mardi 31 décembre 2013

Riz surprise


Une trêve dans la trêve...

Mes enfants ont des goûts de leur âge, et, bien sûr, raffolent du riz et des pâtes. Lorsque ces ingrédients sont sur la table, je suis toujours surprise par la capacité de leurs estomacs - en particulier par celui d'Antonin. Ah, mais en fait, mon Damoiseau mange, parfois. Et même beaucoup. Dommage que ce ne soit que des glucides à rien.

Mais pour peu que les féculents choisis soient de forme complète, ils deviennent d'importantes sources de fibres, de vitamines (B et E), de minéraux (fer, magnésium, potassium, et j'en passe), et d'acides gras essentiels. Voilà une bonne nouvelle. Et quand on prend quelques minutes pour les agrémenter de tout un tas de bonnes choses qui se cacheront au détour de chaque cuillère comme autant de petites surprises, ils se transforment tout soudain en défenseurs de notre système immunitaire en ces temps de grand froid, hydratent les petits épidermes fragilisés et participent au bon fonctionnement général de l'organisme. Que du bonheur !

Et les enfants en redemandent...


Riz complet plein de bonnes petites choses

Ingrédients :

- 2 verres de riz complet
- 2 CS d'huile de tournesol
- 1 gros oignon
- 100g de tofu fumé (en magasin bio)
- 100g de tommette de brebis
- 1 poignée de raisins secs
- 100g de noix de cajou (*)
- 1/2 CC de curcuma
- 1/2 CC de curry
- Sel

Préparation :

Faites cuire le riz en suivant les instructions du paquet.

Épluchez l'oignon et émincez-le en fines lamelles.

Chauffez l'huile dans une marmite en fonte. Ajoutez les épices, laissez revenir quelques instant. Verser l'oignon émincé et laissez fondre en remuant de temps en temps.

Avant qu'il ne roussisse, ajoutez successivement les raisins secs, les noix de cajou et le tofu fumé. Prenez le temps de bien mélanger entre chaque ajout, de façon à ce que tout les ingrédients soient enrobés d'huile. Les raisins gonflent légèrement ; laissez les noix et le tofu griller un peu. 

Coupez le feu. Lorsque le riz est cuit, versez-le dans la marmite et mélangez. En dernier lieu, ajoutez le fromage taillé en petits dés.

Si les noix de cajou que vous utilisez sont salées, il n'est pas nécessaire de ressaler ce plat.

(*) : Si vous craignez les risques d'étouffement, vous pouvez remplacer les noix de cajou par 1 CS de purée d'oléagineux (amandes, noisettes, cajou...) que vous ajouterez en dernier lieu.

Servez avec des légumes cuits et/ou crus.

Bon appétit ! ;-)

lundi 23 décembre 2013

Très bonnes fêtes à tous ! ;-)


La trêve de Noël, de tradition chez les Mamans bloggeuses, commence pour moi aujourd'hui ! Avant de m'emmêler dans le papier-cadeaux et le bolduc, avant de plonger dans les recettes de patisseries de toutes sortes (treize desserts obligent...), avant de partir à la recherche de nos bougies d'anniversaire et de nos cotillons (je les ai vus quelque part, mais où ?), il me restait à vous souhaiter d'excellentes fêtes familiales, pleines de belles énergies et de bonne humeur !


À bientôt !

samedi 21 décembre 2013

Nos semaines (50 et 51/13)


Nous bénéficions vraiment d'un temps magnifique ! Après 10 jours de soleil éclatant et de froid féroce (un vrai temps de montagne !), la pluie est revenue, et avec elle une douceur délicieuse (un vrai temps normand, ce qui n'est pas sans nous rappeler de bons souvenirs...). Noël ne se fera peut-être pas au balcon, mais presque... ;-)

Voici les activités marquantes de ces derniers jours.

Mettre en paire :


C'est devenu un petit rituel : quatre fois par semaine, en fin de matinée, juste avant d'aller chercher Antonin à l'école, je propose une mise en paire à Louiselle. Il y a des jours où elle est plus concentrée que d'autres, et généralement la proposition (ici, apparier des fruits) ne varie pas jusqu'à ce qu'elle l'ai menée à bien. Les tout-petits ont besoin de temps pour digérer le sens d'une activité. Ils ont aussi besoin de ne pas être bousculé, d'aller à leur rythme, avec les détours et les retours que cela suppose. Ils ne feront jamais exactement les gestes qu'on attend (disposer les fruits en ligne, par exemple), et c'est normal ! Ainsi, Louiselle aime prendre les deux fruits dans ses mains avant de les reposer, bien serrés sur le tapis... L'objectif est atteint, il s'agit bien d'une mise en paire !


Et comme parallèlement Louiselle s'exerce, avec succès, à faire des mises en paire d'images avec les petits lotos de son frère, j'ai décidé de lui proposer sa première mise en paire objet/image.


Alors, cinq minutes d'activité, vous trouverez peut-être que c'est peu ? Tant mieux, parce qu'on peut les caser facilement dans une journée, et que l'enfant n'a pas le temps de se lasser. Mais peut-être trouverez-vous, au contraire, que c'est bien long pour placer simplement trois objets ? Et pourtant, il faut cela à la Damoiselle. Déplier le tapis, découvrir les élements, les nommer, faire sonner les instruments (ou humer les fruits), en placer un, le re-ranger, le re-placer, placer le deuxième, le troisième, tout remettre dans le bol, empiler les images, les dés-empiler, les ré-empiler, rouler le tapis, aller le ranger...

Sans oublier la petite pause yoga...

J'ai appris à faire confiance à Louiselle : elle ne fait peut-être pas les bons gestes dans l'ordre, et elle ne va jamais droit au but. Mais je me garde d'intervenir et elle mène l'exercice à bien. Parfois (rarement), je lui rappele l'objectif suivant d'un geste ou d'une parole brève si je vois qu'elle est prête à décrocher. Mais un bébé d'un an et demi qui accomplirait la procédure bien proprement, de manière linéaire... Ce serait louche, non ? ;-)

Jouer avec la lumière :


Vous vous souvenez peut-être que la première fois que j'ai proposé de "coller" de cercles de plastique sur une fenêtre, Antonin n'était pas là. Il a donc découvert cette activité depuis avec bonheur, et  c'est devenu un classique de nos petites séances dans l'atelier. Les cercles colorés et le petit vaporisateur sont à disposition, et il arrive aux enfants de refaire l'activité plusieurs fois en une demi-journée !


Le brumisateur est un point d'intérêt non négligeable de l'activité...


... et Louiselle est toujours aussi efficace grâce à sa super technique ! :-D


Mais il y a quelques jours, notre petit carreau à hauteur d'enfant a été réquisitionné pour un autre usage...


Encore une très jolie façon de jouer avec la lumière !


Prenez-bien soin d'encadrer la vitre de gros scotch pour protéger le cadre de fenêtre !



Et puis, notre activité Reggio préférée, qui revient régulièrement "sur le tapis"... c'est le cas de le dire ! ;-)



Découvrir une nouvelle activité mathématique :


Je vous disais dernièrement que notre plateau mathématique allait être le seul à varier ses propositions d'ici le printemps prochain. Voici la petite activité du moment : une mise en paire des chiffres de 0 à 9 (qu'Antonin sait tous lire à présent...) qui muscle les doigts... Une pierre deux coups, et du sur-mesure pour mon Damoiseau qui a vraiment accroché. L'idée a été pêchée ici.

Peindre, peindre, peindre :


Je ne sais pas ce que nous avons en ce moment, mais ces 15 derniers jours, la pâte à modeler a été complètement délaissée au profit de la peinture. Nous peignons quotidiennement, mes enfants sont très demandeurs et moi tout à fait ouverte et enthousiaste à l'idée de les suivre. Profitons-en !


Attention cependant si vous proposez à vos enfants de peindre avec leurs pieds : ça glisse ! Il est important de leur tenir la main pendant qu'ils arpentent le chemin de papier ! (Et non, ce n'est pas très facile de prendre des photos dans ces conditions !)

Dessiner :


Le geste de Louiselle se précise. Elle aime tracer avec précision sur les gommettes qu'elle vient de coller. Quant à Antonin, il progresse en coloriage... à l'école, puisqu'à la maison, j'évite pour le moment de l'enfermer dans ce type de contraintes. À vrai dire, ne serait-ce la preuve de ses travaux scolaires, je n'aurais jamais cru qu'il en soit déjà là ! :-D

Cuisiner :

Pour de vrai...

... ou pour "de faux" !

Pratiquer quelques sports :

Chevaucher...

... ou naviguer !

Rien que cela, ma chère ! ;-)

jeudi 19 décembre 2013

Vos activités d'automne


Johanina est une fidèle lectrice dont le petit garçon est à peine plus âgé qu'Antonin. Elle m'envoie régulièrement des photos des activités qu'elle propose à son fils, et je dois avouer que je suis très admirative ! Pour la session "automne", j'ai pensé à lui demander la permission de publier son travail, et elle a accepté.

Voici donc aujourd'hui une petite fenêtre sur l'univers de Johanina ! ;-)
 

Tout a commencé par la découverte du livre Automne, de Marc Pouyet. Cet album représente les objets de la nature emblématiques de la saison à travers de belles photographies : du land art dans toute sa splendeur, très accessible aux tout-petits. C'est en découvrant les compositions de marrons dans cet album que Johanina a eu l'idée de proposer à son fils de faire de même, avec les marrons de leur bac sensoriel... Et les voilà donc à l'ouvrage, sur le sol de la chambre transformée pour quelques heures en galerie d'art éphémère...

Et dans le même esprit, un pan de mur est désormais consacré à l'affichage des photographies de la famille sur le thème de l'automne... Un "mur des saisons" ! J'adore !


Quelques semaines plus tard, c'est un tri de fruits d'automne que Johanina a proposé à son enfant :


Constatant que l'activité était un peu trop aisée pour son trois'zans, Johanina comptait la lui reproposer avec une pince... Je ne sais pas si elle l'a fait ?

Et je termine ce billet par un clin d'oeil à une autre famille... Celle de Clo, dont un des fils de 4 ans a pris l'initiative de faire une composition d'éléments automnaux dans une boite d'oeuf...

La créativité enfantine est si poétique !

C'est une boite d'oeufs que Clo propose parfois à son petit dernier d'un an et demi avec les marrons, pour faire des correspondances terme à terme... Encore une activité classique dont les tout-petits ne se lassent pas !

Et chez vous, quelles furent les plus belles activités d'automne ?

mercredi 18 décembre 2013

Séances langage


Nous poursuivons notre petit jeu autour de la phonologie, qui continue de remporter un franc succès auprès des enfants. Comme tout le "matériel" de langage d'inspiration montessorienne, il trouve sa place au salon, parce que c'est encore là qu'on parle le mieux. La partie tout à gauche des étagères de jouets est dédié aux supports qui incitent à parler, vous voyez ?

 
Les cartes de nomenclatures (très accessibles tout en bas) servent tous les jours. C'est surtout Louiselle qui est très demandeuse, et tient beaucoup à ce que je les lise toutes, quotidiennement, à la suite, sans en omettre une seule. Je ne sais pas du tout combien nous en avons, mais leur lecture commence à nous prendre un peu de temps... Surtout qu'Antonin s'y greffe, et y va de ses commentaires...

J'ai essayé de déplacer ces cartes dans d'autres pièces (dans l'atelier, dans les chambres...), mais j'ai constaté qu'elles servaient moins alors. Rien ne vaut une bonne lecture sur le canapé, Maman au milieu, et un enfant de chaque côté ! ;-)

Pour la même raison, le livre de Rotraut Susanne Berner (qui n'est pas soumis à la rotation usuelle des livres) trouve sa place dans notre pièce à vivre. Je l'avais néanmoins placé un peu plus en hauteur pour rendre son accès moins facile pour Louiselle, qui l'aime autant que son frère... C'est un livre fragile et il a déjà beaucoup vieilli depuis qu'il est en notre possession. Mais à présent, Louiselle peut l'attraper en montant sur une chaise ; puisqu'elle est beaucoup plus soigneuse à l'égard des albums depuis plusieurs semaines, ça va. Je suis toujours frappée de constater que c'est souvent quand un bébé déjoue nos installations qu'il est prêt à acccéder aux choses que l'on mettait hors de sa portée...

Ce livre est ouvert tous les jours également - à tel point qu'il parviendrait presque à me lasser, moi... :-)

Hors de portée des deux enfants, j'ai placé notre panier phonologique. Car ce panier est plein d'attrait, et je ne veux pas que les élements qu'il contient - tant qu'il les contient - soient éparpillés un peu partout. C'est moi qui propose aux enfants : "Voulez-vous jouer au "petit oeil" ?". La réponse est toujours oui. Et Antonin a déjà très bien compris qu'avec ce panier, on parlait des mots en tant que mots.

Il l'a si bien compris que j'ai introduit une petite variante, qui sert de temps en temps et plait également beaucoup. Il s'agit en fait de greffer à l'exercice purement phonologique (portant sur le code) un travail sur le sens, tant il est vrai que lors de l'apprentissage de la lecture, l'un ne va sans l'autre.

Cette variante consiste à décrire un objet du panier, ou sa fonction, pour le faire deviner à l'enfant. Ce n'est pas si facile pour Antonin qui découvre ce type d'exercice. Le premier phonème de l'objet est donné en dernier indice. 

Par exemple : "Mon petit oeil... voit... un objet... qui pousse sur les branches des arbres... Fffff..."

Je trouve cette variante intéressante dans la mesure où elle amène l'enfant à faire une gymnastique mentale entre code (comment est construit le mot "feuille" ?) et sens (mais, qu'est-ce qu'une feuille, au fait ?). 

Les jeux phonologiques sont tellement variés ! Je vous en reparlerai certainement ! ;-)

mardi 17 décembre 2013

10 règles de survie pour cuisiner avec un (ou deux...) petit(s)

Antonin lavant son bavoir après le déjeuner

C'est vrai qu'avec mon Damoiseau, je n'ai pas eu le choix. Il a développé très jeune un tel amour pour tout ce qui passait en cuisine, qu'il a bien fallu que je planche le sujet sérieusement. Ce n'est pas une situation facile, au quotidien, d'avoir un bébé dans les pattes dès qu'on enfile son tablier... surtout quand on met un point d'honneur à l'impliquer le plus possible dans les activités domestiques...

Mais à présent, ce sont deux tout-petits que je dois accepter à mes côtés. Mon ainé n'a pas encore trois ans et ma cadette vient d'avoir 19 mois. Roulez jeunesse ! La plupart du temps, ça fonctionne, mais je dois dire que j'ai fait un groooos travail sur moi depuis le début de mes séances-cuisine avec Antonin !

Voici la substantifique moelle de mon cheminement  - qui n'est (et ne sera), hélas (?), jamais terminé...

Pour réussir une "activité cuisine" avec un (ou plusieurs) tout-petit(s), voici donc quelques petits tuyaux...

1. J'oublie ma montre.

Sauf en ce qui concerne les temps de cuisson, bien sûr. Mais pour le reste, j'essaie de me concentrer sur la procédure, sur l'ici et maintenant. Je suis, autant que faire se peut, le rythme de l'enfant, qui a peut-être besoin de goûter, de commenter, de questionner, de faire une pause... Il est inutile de se précipiter vers la réalisation du produit final comme s'il s'agissait d'une course. Et j'ai constaté avec surprise que finalement, prendre notre temps ne nous prend que quelques minutes de plus, sur l'ensemble de la recette, que de foncer et de s'énerver.

2. Je ne suis pas perfectionniste.

Mes enfants sont comme tous les enfants de la terre : quand ils versent un liquide, ils en mettent à côté. Transférer de la farine se fait dans un nuage de poudre. Quand tout est terminé, les enfants sont barbouillés, la table colle, et le sol aussi. Le pire, c'est que même en nettoyant de bon coeur, ils parviennent à inonder la cuisine et à mettre un désordre incroyable. J'ai appris à ne plus râler, à m'en détacher, et dans les moments de véritable chaos à les observer faire de l'extérieur, comme si je regardais un film. Cela m'aide à me concentrer sur leurs gestes, leurs réussites, et non sur ce qu'on pourrait considérer comme des "ratés". Mais d'ailleurs, quand je cuisine seule, il faut bien nettoyer la table  aussi, après, non ? Au moins, avec mes enfants, je sais pourquoi je passe l'éponge... Et parallèlement, je continue ma recherche inlassable de bons outils adaptés aux petites mains, et je peaufine mes leçons concernant le nettoyage. Je ravale mes soupirs, mes "Oh, non, il y en a partout !!", et je tends l'éponge silencieusement...

3. Je m'affranchis des images culinaires de magasine.

Quand mes enfants étalent un appareil, ce n'est pas fait de façon uniforme. Quand ils piquent une pâte à tarte, il y a des endroits avec plein de petits trous et d'autres où il n'y a rien du tout. Quand ils coupent un fruit, les rondelles ne sont pas toujours aussi fines que je voudrais, et il se peut même que quelques morceaux de peau aient été oubliés lors de l'épluchage. Je ne repasse pas derrière eux. Et c'est dur. Je ne crois pas être particulièrement rigide, mais je crois que les adultes développent avec le temps un amour immodéré et absurde pour la symétrie et l'homogénéité. Que ce plat soit symétrique/homogène ou non ne changera rien à son goût. Peut-être même sera-t-il même meilleur de ne pas l'être, qui sait ? Il y a tellement d'amour dedans... Mais refaire après l'enfant, devant lui, le geste qu'on lui a confié, ce n'est pas correct. Je n'aimerais pas qu'on me fasse ça, à moi. Donc, si je fais avec mes enfants, c'est pour de vrai. De toute façon, tout le monde est attendri quand je dis : "Oui, les morceaux de pommes ont été placés sur la pâte par Louiselle...", et personne ne songe à comparer son oeuvre à celle d'un patissier.

4. Je fais le ménage avant.

Voilà un "truc" qui limite vraiment les débordements. Ce n'est, hélas, pas toujours possible, mais j'essaie de commencer à travailler avec mes enfants dans une cuisine rangée et propre. Avec un espace de travail bien dégagé, un sol propre et un évier vide. Oui, ce sera le gros bazar dans cinq minutes, il faudra tout re-laver, mais au moins, on a de la place pour patouiller.

5. Je prépare l'activité en amont.

Et voilà le secret des séances "cuisine" des grands jours, les jours où je suis vraiment bien organisée : préparer un maximum de choses en amont (que ce soit matériellement ou dans ma tête). L'idéal est d'avoir une idée claire de se que peut faire mon enfant ou pas. De prendre en charge ce qu'il ne peut pas faire (allumer le four, séparer les blancs des jaunes, mesurer avec une balance...), et de lui faciliter ce qu'il peut faire (réunir les ingrédients et les ustensiles, verser, mélanger, ranger, laver...). Un minimum de planification évite les désastres complets, du genre : "Oh, mais je viens de m'apercevoir que nous n'avons plus de chocolat alors que nous venons de commencer notre mousse au chocolat ! Il nous faut donc tous nous habiller chaudement pour aller en acheter à l'épicerie-qui-n'est-pas-tout-près-et-où-tout-est-si-cher pendant que nos blancs d'oeufs battus prennent la poussière." Oui, oui, lancez-moi la pierre ! :-D

6. Je m'assure que les enfants peuvent voir ce qui se passe.

Le préposé au mixeur, c'est Antonin. Pas question que quelqu'un d'autre s'en charge, dès que j'installe l'appareil, il se précipite, colle l'escabeau au plan de travail et se tient prêt à actionner le bouton. Sauf que depuis quelques semaines, cette opération met Louiselle en rage. J'ai eu quelques sueurs froides en me disant qu'elle voulait certainement mixer, elle-aussi (et comment vais-je faire avec un seul mixeur et deux enfants ???), mais non : elle voulait voir. Maintenant, quand on sort le mixeur, il faut aussi prévoir un perchoir pour la Damoiselle qui observe très sagement. Même un tout-petit apprécie de pouvoir s'imprégner des gestes de ses aînés, même s'il ne se sent pas prêt à les reproduire. Il suffit parfois de penser à installer son bébé dans sa chaise haute pour éviter bien des crises de nerfs.

7. Je décris nos actions.

La période sensible du langage... encore elle ! Dire ce que l'on fait au moment où on le fait n'est pas souvent "autorisé" dans les séances montessoriennes... mais en cuisine, ça l'est ! Songez à tout le vocabulaire que ce domaine d'action permet de réinvestir : des verbes riches (mélanger, verser, saupoudrer...), des noms qui vont saliver (épices, sauces, fromages...), des adjectifs de toutes sortes (couleurs, goûts, parfums...). Je suis toujours sidérée de la capacité de mes deux enfants à intégrer ce qui s'est dit alors et à le reinvestir le lendemain !

8. Je simplifie.

Alors, c'est vrai, on ne se lance pas dans la fabrication de pièces montées en macarons. D'ailleurs, ce n'est pas le genre de choses que je faisais avant d'être Maman, et franchement, ce n'est pas le bon moment pour m'y mettre. Quand je dis que l'on "cuisine", c'est la plupart du temps pour faire des plats si basiques, que si ce n'était pas dans ce contexte, je ne les considèrerais même pas comme étant de la "cuisine". Essayez d'apprendre à votre bambin à cuire du riz : verser la graine dans un verre pour la doser, verser de l'huile d'olive dans une casserole, puis le riz, faire revenir en remuant, remplir la bouilloire d'eau, attendre qu'elle bout, verser l'eau bouillante dans la casserole, remuer pour le plaisir, attendre 10 longues minutes, aller chercher la passoire, la poser dans l'évier, verser le riz dedans, le reverser dans la casserole à l'aide de la cuillère en bois (et de Maman ?), assaisonner d'un peu de beurre et de sauce soja. Voilà le type de "recettes" qui peuvent se pratiquer quotidiennement, pas celle des verrines crousti-moelleuses aux oignons confits et confettis de tomates cerises

9. J'implique mes enfants dans le rangement et le nettoyage.

Bien que j'aurais plus vite fait de faire seule, oui... Mais en même temps, j'en profite. Je sais bien qu'un âge viendra où mes enfants rechigneront à m'aider à nettoyer. Ils auront assimilé que les adultes considèrent cela comme une corvée, et ne voudront pas être en reste. Nous n'en sommes pas là, Antonin et Louiselle sont toujours très enthousiastes à l'idée de ranger et de laver. Même maladroitement, mais souvenez-vous de ma phrase favorite : "Pour les petits, c'est la procédure qui compte, pas le résultat...". Et je me dis que c'est maintenant qu'ils apprennent tout un tas de gestes fondamentaux comme essuyer, rincer, balayer... Plus tard, ils auront, je pense, envie d'autre chose... ?

10. Je m'amuse.

Ben oui. C'est le but, non ? Je m'amuse, et mes enfants aussi. Alors, c'est sûr, il y a des jours "sans". Des jours où rien que l'idée d'impliquer ma petite de 19 mois dans la confection d'une vinaigrette me met les nerfs en pelote. Et bien, ces jours-là, je fais la vinaigrette toute seule. En expliquant à Louiselle que ce sera pour une prochaine fois.

Je crois que c'est cela qui nous fait avancer en tant que parents, non ? 

Se dire qu'on fera mieux la prochaine fois... ;-)

lundi 16 décembre 2013

Ma bibliothèque idéale : les abécédaires

Oh, qu'il y en a, qu'il y en a, des abécédaires ! On ne sait plus où donner de la tête dans les rayons des librairies... Et ils sont tous plus beaux les uns que les autres...

Parmi toutes ces merveilles, j'ai essayé aujourd'hui de sélectionner ceux qui me paraissaient les plus adaptés aux enfants de 3 ans environ. Parce que j'essaie que ce type d'albums soit bien représenté chez nous, et qu'à présent que la conscience phonologique d'Antonin s'éveille, il va falloir nourrir ses oreilles de beaucoup de jeux sur les sons !

Voici, donc :


- L'abécédaire imaginaire de Balthazar, Marie-Hélène Place et Caroline Fontaine-Riquier (republié sous le titre d' "abécédaire à toucher"), Hatier.

- Balthazar et les lettres à toucher, Marie-Hélène Place et Caroline Fontaine-Riquier, Hatier.

- Le lutin des lettres, Chiara Carrer, La joie de lire.

- Albert récupère, Anne Herbauts, Casterman.

- L'ABC, Éric Carle, Mijade.


- Boite à outils, Rascal, Pastel.

- Mon premier alphabet, Marie-Agnès Gaudrat, Bayard.

- Animal, animots, Marie Houblon, Tourbillon.

- Mon imagier de l'alphabet, Bernard Davois, François Laurière, Olivier Tallec, Gallimard. 

- 26 lettres pour faire du bruit, Nadia Bouchama, Mila.


- Apprends-moi les lettres, Francesco Pittau, Bernadette Gervais, Seuil.

- ABC des animaux animés, Olivier Jung, Jean-Yves Mesguich, Père Castor - Flammarion.

- ABC magique, 26 animaux en relief, David Pelham, Albin Michel.

- Dedans, Fani Marceau, Emmanuelle Houdart, Thierry Magnier.

- Wapiti !, Christiane Duchesne, Paul Kunigis, La Montagne secrète.


- ABCXYZ, Adrienne Barman, La Joie de Lire.

- L'ABC des verbes, Guillaumit, Thierry Magnier.

- L'ABC de Tom, Tom Schamp, JBz et Cie.

- L'alphabet du bout des doigts, Josette Gontier, Jo Brown, Lito.

Alphabet, Biophoto, De la Martinière.


- De si surprenants serpents, Catherine-Jeanne Mercier, Caroline Laffont, Belin.

- ABC des animaux, André Boos, Lito.

- Machine à lettres, Julien Magnani, MeMo.

- Abécédaire des belles choses à faire, Géraldine Collet, Nicolas Gouny, Escarbelle.

- Abécédaire de la tête aux pieds, Barroux, Actes Sud.


- Plouf ! Un abécédaire aquatique, Thomas Baas, Seuil.

- Nappe comme neige, Marion Fayolle, Notari.

- ABêêCédaire, Xavière Broncard, Marido Viale, Belize.

- J'apprends l'alphabet avec les animaux, David Bourbau, Grenouille.

- La boite à lettres, Christian Roux, Albin Michel.


- Au pied de ma lettre, Virginie Deverson-Otwinoski, Coralie Saudo, Mille Pages.

- L'abécédaire des animaux, Anne Poiré, Patrick Gualino, Carmina.

- L'ABC des enfants sages, Gyo Fujikawa, Gautier-Languereau.

Ai-je oublié des oeuvres primordiales ?

dimanche 15 décembre 2013

Histoire d'oeuvres

Parfois, Antonin rapporte à la maison un travail "grand format" effectué à l'école. Je dis : "parfois", car oui, ce n'est pas souvent... Très exactement une fois par mois. Et voici l'oeuvre du mois de décembre :


Alors, promis, la prochaine fois que j'écris un article dans lequel je mentionne l'enseignante de mon fils, c'est pour en dire tout le bien que j'en pense. Car j'en pense beaucoup de bien. Si. Mais elle a tout de même le chic pour tomber dans des travers si communs à la profession que je ne puis pas ne pas les pointer...

Observons ce travail ensemble, voulez-vous ? Il s'agit d'une maisonnette réalisée par collage de morceaux de papier colorés sur un fond peint. Oui. Il y a des sapins aussi. Bon.

Je chausse à présent mes lunettes de Maman qui connait bien son Damoiseau et je tique. Il y a quelque chose qui cloche... mais quoi ? Reprenons les choses depuis le début : l'enseignante dispose devant chaque enfant une grande feuille blanche de belle qualité, légèrement glacée. Et aussi une couleur : du bleu, dans un petit bac. Un  outil... L'éponge ! Une consigne : teinter la feuille sans laisser de blanc. Jusque-là tout est parfait, c'est une activité visant à faire prendre conscience de l'espace-feuille et de la manière de l'occuper, fort bien.

Les oeuvres sèchent... Et ensuite ? Ensuite, il faut coller les élements. Le toit, les fenêtres, les sapins... que l'ATSEM a pris un temps infini pour découper en amont (il y a 27 élèves dans cette classe...) car ce travail (effectué de manière si précise) est évidement hors de portée des Petite et des Moyenne Sections. 

Naïvement, au premier regard, on pourrait croire que la consigne suivante a été : "Colle les élements donnés pour obtenir une maison comme sur le modèle". Ou, beaucoup mieux (c'est permis de rêver...) : "Les enfants, vous allez faire ce que je vais vous dire au fur et à mesure : collez le toit SUR le mur. Collez la fenêtre À CÔTÉ de la porte. Collez un sapin DE CHAQUE CÔTÉ de la maison..."

Mais non. La triste réalité, la voici : c'est l'ATSEM qui a collé murs, toits, portes, fenêtres et sapins. Et ce, 27 fois. Pour une dame de presque 50 ans, dont le métier est d'accueillir les enfants, d'animer des ateliers, de veillez à l'hygiène des élèves et de gérer le matériel, avouez que c'est tout de même triste de perdre ainsi de précieuses heures de travail. Personnellement, j'aurais honte de demander un tel service à la personne qui m'assiste dans la classe. D'ailleurs, si j'en crois les oeuvres exposées dans les couloirs, D. s'est lassée. Les premiers travaux étaient dotées de multiples fenêtres et environnées d'une véritable forêt... mais le dessin d'Antonin est un peu plus épuré... et il n'est pas le seul !! ;-)

Mais comment être sûr que c'est D. qui a effectué tout ce travail ? C'est très simple. Un enfant de PS ou de MS ne collerait JAMAIS tous ces éléments de façon parfaitement perpendiculaire au bord de la feuille. Dans une oeuvre de tout-petit, les élements dansent. Comme dans la vraie vie, d'ailleurs. Il n'y a que les "grands" pour produire des choses aussi tristement artificielles.

Antonin, lui, s'est chargé de coller des gommettes en forme de sapins... et son étiquette-prénom...


... qui dansent.

Résumons-nous : dans cette histoire, l'élève a peint une surface à l'éponge et a collé quelques éléments dont tous étaient auto-collants sauf un. Alors, vous allez encore dire que je médis, mais... c'est un peu pauvre, non ?

Vous comprendrez mon besoin "d'équilibrer" lors des activités que je propose à la maison... Vous comprendrez qu'Antonin est très demandeur d'arts plastiques en tout genre et de peinture en particulier. Vous comprendrez mon parti-pris de n'imposer aucune consigne, de laisser libre cours à l'exubérance, au sensoriel, à la répétition, à l'exploration...


Pour ceux qui se demanderaient encore laquelle des deux situations est la plus "scolaire" : un jour, ces petits élèves apprendront à écrire. Pour apprendre à écrire, il faut savoir percevoir et s'approprier un espace. Pour s'approprier un espace, il faut apprendre à maitriser son geste. Il faut avoir été confronté à des "espaces-feuilles" variés et avoir appris à les occuper. Il faut être connecté à ses perceptions. Il faut avoir découvert de multiples matériaux et avoir pris le temps de les explorer. Il faut, petit à petit, modéliser son geste moteur en vue d'un résultat. Il faut savoir laisser une trace, oser reproduire un tracé connu. Il faut pouvoir réinvestir ses expériences. Ce qui suppose, bien sûr, d'en avoir vécu beaucoup, et de jolies.


Ce qui signifie : savoir laisser une trace avec son corps, et avoir expérimenté les matériaux avec les mains, avec les pieds, avec les coudes, les genoux, et ce que l'on voudra, de multiples fois. Savoir utiliser les couleurs. Avoir une connaissance intime de l'espace : avoir parcouru, s'être perdu, savoir couvrir, recouvrir - ou pas. Énumérer les éléments de ses dessins. Apprendre à arrêter son mouvement, puis à tracer des formes en fonction d'une intention. Savoir croiser son geste : pour un droitier, tracer dans l'espace gauche de la feuille, et inversement. S'exercer à simuler l'écriture. Faire des expériences concrètes de pression de l'outil scripteur. Adapter son geste à l'outil. Connaître le risque de déchirer la feuille et savoir le contourner. Connaître le désir de laisser des traces bien lisibles. Tranquillement, au fil des mois, se bâtir son propre répertoire de signes simples et avoir le plaisir de les connaitre et de savoir les reproduire...


... Prendre plaisir ! ;-)

vendredi 13 décembre 2013

Quel matériel en pédagogie Reggio ?



Je vous en parlais ICI : dans la pédagogie Reggio, le matériel sert avant tout à capter l'attention, à attirer, à inciter à l'action à travers l'émerveillement. Ce que l'enfant en fera, c'est toujours un peu difficile de le prévoir. Mais en sélectionnant le matériel, l'éducateur a bien en tête d'inciter l'enfant à explorer le plus longtemps possible, d'essayer des choses, voire de créer. Il n'y a pas de liste de matériaux estampillé "Reggio", contrairement à ce que l'on trouve dans la pédagogie Montessori. Libre à l'adulte de choisir les médiums qu'il va proposer à l'enfant, en fonction de ce qu'ils ont à lui apporter en terme de découverte autonome.

Matériaux Reggio : morceaux d'écorces tombés des troncs, petits paniers à anse, perles, guirlandes de Noël, papier vierge, boulons, petits flacons de verre, boites à bijoux vides ou pleines, graines, poignées de porte en porcelaine (cf. photo) qui, ici, fascinent Antonin et l'incitent à visser, dévisser, comparer, soupeser, admirer...

La manière dont un adulte d'aujourd'hui choisit un objet pour son enfant dit beaucoup de choses sur sa vision de l'enfance. Si j'achète pour ma fille de 18 mois (je cite :) : "Un téléphone rose girly qui parle et compte avec écran LCD permettant de découvrir les chiffres et le vocabulaire autour des conversations téléphoniques", cette proposition n'est pas anodine. Elle signifie beaucoup de choses. Que le rose, c'est "girly" (traduction : "pour les filles", allez expliquez ça à Antonin dont c'est une des couleurs favorites). Que ce jeux estampillé "pour filles" va en faire une parfaite petite standardiste. Que les situations de communications réelles (humaines) sont certainement impuissantes à apprendre tant de jolies choses à mon bébé de 18 mois, et qu'il vaut mieux confier ce soin à une machine. Que les chiffres et le vocabulaire se "découvrent" essentiellement de manière visuelle (à l'aide de lumières clignotantes) et auditive (grâce à une voix mécanique). Que ces sens-là valent mieux que les autres. Qu'il est important de connaitre ses chiffres le plus tôt possible. Et de savoir répondre au téléphone, aussi. L'écran LCD, gage de qualité, signifie que je veux la meilleure image pour mon enfant. Car je suis loin d'être un parent indigne, et je suis pétri de bonnes intentions.

Matériaux Reggio : menue monnaie étrangère, vases, assortiment de brosses (à dents, à ongles, à légumes...), de quoi faire des bulles de savon de toutes les tailles, des attaches variées (boutons, boutons-pression, boutons crochets...), cartes postales, tubes de cartons de toutes les tailles et toutes les circonfèrences, cartons de tailles et d'épaisseurs variées, vieux CDs, salières à remplir...

Qu'est-ce que mon enfant mérite ? De quoi est-il capable ? À mon avis, comment va-il aborder ces matériaux ? S'il s'agit d'un matériaux fragile, est-il capable de le respecter ? Telle sont les questions qui doivent guider l'éducateur lors de sa collecte de matériaux pédagogiques.

Matériaux Reggio : emballages de produits alimentaires, type boite cylindrique (bouillie, Ricorée) ou parallélépipédique (céréales...), miroirs, breloques, pinces, boites transparentes de toutes sortes, presse-papiers, trombones, grosses pinces à papier, boite à café avec couvercle, clavier d'ordinateur ou de machine à écrire (entier ou en pièces détachées)... 

Le critère esthétique, au sens large, est primordial : prenez le temps d'explorer vous-même le matériaux. Ce morceau d'emballage en plastique transparent, vaut-il la peine que je le garde ? Est-il lisse, froissé ? Bruisse-t-il ? Reflète-t-il la lumière ? A-t-il une particularité que n'offrirait pas un autre matériaux, par exemple un matériaux naturel doté d'un parfum agréable ? Sollicitez tous vos sens, et aussi tout votre bagage d'intuition !

Matériaux Reggio :  livres illustrés, instruments de musique authentiques, pastels, pinceaux fins ou larges, cubes, cailloux, essoreuse à salade, bouchons de liège, caissettes en papier pour mini-pâtisseries, chevilles de toutes les tailles, de tous les diamètres, en plastique, en bois, en métal...

Les matériaux utilisés en pédagogie Reggio sont très faciles à trouver. Votre regard va s'aiguiser au fur et à mesure que vous saurez voir le potentiel de ces objets courants, et vous saurez les dénicher mieux que personne... libérant ainsi votre propre créativité que, peut-être, vous ignoriez ? ;-)

Matériaux Reggio : perles de verre, pastels, marqueurs, coupons de tissus, bâtons, morceaux de mosaïque, légumineuses sèches, riz, couvercles dépareillés, clefs dont on ne sait plus ce qu'elles ouvrent...

Quelques règles cependant : entre un objet de pacotille et son homologue de qualité, privilégiez toujours la qualité. Entre un objet "pensé" pour les enfants et son équivalent de la vraie vie, favorisez la vraie vie. Apprenez à apprivoiser vos peurs : les enfants, même très jeunes, peuvent manipuler des objets de verre, des miroirs ou des ciseaux. Bien sûr, vous encadrez. Bien sûr, vous assurez leur sécurité. Repirez et observez, vous verrez qu'ils savent ne pas se mettre en danger autant qu'on pourait le croire.

Matériaux Reggio : fleurs fraîches ou sèches, aquarelle, bâtonnets de glace, pommes de pin, carreaux de céramique, kaplas, étoiles de mer, emballages divers (pots de yaourts, boite de camembert ou d'oeufs, barquettes de fruits...), élastiques, sacs en papier, enveloppes de toutes les tailles et de toutes les couleurs...

Favorisez les matériaux ouverts aux possibles, pouvant être transformés, que l'enfant peut s'approprier (et certainement, ainsi, vous surprendre !). Un matériaux tout seul n'a pas de signifaction, il ne fait rien de spécial, il est comme mort. Entre les mains de votre enfant, il va s'éveiller à la vie. Se doter d'un sens (voire de plusieurs...) et d'une raison d'être. Pour cela, l'enfant va avoir besoin d'imagination, de dextérité, d'expérience, de patience. Entre deux objets similaires, choisissez toujours le plus épuré : un lot de cubes destinés à construire des maisons, avec fenêtres et portes peintes risquent de limiter les constructions de votre enfant à la confection de villages. De simples cubes bruts serviront à batir des cités, mais aussi à ressurciter les dinosaures ou faire pousser des forêts.

Matériaux Reggio : foulards, laine, feuilles, gommes, attaches-parisiennes, oeillets, fruits et légumes fermes pas trop petits, lavés et éventuellement épluchés, canne à pêche (sans crochet), fil de fer, engrenage de réveil cassé ou de n'importe quelle machine...

Inutile d'avoir une salle consacrée au travail. Ces matériaux amoureusement récoltés trouveront tout simplement leur place sur les étagères de jouets de votre enfant, rangés par catégories dans de petits paniers. Pensez aussi à proposer des matériaux dans votre jardin, si vous en avez un. Pour le reste, laissez faire la magie de l'enfance !

Matériaux Reggio : nappes, boutons, ustensiles de cuisine, papier d'emballage et papier cadeaux, bouchons de bouteille, chutes de bois, morceaux de jouets cassés, bocaux de verre, colle, rondelles de caoutchouc pour bocaux, rondelles métalliques de bricolage, émérillons...

Fréquentez les Emmaüs et les vides-greniers. Vous trouverez toutes sortes de trésors. Mettez votre famille à contribution pour récolter des éléments naturels locaux ou collectionner les flacons à épices vides...

Matériaux Reggio : toile de jute, étiquettes vierges, gommettes, post-it, dentelle, napperon en papier, lacets de cuir, ficelle, sacs en filet, clous...

Une chose est sûre : si vous virez un peu Reggio, cela ne devrait pas vous coûter bien cher !! Et cela vous fera une belle excuse pour garder toutes ces bouteilles de lait (oh, mais de si BELLES bouteilles, ce serait dommage de les jeter, n'est-ce pas ?) :-D

jeudi 12 décembre 2013

Panier phonologique

En début de semaine, alors qu'Antonin cherchait en vain la photographie de la poêle à frire dans son Imagier de toute l'année, je lui proposais de chercher dans l'index situé en fin d'ouvrage. Tout en parcourant du doigt la page des mots commençant par la lettre "P", je répétais entre mes dents "ppp...". Normal, quand on cherche un mot par ordre alphabétique, vous ne faites pas cela, vous ? :-D

"Pppp comme Poêle !", a déclaré Antonin, qui avait à coeur de m'aider un peu.

Ah. J'ai su alors que le moment était venu. Le moment de concocter un premier panier phonologique !


Pour cela, c'est très simple. Il faut un petit contenant, qui restera dédié à l'activité sur une looongue période, ce petit jeu étant à poursuivre (avec de multiples variantes) jusqu'à l'entrée en CP... et parfois au-delà !

Dans ce panier, j'ai rassemblé dix objets, issus de notre vie quotidienne, récoltés au hasard de mes trouvailles. Hasard ? Enfin, pas vraiment. Chacun des noms de ces objets comencent par un phonème différent ; de plus, si la majeure partie de ces objets sont bien connus d'Antonin qui sait les nommer (voiture, cheval, ciseaux, dé...), j'ai aussi glissé quelques objets familiers plus obscurs (anneau, élastique, ruban...). L'accroissement du vocabulaire est un objectif collatéral de ce petit jeu !

L'objectif principal, vous l'avez compris, est de déclencher chez l'enfant la prise de conscience des sons de la langue.

Mes deux enfants ont vraiment accroché. Oui, même Louiselle, qui n'entend goutte à la phonologie, mais s'amuse à répéter les drôles de sons que j'émets (Shhhh !) et à mémoriser les noms des objets. Et cette histoire de "Petit oeil" la met en joie !!"

Car voici comment les choses se passent : en théatralisant au maximum, je prends notre panier sur son étagère et dis : "Mon petit oeil... voit... un objet dont le nom commence... par le son "gu" !". J'accompagne le phonème du signe correspondant dans la méthode Borel-Maisonny qui, à mon sens, permet vraiment d'objectiver le son produit. Ce faisant, je saisis la gomme et la montre à mes enfants. "Gomme !, s'exclame Antonin, ravi. Ggggggomme !". Il a tout compris, mon Damoiseau. C'est vraiment le bon moment pour lui pour commencer cette activité !! Puis je passe à un deuxième objet.

Bien sûr, le contenu du panier varie légèrement au fil du temps. Il faut seulement veiller à panacher les sons initiaux des objets, et à laisser dans le panier, le temps nécessaire, les objets dont le nom n'est pas encore acquis.

Ici, les effets de ce nouveau jeu (qu'Antonin me réclame chaque jour) n'ont pas tardé à se faire sentir.

"Antonin, viens, tu as la peau irritée par le froid, je te mets un peu de crème sur les joues.", lui dis-je tout à l'heure après le déjeuner.

Antonin se laisse badigeonner de gras silencieusement et soudain :

"Crème", c'est comme "Crêpe" !", conclut-il joyeusement.

Une nouvelle ère s'ouvre à nous... ;-)