésitez pas ! ;-)

Joyeux week-end à tous et à la semaine prochaine pour des nouvelles de notre maisonnée ! :-)

vendredi 14 mars 2014

Notre semaine (11/14)


Je vous disais hier que je levais le pied cette quinzaine... Mais à force de ralentir, j'ai accumulé les brouillons, et n'en verrai le bout qu'à condition de publier aujourd'hui un bel article fourre-tout bien long et bien indigeste. Tant pis pour vous ! :-D

C'est parti pour les petites nouvelles de la maisonnée :

Louiselle sait nommer quelques couleurs : le orange a été acquis le premier, il y a déjà plusieurs semaines. Ah ben oui, à quoi ça sert que je m'échine à lui inculquer les couleurs primaires, moi ?? Voilà bien l'ingratitude des enfants : rabachez-leur "bleu, rouge et jaune", et ils ne jurent que par le orange...

... et le rose. Et le noir. Du moins, ça se construit.

Petite victoire tout de même : le nom du rouge est acquis. Mais du coup, je me demande si c'est vraiment grâce à mes leçons !! :-D

À part ça, la Damoiselle met au point une super technique pour découper sans mon aide (oui, comme elle a besoin de ses deux mains pour tenir les ciseaux, ça demande une certaine organisation...) et se découvre une passion pour les anneaux de rideaux en bois, qu'elle étale et enfile à ses petits poignets comme des bracelets. J'ai donc ajouté une corbeille d'anneaux de ce type sur nos étagères Reggio. ;-)


Du côté d'Antonin, figurez-vous que mon Damoiseau-qui-ne-parle-pas-encore-tout-à-fait-couramment-même-s'il-ne-manque-pas-grand-chose me bluffe totalement quant à sa passion pour l'alphabet. Car voyez-vous, dans ma tête de prof psycho-rigide organisée, il était logique que l'enfant maitrise le code oral avant de pouvoir être disponible au code écrit. Moui. Je crois bien qu'Antonin connait le son que produit chaque lettre, ou presque. Et à présent il joue à les "enchaîner" (je ne dirai pas "lire", mais le principe y est) : devant un "O" et un "I" qu'il a collé, il s'exclame : "Hohi !". Et même, en accolant un "N", un "H" et un "R" : "Nnnrrrrr !" (et d'ajouter, très docte, à l'adresse de sa soeur : "Louiselle, le "H" ne fait pas de bruit !")

:-O

Et sinon ? Ben, pâte à modeler...


... et pâte à modeler ! Avec de beaux tampons tout neufs et une nouvelle boule de pâte bleue au parfum de lavande !

Louiselle serre les poings et les dents... Mignon ! :-)

Antonin s'est exercé aux tampons encrés dans le cadre de la présentation d'une nouvelle comptine dans notre carnet...


Et nos séances de dessin n'ont pas échappé au petit je-ne-sais-quoi printanier qui est partout en ce moment !


Faites l'essai, pour voir : disposez sur la table de vos enfants un livre documentaire ouvert. Commentez si besoin, mais ne faites aucune incitation à l'imitation, et vous verrez, c'est surprenant : les enfants semblent souvent ne pas remarquer l'invitation... et soudain, quelque chose transparait dans leurs productions... qui montre qu'ils l'ont en fait observée, absorbée, qu'ils la prennent en compte...

Ah, et aussi, nous avons eu un magnifique moment de dessin technique :


Rhôô... !! Que c'est beauuuu !

Allez ! Encore:

Alors je sais ce que vous allez me dire : qu'il faut présenter les formes à dessins à Antonin ! N'en faites rien, c'est tout vu : il n'y a pas le feu au lac ! :-D

Quoi d'autre ?

Une nouveau panier phonologique (et des séances de travail au soleil, comme vous pouvez le constater...) :


Cette fois, j'ai attiré l'attention d'Antonin sur le son de la fin des mots... Une petite gymnastique pas évidente lors des premières minutes... 

Mais après avoir repassé avec moi le nom de tous les objets, il a réussi à faire les mises en paire sans problème :
Bol/Colle, Moule/Poule, Sirop/Poireau

Côté atelier, j'ai apporté une petite modification à l'organisation de l'espace. J'avais constaté que certains plateaux n'était jamais sortis - alors que si je proposais la même activité aux enfants bien installés à la table de la cuisine, c'était un vrai succès. Il fallait donc que je décentralise certains plateaux  nécessitant la position assise sur une étagère située tout à côté d'une table dédiée (notre "table de travail" étant généralement réservée aux arts plastiques et peu disponible).


Seulement, voilà : je dispose de zéro budget pour le mobilier tant que je n'ai pas de salaire - et croyez-moi si je pouvais acheter des meubles, je commencerai par relooker les chambres de mes enfants. Bref, tout ça pour dire : mon agencement est laid à faire peur. J'ai récupéré des étagères de garage (...) et une table en plastique tachée de peinture (d'où la nappe, mais ce n'est pas pratique, il va falloir que je l'enlève...). Et je ne parle même pas des peintures murales qu'il faudrait refaire entièrement (en blanc !!)...



Bon, tout cela est encore en reflexion, et j'ai franchement hésité à vous montrer ces photos. Mais je me dis que c'est intéressant, un cheminement, et après tout, on en est toutes là, non ? Et au moins, je serai fière du chemin parcouru quand notre atelier ressemblera à ce dont je rêve ! ;-)



Ce qu'il faut retenir : ça marche. Sans quoi je ne vous en parlerai même pas...

Dans l'atelier toujours, notre bac sensoriel du moment s'est trouvé enrichi des propositions des enfants, tant et si bien qu'il s'est transformé en tout autre chose...


Et nous avons improvisé ce matin, Antonin et moi, un petit tri "Petit/Moyen/Grand" avec les morceaux de plastique colorés qui sont habituellement appliqués sur la vitre :

Et pendant ce temps, Louiselle joue
avec des plumes...

Allez, courage, mon "petit" compte-rendu est presque terminé... Encore deux activités marquantes :

Celle de Louiselle qui, si elle voit disparaitre ses séances personalisées le temps des vacances scolaires, a quand même eu le droit à une mise en paire géante pendant un temps calme infligé nécessaire à son frère :


Oui, sortir la batterie de cuisine et l'étaler au salon est un classique de la maisonnée...


Et le principe est exactement le même que celui utilisé avec Antonin il y a un an : les cartes (toujours les mêmes...) sont diposées sur une table à proximité, et il s'agit de les mettre en paire avec les objets réels.

Voilà donc notre Damoiselle fort occupée...


Tadam !


Allez, j'ai gardé le plus montessorien pour la fin. ;-)

Voici ce qui est arrivé chez nous aujourd'hui...


... et qui, au vu des résultats, nous fera du profit, youpi ! :-D


Excusez-moi encore pour le roman, mais vous aurez le temps de le digérer : je prends ce soir une semaine de vacances bloggesques, histoire de profiter pleinement des derniers jours de congé d'Antonin et de préparer le printemps comme il le mérite...

À bientôt !
:-)