mardi 29 octobre 2013

Un week-end dans l'atelier

 
Aujourd'hui, j'aimerais vous décrire le plus fidèlement possible nos séances de "travail" dans l'atelier. Suite à cet article-ci et à celui-là, je reçois beaucoup de questions à leur sujet : à quoi sert exactement ce matériel bizarroïde, mi-montessorien, mi-on ne sait quoi ? N'est-ce pas trop demander à des enfants si petits que de travailler en plus du créneau scolaire ? Ou, au contraire, le temps passé sous les combles n'est-il pas ridiculement court, et tout ceci en vaut-il bien la peine ?

J'espère qu'un petit récit "comme si vous y étiez" de nos séances du week-end dernier (*) répondra à vos interrogations ! ;-)

En amont :

Il est évident qu'avant une séance, j'ai une petite idée des propositions que je pourrais faire. En l'occurrence, à la veille de notre week-end, je m'étais dit que :

1. Peut-être le manque d'intérêt croissant d'Antonin pour le découpage venait-il d'un besoin de redécouvrir l'activité à travers des outils et des matériaux nouveaux. J'avais donc préparé un petit plateau que je vous ai déjà présenté ICI.

2. Antonin me semblait prêt pour découvrir le deuxième bloc de cylindres (celui dont les blocs progressent à la fois en diamétre et en hauteur, le plus gros étant aussi le plus grand). Il n'a pas manipulé le premier bloc des centaines de fois (oh, non), mais toujours avec beaucoup de conscience et de concentration, s'appliquant à corriger la position de ses doigts si nécessaire, et prenant bien garde à ne pas empièter sur son tapis ! ;-)

Mais surtout je l'ai surpris la semaine dernière à désigner pour lui-même l'emplacement du cylindre avant d'essayer de l'introduire physiquement. J'ai donc improvisé un petit jeu : bloc et cylindres furents disposés sur deux tapis distincts, légèrement espacés, entre lesquels Antonin prenait place. Il devait ensuite choisir un cylindre et me désigner du doigt l'emplacement qui était le sien. Il était libre de toucher le cylindre et les emplacements pour évaluer leurs diamètres respectifs s'il le souhaitait, mais ne vérifiait en essayant d'encastrer la pièce que dans un second temps. Nous avons fait ce jeu plusieurs fois, et je dois dire que les erreurs furent très très rares ! :-O


Voici donc l'image que je me faisais de notre week-end : découpage et blocs de cylindre. Vous allez voir que j'avais tout faux.

Samedi :

Antonin entre dans la pièce et remarque immédiatement le nouveau plateau découpage que j'ai installé bien en évidence sur la table. Il s'empare des ciseaux, essaie (très maladroitement) de les ouvrir. Je tend le fil de laine devant lui. Il le coupe. Et puis encore une fois. Il y a donc deux brins de laine dans notre coupelle et le Damoiseau décide que c'est bien assez. Il range le plateau sur son étagère et n'y a pas encore retouché à ce jour !!

Je crois décidément qu'Antonin n'est pas encore prêt pour apprendre à découper ! :-D

Ensuite, Antonin est libre de choisir son activité. S'il décide de manipuler les cylindres, je sais que j'en profiterais pour lui présenter le nouveau bloc. Mais encore une fois, mon attente sera déçue...

Le Damoiseau jette son dévolu sur notre petit bol "à trésor" : il contient des chataignes, des noisettes, des fèves sèches, des coquilles d'escargot, et autres merveilles dont nous possédons trop peu d'exemplaires pour leur consacrer un panier entier. Il aimerait les manipuler, mais je le sens désoeuvré ; il cherche ce qu'il pourrait faire avec. Je lui présente son panier de chiffres rugueux, qui contient les chiffres de 0 à 3 (qu'Antonin sait tous lire à présent) et lui suggère "d'écrire" le chiffre de son choix avec son petit matériel. 


Cette petite activité (préliminaire à l'écriture des chiffres) lui a visiblement beaucoup plu, il s'est bien appliqué et a longuement admiré le résultat, mais n'a pas souhaité recommencer avec un deuxième chiffre.

Antonin avise ensuite le panier de pommes de pin, et décide spontanément de construire un petit train. Précautionnement, il aligne les cônes, veillant bien à ne pas laisser d'espaces entre eux. Ce travail commencé sur un tapis le déborde très vite complètement. Au bout d'un moment, le Damoiseau s'arrête et compte les pommes de pin (ben oui, laissez libre Antonin de faire ce qu'il veut et il s'exerce à la numération...) : 21 ! D'après ce que j'ai pu en entendre, il sait compter jusqu'à 27, avec quelques omissions/inversions néanmoins...


Tout de suite, il décide de mettre en correspondance des rondelles de bambou avec chacun des cônes. À la fin de cette tâche, durant laquelle il compte et re-compte allègrement, il me surprend à aller chercher juste le nombre de rondelles qui manque pour terminer le train. Bon. Mon Damoiseau est donc capable de se servir du nombre pour garder en mémoire une quantité. C'est excellent.

La séance de "travail" proprement dite touche à sa fin. Antonin exécute son cadre d'habillage une fois très rapidement, puis demande à dessiner... mais au bout de 5 minutes, je sens qu'il se disperse... Il faut dire qu'il est presque 18 heures !

Nous fermons l'atelier, et Antonin me fait promettre que je ne toucherai pas à son train avant le lendemain.

Durée totale de la séance : 20 minutes.

Dimanche :

Antonin est tout content de retrouver son train qui l'attend le lendemain. Il décide de complèter son travail en ajoutant, pour chaque ensemble cônes/rondelles, des cailloux, puis des coquillages. Il compte, compte, compte... en longueur (de 1 à 21) mais aussi en largeur (de 1 à 4). Vous ne pouvez pas me faire l'amer reproche d'avoir initié mon fils de deux ans et demi à la multiplication, car pour le coup, nous sommes, j'espère, bien d'accord pour dire qu'il s'y est initié tout seul ! :-D


Ensuite, Antonin attrape le matériel de numération que je lui ai fabriqué et dont je vous parlais ICI. Il l'aime beaucoup et s'en sert très fréquemment. Très vite les mises en paire "simples" pour lesquelles ces jeux avaient été créés l'ont lassé, et il en a inventé d'autres. Au début, il ne savait pas encore lire tout seul les chiffres de ce jeu-là :


Alors, il utilisait ce jeu-là pour s'aider :


Il lui suffisait de compter le nombre de points sous une écriture pour savoir ce que cette écriture symbolisait. Antonin a donc trouvé tout seul, parmi les outils à sa disposition, un moyen de résoudre sa difficulté du moment. Je n'y aurais pas pensé !

Bref, très vite, mixer toutes ces cartes pour des mises en paire géantes est devenue un de ses jeux favoris. Antonin place toujours une carte à côté ou sous une autre en m'expliquant pourquoi. Au bout de dix minutes, le résultat, fort complexe, peut paraitre un peu brouillon à toute personne n'ayant pas suivi la procédure...


... mais si vous observez attentivement, vous verrez que cela se tient ! :-D

Il faut prendre en compte ici ce qu'on appelle "la surcharge cognitive" : les dernières cartes (à droite) sont posées avec moins de rigueur que les premières (à gauche). Et bien sûr, oui, il y a quelques "erreurs"... que je me garde bien de pointer, comme toujours.

Après cet effort intense, construction de tours géantes en Lego ! Ce qui nous prit un temps certain, et fit "gonfler" la durée de la séance...

Durée totale de la séance : 50 minutes.

Si vous voulez mon avis...

Je trouve que ces séances durent juste ce qu'il faut ! Et il me semble que des apprentissages très précieux s'y forgent : respect du matériel, créativité, résolution de problème, capacité à prendre des décisions personnelles, amour de la manipulation et de la connaissance...

Je suis vraiment contente de ce que nous sommes en train d'y vivre, c'est vraiment du sur-mesure qui correspond à la manière dont fonctionne chacun des membres de cette famille !! Et que de plaisir ! Il faudrait que je puisse vous faire entendre la réaction de mes enfants quand je leur propose de "faire du petit tapis" !! 

:-D

(*) : Je précise à nouveau que le week-end, Antonin et moi nous rendons seuls à l'atelier, sans Louiselle qui reste avec son Papa.

lundi 28 octobre 2013

Apprendre à découper #2

(Le premier opus était ICI)


En s'exerçant à couper de la pâte à modeler, votre enfant a compris comment ouvrir et fermer les ciseaux. Après cette première phase de manipulation, son geste est sans doute encore imparfait ; peut-être même a-t-il encore besoin de s'aider de ses deux mains pour ouvrir les lames, mais le principe est appréhendé. Afin de relancer son intérêt et de l'aider à affiner son geste, vous pouvez à présent lui proposer de couper du fil.

Choisissez soigneusement votre matériel. Vérifiez bien en amont que la paire de ciseaux choisie coupe efficacement le fil de coton, de laine, la petite ficelle ou le fil dentaire que vous réservez à cet exercice !

Il suffit ensuite de préparer un petit plateau très simple : une pelote, une paire de ciseaux et un petit récipient destiné à recueillir les chutes de fil coupées. Expliquez à votre enfant que ces petits morceaux seront utilisés dans un collage, cela donnera plus de sens à l'activité.

Pour cet exercice, l'enfant a besoin de votre aide ; asseyez-vous bien face à lui, sur une petite chaise ou sur le sol, et tirez un segment de ficelle, que vous tendez bien devant lui, ni trop haut, ni trop bas. Il ne lui reste plus qu'à couper le fil en son milieu, à récupérer le fragment entre le pouce et l'index et à la ranger dans le bol. À moins qu'il ne manifeste le désir de couper et re-couper ce morceau en tout petits bouts d'abord ! ;-)

Plus tard, pour que l'enfant s'exerce seul, on peut scotcher de longs segments de ficelle sur un mur, ou nouer des boucles autour de dossiers de chaises.

Couper du fil permet à l'enfant d'acquérir petit à petit la nécessité de tenir les lames perpendiculairement au plan à couper, et lui apprendra à placer correctement le matériau  dans l'articulation des machoires.

À suivre ! ;-)

samedi 26 octobre 2013

Quels puzzles pour les 2 - 6 ans ?

Dédié à Clairette B. ;-)

Attention, l'article du jour est une commande. ;-)

Clairette, qui avait bien aimé ma progression d'encastrements 1er âge présentée ICI, m'a demandé si je pouvais réfléchir à une progression de puzzles pour des bambins un peu plus grands. "Pas de problème, bien sûr, c'est comme si c'était fait..." Sauf que je me suis rapidement aperçue que la tâche n'était pas aussi aisée qu'elle en avait l'air !

Pourquoi est-il difficile de proposer une progresion rigoureuse pour les puzzles s'adressant aux plus grands ? Parce que les objectifs-mêmes poursuivis par ces jeux se diversifient.

J'ai essayé de les recenser et de proposer une progression à l'intérieur de chaque compétence visée. Cela n'a pas été facile, et je gage que mon travail est incomplet et imparfait, alors n'hésitez pas à faire vos remarques dans les commentaires ! ;-)

1. Compétences strictement géométriques

A. Il s'agit de manipuler pour apprendre à reconnaitre, puis à nommer, des formes simples, et acquérir les notions de grandeur  :

Les encastrements géométriques sont des solides de bois, dont chacun différe des autres par au moins un attribut (tailles, formes, couleurs). Un classique des écoles maternelles pour trier, compter, et encastrer sur la base.

Plan Toys

Des formes géométriques aux couleurs vives s'encastrent dans des picots. Idéal pour amener l'enfant à prendre en compte un double critère : "Commençons par le carré  bleu. Vois-tu le cercle rouge ?", etc. Antonin est très fort à ce petit jeu depuis longtemps déjà !

Plan Toys

Ici, à travers la reconnaisance des formes, il s'agit ni plus ni moins d'une première approche de la fraction qui ne dit pas son nom... Il existe de nombreuses variantes de ce jeu, l'idéal étant de pouvoir varier les propositions que l'on fait à son enfant. L'enfant s'exerce, entre autre, à identifier les formes quelle que soit leur disposition, son oeil est entrainé à voir dans chacune d'elle autre chose qu'une figure monolithique, mais bien un ensemble de propriétés spatiales.

Plan Toys

B. Les jeux de reproduction de figures entrent aussi dans cette catégorie un peu "scolaire". En voici trois exemples, de difficulté croissante :

- Ici l'enfant reconstitue des figures sur des plateaux représentant de petites mosaïques. Les fameux "attrimaths" sont des jeux de ce type. Il s'agit ni plus ni moins d'une mise en paire de formes variées ! ;-)

Mosaïque, Melissa & Doug

- La version de Plan toys est plus complexe, puisque les figures à reproduire ne sont plus représentées sur le quadrillage, mais en dessous, en plus petit.

Mosaïque, Plan Toys

- Enfin, on trouve dans le commerce tout une gamme de jeux de tangrams, qui permettent, à partir de 4 ans, de travailler les compétences géométriques jusqu'à la fin de la scolarité primaire.

Tangram, Le comptoir des jeux

Bien sûr, tous ces jeux ne servent pas qu'à reproduire fidèlement des figures ; l'enfant découvre très vite le plaisir d'inventer les siennes propres ! Ce qui m'offre une merveilleuse transition pour introduire la catégorie de puzzles suivante... ;-)

2. Développement de l'imagination

Et si. Les puzzles, s'ils sont le matériel privilégié pour les acquisition spatiales, sont aussi un excellent support aux jeux imaginatifs. La merveilleuse gamme Grimm's l'a démontré, et je ne pouvais pas ne pas en parler. Voici une petite progression au sein des produits de cette marque.v 

Dans le puzzle ci-dessous, il n'y a pas d'aide tracée sur le support. Seule la dimension et la forme des pièces (et, dans une moindre mesure, leur couleur, encore que l'enfant soit finalement laissé libre dans ce domaine) indiquent où les placer :

Puzzle carré, Grimm's

Dans le puzzle suivant, ce sont les couleurs qui constituent l'aide : assemblez deux éléments d'une même couleur (mais d'une nuance différente), et vous verrez apparaitre la silhouette de la troisième forme à encastrer.

Puzzle formes, Grimm's

Mais dans tous ces puzzles, les pièces peuvent être détournées et utilisées pour créer des mondes, inventer d'autres figures ou jouer avec les éléments comme avec de petits cubes ! ;-)

L'écureuil, Grimm's
 
Aucune aide n'est proposée à l'enfant, ce qui range d'emblée ces jeux dans les puzzles "difficiles". La version "Coq" est encore un peu plus complexe car nettement moins figurative au premier abord...

Le coq, Grimm's

3. Apprendre par la vue et le toucher

Le puzzle, c'est LE jeu visuel et tactile par excellence. Et bien sûr, il serait dommage de s'en priver pour les apprentissages de tout poils...

C'est ainsi que les puzzles sont appelés à la rescousse pour apprendre à reconnaitre les lettres...

Long puzzle alphabet, Goki

L'alphabet, Goki

... les chiffres...

Les chiffres, Goki

Compter sur ses doigts, Edufun

Apparier nombre et quantités, Melissa & Doug

... les lois mécaniques...

Puzzle engrenages, Plan Toys
... la géographie...

L'Europe, Goki

... la botanique...

L'arbre, Montessori spirit

... la zoologie...

L'oiseau, Productos Montessori

... et j'en passe !

4. Et pour finir...

Si vous souhaitez proposer à votre enfant des puzzles à la difficulté croissante, il vous faudra prendre en compte :

- Le nombre de pièces : plus il y en a, plus le puzzle est difficile.

- La taille des pièces : plus elles sont petites, plus le puzzle est difficile.

- Les aides éventuelles : le dessin est-il reproduit sur le support ? Ou le contour des pièces est-il tracé ? Ou bien l'enfant ne dispose-t-il d'aucune aide ? 

Voici mes petits coups de coeur personnels prenant en compte les thèmes favoris de mes enfants (animaux et véhicules), si cela peut vous inspirer...

Les animaux de la ferme, Vilac, 2 pièces

La vache, Goula, 4 pièces

Animaux & co, Djeco, 6 pièces

Les véhicules, Melissa & Doug, 12 pièces

Les animaux de la ferme au pré, Ravensburger, 15 pièces

Attention, travaux !, Ravensburger, 20 pièces

Les animaux du monde, Ravensburger, 30 pièces

Les animaux de la savane, Goki, 48 pièces

La bande de copain, Ravensburger, 60 pièces

Le chantier, Goki, 96 pièces

Il y en aura quelqu'uns au pied du sapin ! ;-)

jeudi 24 octobre 2013

Est-il possible de proposer des activités à son enfant sans surcharger sa journée ?

Dédié à Franouch H. ;-)


En ce moment, nous avons vraiment besoin, chez nous, d'avoir une certaine routine quotidienne. Cela tient principalement, je pense, à l'âge de mes enfants. Je ne suis pas personnellement quelqu'un de routinier (oh, non !) et si on m'avait montré la vie que j'ai aujourd'hui il y a quelques années, je crois que j'aurais hurlé d'ennui ! Mais voilà : en ce moment, elle me va plutôt bien, ma vie ! ;-)

Depuis la naissance de mes enfants (et encore plus, sans doute depuis la rentrée d'Antonin), je réfléchis beaucoup aux activités que je veux leur proposer et à la temporalité dans laquelle elles s'inscrivent. Voici les quelques principes qui, de façon d'abord inconsciente, plus de plus en plus réfléchie, ont toujours guidé mes choix :

- Mieux vaut moins que plus. Proposer trop de choses à son enfant (en terme d'objets comme en terme d'activités) incite au zapping, au découragement, à l'ennui.

- Idéalement, le rhytme doit provenir de l'enfant lui-même

- L'enfant doit avoir le temps de jouer librement et de se reposer, et ce, autant de fois que nécessaire dans sa journée.

- Chaque journée doit comporter un temps de jeu "familial" durant lequel les parents s'assoient sur le tapis à hauteur d'enfant et se laissent entrainer par lui dans une activité de son choix.

- Pas une journée, quel que soit le temps, sans mettre le nez dehors

- Les arts plastiques sont pratiqués tous les jours (peinture, modelage, dessin, collages, projets divers).

- Un maximum d'histoires est lu chaque jour. 

- J'ai besoin de temps pour moi (pour écrire !). :-D

- J'ai des impératifs moins rigolos mais non moins négociables, en terme de tâches ménagères (gérer le linge, la vaisselle, les repas et le ménage quotidien) qui doivent être effectuées chaque jour. J'essaie, dans la mesure du possible, d'y associer mes enfants.


Juste derrière ces priorités quotidiennes, viennent des activités dont j'aimerais vraiment qu'elles fassent partie de la vie de mes enfants, sans pouvoir les proposer quotidiennement :

- Tout ce qui concerne la musique, que ce soit la pratique d'instruments ou du chant, l'apprentissage de petites comptines et jeux de doigts.

- La danse et le yoga.

- Les activités de Vie pratique.

- Des expériences sensorielles (Je ne parle pas ici de l'usage de matériel sensoriel montessorien, que l'on présente assez tard. Pétrir une pâte à pain, jouer dans l'eau ou le sable, etc., sont des expériences sensorielles).

- Des séances de cuisine et de jardinage organisées en amont en fonction de ce que mes enfants peuvent faire et savent faire seuls.

Cette liste ci-dessus, contrairement à la première, évolue en fonction de l'âge de mes enfants. Il est évident que je ne proposais pas à Louiselle de cuisiner lorsqu'elle avait 6 mois, et que dans quelques mois, les marionnettes et les déguisements en feront partie !


Voici à présent comment se déroule une journée - type chez nous :

Le  début de la journée :

Antonin prépare sa bouillie et celle de sa soeur, les enfants déjeunent puis je vais changer Louiselle pendant que le Damoiseau joue aux petites voitures dans le salon. Antonin a besoin de jouer aux petites voitures dans le salon le matin ! À tel point que j'ai beaucoup de mal à l'entraîner dans la salle de bain pour qu'il s'habille et fasse sa toilette. Pendant que je m'occupe d'Antonin, Louiselle est capable de jouer seule à l'étage des chambres ou dans le salon. Généralement, le matin, mes enfants ne demandent qu'à jouer tranquillement, chacun de leur côté, et j'appuie notre organisation là-dessus.

Le matin, Antonin est très verbal : c'est comme ça, c'est un vrai moulin à paroles au réveil ! Pendant que je bois mon thé, nous lisons beaucoup d'histoires. Louiselle est très demandeuse également, et traverse la pièce 25 fois pour ranger très sérieusement les albums lus et revenir avec les bras chargés de nouveaux livres !!

Quelque chose d'important auquel je ne songe généralement que trop tard : penser à manger quelque chose de solide. Bon. Et souvent m'occuper du linge (l'étendre ou lancer un sèche-linge en fonction du temps).

La première partie de la matinée :

Elle commence par une ballade. J'aime sortir le matin, le plus tôt possible. Il y a moins de voitures qui circulent, et il y a un "je ne sais quoi" dans l'air qui disparait assez vite au fil des heures. Si Antonin va à l'école, l'accompagner constitue notre sortie. Sur le chemin du retour, je fais marcher Louiselle.

Au retour (les mercredis et les vacances, il est déjà 10h30 environ), les enfants se partagent un fruit. Depuis la rentrée, j'ai dû déplacer le repas du midi de 11h30 à 12h, alors je prévois une collation pour qu'ils tiennent le coup. S'il est à l'école, Antonin y prend aussi un léger goûter.

La seconde partie de la matinée :

C'est l'heure pour une activité dans notre atelier ! Ah, vous l'attendiez, n'est-ce pas ?

Lorsque j'ai le temps, je prépare, an amont, ce que j'appelle une "proposition" (en voici un exemple ICI). Les enfants découvrent, en entrant dans la pièce, des matériaux disposés d'une manière attractive qui incite à l'activité libre. Il peut s'agir d'activités montessoriennes, artistiques, ou de quoi que ce soit qui me passera par la tête ! ;-)


Lorsqu'ils se lassent, libre à eux de se tourner vers le matériel laissé à leur disposition : jouets, foulards, matériel créatif (nécessaire à dessin, pâte à modeler et compagnie), étagère emplie de matériaux naturels et de quelques plateaux plus ou moins montessoriens.

Lorsque l'excitation monte, nous rangeons, et je fais la plus grosse partie de mon ménagé quotidien - assisté ou non par les enfants, selon leur désir.

Repas et sieste :

Le repas du midi se compose toujours de restes. À défaut, j'ouvre une boite de légumineuses ou je cuis une céréale. Le repas du soir sera plus élaboré ! Repas, toilette, puis sieste. Pendant ce temps, j'écris. Si Antonin n'a vraiment pas sommeil, c'est qu'il est capable de rester calme et je lui explique que j'ai besoin de temps pour moi. Il reste dans le salon pour jouer.

Après-midi :

Après le réveil, le goûter.

Puis deux options : soit le temps le permet et les enfants sortent jouer au jardin. Il arrive alors fréquemment qu'ils y restent qu'à l'heure du dîner !


Soit il ne fait vraiment pas beau ! C'est rare, j'ai une acception assez large du "beau" temps : "Oh, il pleuviotte, chouette, on peut sortir !", "Hé, il ne fait que moins 18, et en plus le soleil brille ! Tout le monde dehors !!". Mes enfants sont complètement d'accord avec moi : le mauvais temps n'existe pas... à condition d'être dûment équipé.

Bon, si vraiment c'est la tempête, nous retournons dans l'atelier, pour une séance analogue (mais jamais identique !) à celle du matin.


Il y a des moments assez chaotiques (lorsque les deux enfants veulent le même matériel et se mettent à hurler...) et d'autres absolument parfaits, où chacun vaque (même moi !) dans un calme absolu. Ces moments d'atelier, qu'ils aient lieu le matin ou l'après-midi, durent environ une demi-heure, et jamais plus de 45 minutes.

Lorsque l'excitation monte, nous fermons l'atelier. Les enfants peuvent jouer dans leurs chambres ou dans le salon. C'est le moment où je m'asseois avec eux pour que nous jouions ensemble. Si les enfants ne sont pas inspirés (c'est rare...), je sors un jeu de construction.

Vers 17h, je commence à préparer le dîner, doucement. Je commence aussi à songer à ce qui me reste à faire en terme de tâches ménagères. La fin de journée se déroule dans un va-et-vient entre mes activités et mes interventions auprès de mes enfants, qui commencent à être fatigués. C'est le moment de lire quelques histoires, sortir quelques instruments de musique, ou le livre de yoga, ou de lancer la confection d'un gâteau... Entre ces petits temps d'activités communes, les enfants jouent librement, ensemble ou chacun de leur côté.

Le soir : 

Le bain a lieu à 18h00, et les enfants dînent vers 18h30. S'ensuit un court temps de jeu dans les chambres, et les rituels des couchers, incluant écoute musicale et lectures d'albums. Extinction des feux peu après 19h30.

 Quelques remarques :

- Il ne vous a pas échappé que si Antonin va à l'école le matin et qu'il ne pleut pas l'après-midi, le Damoiseau ne se rend pas à l'atelier de la journée. Je trouve cela très bien !

- Mes enfants adorent aller dans l'atelier. Je crois que cette pièce leur parle profondément, ils ne s'y ennuient jamais. À chaque fois que je propose : "Vous voulez "faire du petit tapis" ?" (expression inventée par Antonin que tout le monde s'est approprié ici), c'est la liesse totale. Louiselle en particulier se rue dans les escaliers en clamant : "'Apis ! 'Apis !!".

- Il m'est très difficile en semaine de réussir à caser les activités de ma seconde liste, auxquelles je tiens cependant beaucoup. Je fais un effort dans leur sens le week-end, lorsque nous sommes deux adultes pour gérer les enfants et la maisonnée, je trouve cela plus facile !!

- Au cas où vous vous le demanderiez : je ne tiens pas un relevé de nos activités hebdomadaires (type : ""Jardinage", c'est fait, je peux cocher la case..."), mais avoir listé ce qui est prioritaire dans l'éducation que je veux donner à mes enfants m'aide vraiment à varier les activités ("Cela fait longtemps que je n'ai pas jardiné avec les enfants. Je vais attendre qu'ils soient disponibles pour que nous plantions ces fraisiers ensemble.").

- Deux fois par semaine, le samedi et le dimanche, lorsque son Papa peut s'occuper de Louiselle, je me rend seule avec Antonin dans l'atelier pour qu'ils puisse manipuler son matériel sans avoir sa soeur dans les jambes.

- Je crois que ce rythme nous convient tout à fait, et j'espère vous avoir convaincu qu'il est possible de proposer des activités dans un cadre structuré à son enfant sans surcharger sa journée (oui, ici, le fait d'avoir un espace dédié aide beaucoup...) !

What do you think ? ;-)

Soupe complète aux couleurs d'automne

Dédié à DdM. ;-)


J'aimerais disposer d'une recette de soupe-repas qui plait à mes enfants par saison. La version "été" a déjà été publiée ICI, et voici à présent ma suggestion d'automne. Enfin, à vrai dire, il s'agit d'une recette "toutes saisons", puisque les ingrédients qui la composent sont disponibles en permanence... Mais sa couleur, réchauffante et vitaminée, et sa texture, ni trop épaisse ni trop aqueuse, correspondent tout à fait à l'ambiance du moment, vous ne trouvez pas ?

Allez une bonne soupe complète, une compote et au lit ! ;-)


Soupe complète aux pois chiches et aux épices oranges

Ingrédients :

- 1 oignon
- 2 carottes
- 2 branches de céleri
- 1 petite patate douce
- 1 gousse d'ail
- 1 verre de petit épeautre mondé (en vente en magasin bio)
- 1/2 CC de curry
- 1/2 CC de curcuma
- 2 CS d'algues en paillettes (facultatif)
- 3 CS d'huile d'olive
- 1 bouillon cube aux légumes (ou 1 litre de bouillon maison)
- 1 petite boite de pois chiches
- 1 petite boite de tomates pelées au jus
- 20 cl de crème liquide (animale ou végétale)
- Sel, poivre

Préparation :

Épluchez les légumes (oignon, carottes, branches de céleri, patate douce, gousse d'ail) et découpez-les en tout petits morceaux. Dans une cocotte en fonte, faites-les revenir quelques minutes dans l'huile chaude additionnée des épices.

Lorsque les légumes commencent à s'attendrir, ajoutez le petit épeautre. Salez, poivrez, laissez grillez quelques instants en remuant avec une cuillère en bois.

Versez le bouillon chaud (ou 1 litre d'eau additionnée du bouillon cube) dans la marmite, ainsi que les algues si vous en utilisez. Laissez cuire 30 minutes à découvert.

Ajoutez les pois chiches rincés et la boite de tomates. Ramener à ébullition, puis couvrez et laissez mijoter 10 minutes supplémentaires.

Avant de servir, ajoutez la crème. Vous pouvez également ajouter de l'eau si vous trouvez la texture trop épaisse.

En cas de gros appétit, dégustez cette soupe avec une tartine de beurre, de fromage ou de pâté végétal, c'est un régal !

Bon appétit ! ;-)

mercredi 23 octobre 2013

Louiselle en pince pour la Vie pratique !


Vous le savez, je suis à la recherche de plateaux montessoriens que je puisse laisser à la disposition de mes deux enfants... Je commence donc les présentations de Vie pratique auprès de Louiselle, bien qu'elle n'ait que 17 mois. 

J'ai décidé de débuter par ses pinces à linge adorées (elle sait même dire "pince à linge" !), et cela n'a pas loupé : elle a accroché, à 100% !


Il s'agit d'une activité que je vous avais déjà présentée ICI, mais qu'Antonin délaisse depuis longtemps. En espérant que la vue de sa soeur lui donne envie de s'y remettre, je tiens donc mon premier plateau !! Yeeaaah ! :-)

mardi 22 octobre 2013

Promenade... intérieure


Avec les vacances, nos promenades matinales ont repris tous les jours. À présent que Louiselle marche, je la sors de sa poussette dès que mes enfants manifestent l'envie de s'arrêter quelque part et de jouer. "Jouer" en promenade, cela veut dire jouer à marcher, à escalader, à sauter, à courir, à lancer des cailloux dans les flaques, à grimper dans la poussette et à se faire pousser par celui qui n'y est pas, etc. Des jeux très moteurs, mais durant lesquels, finalement, mes enfants restent dans un espace donné. Une halte motrice, si vous voulez ! ;-)

Ces sorties sont très salutaires pour moi aussi, et en période scolaire j'ai souffert de ce que nous ne les vivions plus que le mercredi (le week-end ayant un rythme qui lui est propre qui n'est pas celui de la semaine où je suis seule avec les deux enfants). Ces promenades sont une véritable parenthèse dans ma journée durant laquelle je n'ai pas à me baisser cinquante fois pour ramasser des trucs épars, ni à vérifier qu'aucun enfant ne tourne autour de la gazinière pendant que le repas mijote, ni balayer la cuisine trois fois de suite alors que Damoiseau et Damoiselle vont de la maison au jardin (avant d'abandonner et de m'en vouloir pour tout ce temps perdu pour un peu de boue), etc. Il y a un côté très "Petite maison dans la prairie" à observer ses enfants, plein de santé et d'énergie, crapahuter dans tous les sens en criant de joie.

Bien. Oui. Mais il faut dire aussi... que parfois, je m'ennuie un peu. C'est vrai, moi, j'aime marcher. Rester plantée là à regarder, bon, ça va cinq minutes, quoi.

La temporalité des adultes et des enfants n'est pas la même. Vous leur demandez de se brosser les dents trois minutes et ils ont l'impression qu'ils seront devenus des vieillards avant d'avoir terminé. Ils vous demandent de rester "encore un petit peu, Maman !", et vous vous mettez à regarder l'heure toutes les cinq secondes en piétinant.

Je me suis fait une règle de ne donner le signal du départ que lorsque je perçois les premiers signes d'énervement et de fatigue. Cela doit venir des enfants, pas de moi. Reste que parfois, ces séances durent. Et j'en suis en fait profondément ravie, si seulement je pouvais trouver une occupation !!

J'en ai trouvé une : je nettoie. J'emporte désormais un sac en plastique avec moi et pendant les jeux des enfants, je ramasse les vieux paquets de clopes détrempés, les capsules rouillées ou les éclats de verre. Les endroits qu'affectionnent Antonin et Louiselle sont visiblement prisés aussi par une folle jeunesse qui éprouve le besoin de marquer son territoire sans se préoccuper d'écologie. Je nettoie. Au moins, comme ça, mes enfants peuvent ramasser des petits cailloux sans risquer de s'entailler la main. Bien. Je dois avouer que cela ne me change guère de mes activités domestiques (oui, se baisser cinquante fois et compagnie), mais quoi. Chasser le naturel... Il faut dire tout de même que je suis drôlement fière quand je constate qu'un emplacement de nature a été nettoyé par mes soins ! ;-)

Ce qui devait arriver arriva : à présent, nos petits coins préférés sont à peu près propres. Me voilà donc revenue à la case départ. Qu'est-ce que je pourrais bien faire à présent ?

Pendant une de ces matinées où je faisais donc le piquet, en suivant d'un oeil attendris les gambades de mes enfants, mes cours hebdomadaires de sophrologie me sont revenus dans le corps. C'est vrai, finalement. Alors même que j'ai conscience qu'il s'agit là d'un des meilleurs moments de ma journée, je m'ennuie. Et si je m'appliquais à accueillir le présent, tout simplement ? Et comme cela relève d'une véritable technique, il est certain que cela va me désennuyer.

Nos enfants, nous les aimons. Tout le temps, inconditionnellement. Tellement fort que nous n'y pensons pas souvent. C'est tellement évident. C'est un peu comme de respirer. C'est quelque chose avec quoi nous vivons en contact permanent - et que nous ne sentons plus vraiment.

Louiselle, 2 mois, et sa Maman :
une belle séance d'amour intentionnel !

Le but de ma méditation est donc tout trouvé : aimer intentionnellement mes enfants, qui, sous mes yeux, déploient leurs jeunes forces dans un cadre verdoyant. On peut imaginer pire comme exercice, non ? ;-)

Si l'aventure vous tente, voici un bref déroulé des différentes étapes. Il est évident qu'un peu d'entrainement est nécessaire pour parvenir à la conscience pleine du moment présent et des sentiments positifs qu'il suscite en nous. Mais la première étape a déjà beaucoup à apporter, et permettra de passer bien des minutes ! ;-)

1. Je m'enracine. Nous sommes dehors, rien n'est plus facile. C'est un exercice qui me parle beaucoup, et m'apporte immédiatement un sentiment de sécurité intérieure. J'applique consciemment la plante de mon pied contre le sol (enfin, contre ma chaussure), je la déroule ; j'imagine que des racines partent de mes talons et de chacun de mes orteils pour s'enfoncer dans le sol. Je prends le temps de les visualiser dans leurs moindres détails. Et puisque mes enfants s'ébattent sous mes yeux, je songe aussi à mes racines familiales - finalement, ce sont elles.

2. Je respire. D'abord, j'observe ma respiration (toujours très imparfaite chez moi qui respire par la bouche...), puis je la modifie à mon rythme pour me relaxer. Au fur et à mesure qu'elle devient plus profonde, je prends conscience de cet incroyable pouvoir que j'ai sur mon corps. En observant mes enfants, je m'applique à imaginer que l'air pénétrant par mes sinus, et ressortant entre mes lèvres a une énergie spécifique, qui correspond à ce que je vis : "énergie" de Louiselle gravissant de vieilles marches, "détente" d'Antonin qui fait une pause en observant une fourmi, "chaleur" du soleil qui se réverbère sur la peau de mes enfants, "fraicheur" du vent qui rebrousse leurs cheveux... Cette respiration qui est mienne, mais tout habitée du spectacle auquel j'assiste, je la prends elle-même comme objet de concentration. Et je l'utilise aussi pour observer comment mes pensées naissent et s'enchaînent. Quand je me rends compte que je suis en train de me dire : "Louiselle est sur la poussette, mais Antonin aimerait y être aussi", ou d'évaluer : "Mon garçon est trop mignon avec ce petit manteau", je reviens à la contemplation et à la réception de la sensation. J'essaie de ne faire qu'un avec ma respiration. Je me sens vivre. Je sens l'amour qui m'habite à l'égard de mes enfants.

3. Je me focalise sur mes sens. Bon, en l'occurrence, ne pouvant piocher un bambin pour le machouiller, l'humer, ni même le caresser, je me contente d'écouter et de regarder. Il y a tant de sons à entendre ! Le bruits des graviers qui crissent sous la semelle de Louiselle, le pépiement d'un oiseau, le craquement des feuilles sous les roues de la poussette, le bruit d'un caillou lancé, ou d'un bâton... Je laisse mon regard s'attarder sur les couleurs des vêtements de mes enfants, sur les formes de leurs silhouettes. Je prends le temps de voir ce qui les entoure, le sol, les talus, les plantes, les maisons alentour et au-delà... Je pose mon regard le plus loin possible, sur la montagne à l'horizon, sur l'infini derrière... Je reviens au petit doigt que Louiselle me brandit pour un bisou magique...

4. Je reviens dans mon corps, pour y réperer une tension, une douleur. Il y en a toujours ! ;-)
Sur l'inspiration,  je me remplis de tout ce que la scène à laquelle j'assiste a de positif pour moi (les couleurs automnales, les rayons de soleil sur les peaux encore bronzées de mes enfants...) ; sur l'expir, je diffuse toute cette chaleur sur la zone douloureuse. C'est incroyable comme cet exercice fonctionne bien, et me délivre de mes maux de dos ! Cela me bluffe toujours de constater le pouvoir que nous avons sur nos douleurs...

5. Suit un moment de bien-être total, durant lequel je sens mon corps et je sais ma posture. Alors, forcément, pendant tout ce temps, je continue à bouger. Pour suivre le rythme de mes bambins qui se déplacent, pour tendre une main secourable le cas échéant. Mais j'ai conscience de tous les signaux des capteurs résidant dans mes muscles, mes tendons, mes os, qui croisent leurs informations avec celles données par les sens de la vue et de l'équilibre. Qui disait tout à l'heure qu'il s'ennuyait à être là ? ;-)

6. Je laisse tomber ma vigilance étriquée. Je suis attentive, c'est-à-dire ouverte. L'objet de ma concentration peut être ma respiration ou le mince flux de cailloux qu'Antonin verse dans ce trou d'eau.

7. Je choisis mes pensées. Je les observe et je me dis que je ne suis pas obligée de croire ce que certaines me disent ; la plupart sont issus d'une construction décrochée de toute expérience. J'observe les pensées qui reviennent de manière récurrente...

8. J'éprouve de la gratitude envers cette petite mèche de cheveux, mal coupée par moi, qui vole dans le mouvement de mon enfant, envers cette petite main si parfaite, avec le bon nombre de doigts qu'il faut, qui s'ouvre et se referme impeccablement, envers ces deux paires d'yeux merveilleux, envers ces petites oreilles si bien ourlées... Je visualise (dans la mesure où mes piètres connaissances scientifiques me le permettent) le travail des cellules et des organes dans leurs petits corps tout neufs. Je perçois les liens entre eux et moi (et dire qu'il y a quelques mois ils étaient dans mon ventre !), l'interconnection de toutes choses...

J'adore nos promenades du matin ! :-D