vendredi 28 juin 2013

Cartes de nomenclature : les fruits et légumes d'été


Pour fêter l'été et ses maximales de moins de 20°C ...
Voici les cartes de nomenclature des fruits et légumes de saison à télécharger en version modifiable ICI et en Pdf ICI.

Aucun des imagiers sur le sujet que nous avons eu entre les mains ne respectait la saisonnalité... Il est pourtant évident que les mûres n'évoquent pas grand chose au mois de décembre à un enfant de deux ans qui ne se souvient plus en avoir mangé quatre mois auparavant...

Confectionner moi-même les imagiers de mes enfants me permet de pallier cette difficulté. Le thème de la nourriture, et donc des fruits et légumes, a déjà été largement abordé dans nos cartes de nomenclature, mais je me suis aperçue que la sélection était clairement d'automne-hiver ... Normal, étant donné la saison à laquelle je les avais fabriqués ! ;-)

J'ai essayé de trouver si possible des photos représentant les fruits et légumes entiers et en coupe. Au détriment parfois de la qualité, excusez les quelques images pixelisées... :-(

Reste à présent à inviter tous ces fruits et légumes à notre table avant l'automne, car la connaissance d'un aliment ne peut pas ne pas passer par les sens !! Si Maria Montessori avait su que grâce à elle, nous allions manger varié comme jamais... ;-)

jeudi 27 juin 2013

Les couleurs : séquence 3


(Pour les retardataires, la séquence 1 est ICI, et la séquence 2, ).

Trois mois passés sur la séquence 2, et trois jours sur la séquence 3... Que dites-vous de cela ? ;-)

C'est qu'elles n'ont pas du tout les mêmes objectifs, ces séquences : la séquence 2 était une séquence d'apprentissage, et apprendre est un processus long. À présent que la marche est gravie, pensez-vous que l'on commence aussitôt à escalader la suivante ? Non, pas du tout. On s'assoit, on reprend son souffle et on profite du paysage. Pas trop longtemps, mais tout de même. La séquence 3 est la récompense après l'effort d'apprendre, c'est la phase de réinvestissement ludique. Et puis dans la foulée, on en profite pour organiser une petite trace écrite, histoire de se dire que l'on sait que l'on sait. :-D

Puisqu'Antonin connait à présent parfaitement ses couleurs primaires, il en parle, et c'est bien normal. Quel plaisir de pouvoir dire : "Le camion est jaune.", "La poubelle est bleue." ! Quel pouvoir sur le monde !!

Saisissant la balle au bond, je les ai proposé de partir à la chasse d'objets jaunes, puis bleus, puis rouges, à travers toute la maison. Je lui ai expliqué qu'à chaque fois qu'il trouvait un objet de ces couleurs, j'allais le prendre en photo pour constituer une affiche.


La "chasse" a duré plusieurs jours. 


Et nous nous sommes retrouvés avec plein plein plein de photos.


Je les ai fait défiler sur l'écran de l'ordinateur devant Antonin afin de noter et de sélectionner celles qui déclenchaient le plus de réactions verbales. Quelques impressions et coups de ciseaux plus tard, le Damoiseau a trouvé 18 images étalées sur la table tout à l'heure en se réveillant de sa sieste. Nous sommes restés quelques minutes à les observer. Puis, comme parallèlement Antonin avait peint du carton ondulé pour constituer les fonds, il ne lui restait plus qu'à trier : chaque image sur sa couleur... Trop facile ! ;-)


J'ai tout de même donné un tout petit coup de main pour appliquer la colle... et j'ai aussi veillé à ce que les photographies ne se chevauchent pas les unes les autres.

Et voilà trois affiches qui resteront accrochées quelques semaines dans sa chambre... jusqu'à ce qu'Antonin s'en lasse et qu'elles ne servent plus à le faire parler sur tous ces objets familiers !

La séquence 4 se profile... Mais comme il s'agit à nouveau d'une "marche" à franchir et non d'une petite pause, il vous faudra l'attendre sans doute un peu plus longtemps ! ;-)

mardi 25 juin 2013

30 mois !


La première prédiction que j'entendis, alors que je venais d'apprendre que j'étais enceinte d'Antonin, quant à sa date problable de naissance, fut : "Votre enfant naitra le 27 décembre." Ce à quoi je répondis, catégorique : "Impossible, c'est le jour de mon anniversaire". 

Non mais c'est vrai quoi. Deux anniversaires à fêter le même jour, et puis quoi encore.

Ensuite, les médecins furent bien plus conciliants ; après échographie, la date estimée fut grandement avancée au 14 décembre, ce qui me convenait bien plus.

Quelques mois plus tard, je déménageais. Alors, il semblerait que selon les régions de France, les temps de gestation soient plus ou moins longs. Dès mon premier examen isérois, l'équipe médicale se récria : "Mais pas du tout ! Cet enfant naitra le 20 décembre !!"

Verdict ?

Le Damoiseau choisit de naitre le matin  de Noël. Le premier médecin était le plus proche de la vérité, finalement, et j'aurais en fait préféré qu'il ait raison sur toute la ligne...

Car c'est sûr : avoir tous ses cadeaux le même jour, puis plus rien pendant un an, c'est nul. Surtout quand on a moins de 10 ans, et que les centres d'intérêt changent si vite.

C'est pourquoi nous avons décidé qu'Antonin ne recevrait pas de cadeaux pour son anniversaire. Enfin, si, mais rien que de très symbolique. Par exemple, pour ses deux ans, il reçut... un jeu de trois entonnoirs gigognes colorés, le genre de truc que l'on trouve dans les Foir'fouilles à 2 euros. Un excellent choix, par ailleurs, qui sert tous les jours pour les versés dans le bain, mais bref.

Pour compenser, nous fêtons dignement son demi-anniversaire, le 25 juin. Et cela tombe bien. Cette année, après avoir vécu l'anniversaire de sa soeur, puis la fête des mères, puis la fête des pères, Antonin a commencé à réclamer sa fête, à lui aussi. J'étais toute heureuse de pouvoir lui répondre qu'elle arriverait bientôt !


Pour faire de ce jour une journée un peu particulière, nous sommes retournés nous promener et pique-niquer au zoo. Dommage que Louiselle ne sorte qu'à peine d'une  roséole et qu'elle soit en pleine poussée dentaire (elle a été adorable, ceci dit, quoiqu'un peu éteinte). Dommage surtout qu'il ait fait si froid. Dommage enfin que nous soyons partis trop tard, et qu'Antonin, épuisé, ait terminé la visite sur une grosse colère. Mais tant pis. Nous y retournerons l'année prochaine, et comme nous progressons chaque jour dans notre métier de parents, ce sera de mieux en mieux. ;-)


Antonin avait réclamé un "GROS gâteau au chocolat". Je suis ravie qu'il puisse commencer à exprimer ses envies et je me suis appliquée à répondre à la commande. Antonin, en s'éveillant de la sieste, a décoré le gâteau lui-même avec de petits bonbons colorés (qui ont eu finalement plus de succès que le gâteau lui-même...). Trouvant que cela donnait à l'oeuvre un drôle d'air, je l'ai dotée d'yeux pour en faire un gâteau-bonhomme bien sympathique.


Antonin a souflé les bougies une bonne douzaine fois, ce qui lui fait donc environ 24 ans à ce jour. ;-)

Et voici les cadeaux que nous lui avions amoureusement choisi :


- L'inventaire illustré des fruits et des légumes, E. Tchoukriel, V. Aladjidi, Albin Michel jeunesse.

- Un déguisement de tigre, facile à enfiler tout seul.


Et le cadeau-maison, me demanderez-vous ?? Ah, bah, le problème avec les cadeaux faits main, c'est qu'ils ne se font pas tout seul (...) et je suis donc un peu en retard... Mais le Damoiseau ayant manifesté très clairement le désir de sa P'tite vache de posséder une couche à sa taille, je suis donc en train de potasser la chose ! :-)

lundi 24 juin 2013

Une journée en 20 détails





















Incorrigible

Je suis incorrigible...

Depuis des mois, c'est le même manège : à chaque fois qu'Antonin dessine, Louiselle se précipite sur ses feutres. Malgré notre vigilance, elle arrive toujours à en chiper un, à le décapuchoner, et, en tâchant laborieusement de remettre le bouchon, se couvre les mains de feutre, et écrase la mine au passage. Sans compter qu'elle s'exerce à dessiner, aussi : les tables basses et les tapis se retrouvent zébrés de traces d'encre...

Alors, je dis : "Non, Louiselle", "C'est à ton frère", "Tu es trop petite", "Stop Louiselle"...

Stop moi-même.

Voilà que sortent de ma bouche toutes ces phrases détestées que je m'efforce à longueur de journée de ne pas dire...

"Ah mais oui, s'exclame une petite voix en moi, mais on ne peut pas non plus tout laisser faire !! Je ne peux quand même pas passer mes journées à lui laver les mains, à cette petite !! Et mes sols, mes tables, mes tapis ?? Sans compter qu'Antonin, ça ne lui plait pas trop à lui, que sa soeur lui prenne ses affaires..."

Il y a toujours une solution, et en l'occurrence, la voici :


J'ai récupéré trois feutres que l'on avait oublié de jeter : ils ne fonctionnent presque plus et leur mine est toute écrabouillée. Leurs capuchons ont été tant et tant mis et remis qu'ils sont faciles à clipser.

Et voilà.

vendredi 21 juin 2013

(Com-) préhension


La préhension fine participe pour beaucoup au développement global de l'enfant. Et les meilleurs jouets pour bébés sont ceux qui leur permettent d'exercer leurs mains et leur offrent l'opportunité de saisir, lâcher, glisser, rectifier, secouer, caresser. Il s'agit la plupart du temps d'objets fort simples, du grelot attaché à un ruban que l'on propose au bébé qui ne sait pas encore se retourner, au monnayeur en joli bois clair (à moins qu'on ne décide de le confectionner soi-même dans un récipient quelconque).


C'est la main qui est le véritable professeur de l'enfant. C'est en fixant son attention sur le travail de ses mains que le tout-petit apprend à se concentrer. C'est bien ce que Maria Montessori veut dire quand elle dit que la main est au service de l'intelligence. C'est en cela que sa pédagogie est une inCORPoration, une mise en corps.


On ne comprend que par le corps.

jeudi 20 juin 2013

Sauce à l'ortie

"N'élevons pas nos enfants pour le monde d'aujourd'hui. Ce monde n'existera plus lorsqu'ils seront grands. Et rien ne permet de savoir quel sera le leur : 
alors apprenons-leur à s'adapter."
Maria Montessori, L'esprit absorbant de l'enfant, 1939.


La citation de Maria Montessori qui ouvre cet article est certainement la plus connue, et de loin celle qui circule le plus sur le Net. À juste titre. D'abord parce qu'elle exprime une idée magnifique et intemporelle. Ensuite et surtout parce qu'elle correspond tout à fait à la certitude communément partagée aujourd'hui que notre monde de pseudo-abondance et de simulacre de paix ne durera pas. Et si, comme Socrate, tout ce que nous savons, c'est que nous ne savons rien, une chose est sûre : le monde dans lequel nos enfants vivront une fois adulte ne ressemblera pas à celui de leur enfance.

Cela fait longtemps que je me dis que le meilleur chemin d'éduquer mes enfants vers le bonheur passe par l'autonomie et la simplicité matérielle. La cueillette de légumes sauvages allient ces deux principes. Autonomie, car quiconque connait les "mauvaises" herbes et la manière de les accomoder ne sera jamais pris au dépourvu, que le cours de l'euro s'effondre ou que les intempéries rendent le potager improductif. Simplicité matérielle, car ces réserves de minéraux et de chrorophylle sont gratuites. S'ajoute à cela le plaisir sensoriel d'apprendre à poser son pied sur l'herbe  avec précaution, et l'émotion intellectuelle de voir émerger différentes espèces hier encore inconnues...

Alors, aujourd'hui, voici une petite recette de sauce aux orties, à mon sens la plus savoureuses de ces belles plantes, et la plus facile à identifier. Et les jours où l'idée de voir mes enfants se gaver de pâtes-à-rien, et donc de calories vides, me navre par avance, je vais couper aux ciseaux de jeunes têtes d'orties qui poussent dans mon jardin. Enfin... : "poussaient". À force de les récolter dans leur âge tendre, je ne leur ai pas permis de grainer, et je crois avoir éradiqué cette chère espèce de mon jardin... :-(

Toujours est-il que cette sauce, rapide, facile, a été faite et refaite, et a toujours rencontré un immense succès auprès d'Antonin et de Louiselle. De plus, contrairement aux soupes et autres quiches, elle peut se réaliser avec peu de feuilles.


Sauce aux orties pour pâtes ou céréales

Ingrédients :

- Des feuilles d'orties : selon que vous en récoltez une poignée ou trois seaux, la sauce sera bien sûre très différente. C'est ça qui est bon ! ;-)
- Une tablette aromatique ail et persil.
- Une cuillère à soupe d'huile d'olive.
- Une grosse cuillère à soupe de purée d'oléagineux : amandes, noix de cajou, noisettes... (en magasin bio). Évitez cependant le tahin (purée de sésame), trop amer pour cette recettte.

Rincer les tiges d'orties à l'eau claire : elles ne piquent plus ! Effeuillez-les, lavez et essorez soigneusement les feuilles comme on le ferait d'une salade. 

Faites chauffer l'huile dans la poêle. Ajoutez les orties et la tablette aromatique. Faites frire quelques instants, les feuilles réduisent et grillent. 

Versez le contenu de la poêle dans un petit mixer (type babycook, c'est parfait !). Ajoutez la purée d'oléagineux dans le bol du mixer et mixer 30 secondes, le temps d'obtenir une consistance crèmeuse assez épaisse.

Mélangez cette sauce à des pâtes bien chaudes et non salées (les tablettes aromatiques sont TRÈS salées et une seule d'entre elle assaisonne toute une casserole de pâtes sans problème !).

Régalez-vous ! ;-)

mercredi 19 juin 2013

Les couleurs : séquence 2

 
Allez, avouez-le. Vous pensiez que j'avais oublié vous avoir promis une démarche d'apprentissage des couleurs d'inspiration montessorienne ? Souvenez-vous, c'était ICI. Et bien non. Je n'avais pas oublié. Mais un peu plus de trois mois ont été nécessaires à Antonin pour venir à bout de la deuxième séquence, et je ne voulais pas vous en parler avant qu'elle ne soit acquise.

Elle l'est : Antonin connait ses couleurs primaires dans l'ordre, le désordre, et les yeux fermés (ou presque !). Et de façon collatérale, il a aussi assimilé la plupart des noms des couleurs secondaires. Une preuve supplémentaire que si l'enseignant se doit d'isoler les difficultés et de les graduer, l'enfant, lui, apprend dans la complexité. Pour ma part, je ne vois là aucune contradiction, mais en débattre nous entrainerait bien loin de nos couleurs... ;-)

La première étape de l'apprentissage consistait en une approche sensorielle des couleurs. La seconde s'appuie sur cette approche et y greffe la mémorisation des noms des couleurs primaires.

Voici les ingrédients que nous avons utilisés pour atteindre cet objectif :

Un petit loto maison :


Il s'agit encore d'une situation de mise en paire, dans la lignée de la première séquence. Mais cette fois, les cartes ne représentent pas les seules couleurs, mais des objets colorés. C'est donc tout naturellement que l'on nomme avec l'enfant le "citron jaune", le "papillon bleu" ou la "fleur rouge". Antonin adore les jeux de loto, et celui-ci a beaucoup servi. De plus, c'est un jeu qui peut se jouer en toute autonomie du début à la fin (Antonin range le sien dans une grande enveloppe kraft).

Vous pouvez le télécharger ICI. Je ne saurais trop vous conseiller de coller les planches sur du carton-plume, et de recouvrir le tout de film plastique. Les cartes peuvent être simplement plastifiées. Pour moi, j'ai plastifié aussi les planches car nous étions alors en plein déménagement et j'avais d'autres chats à fouetter. Mais l'ensemble perd en qualité.

Des activités de peinture :

Admirez au passage notre "chevalet" maison ! ;-)

C'est vraiment l'activité sensorielle à ne pas zapper : je pense que c'est principalement en manipulant les couleurs qu'Antonin a mémorisé leurs noms. Mais à 2 ans (presque) et demi, il n'a encore jamais peint avec plusieurs couleurs en même temps. J'en suis très fière ! Et il est vrai que n'avoir qu'une teinte à gérer l'incite à tester différentes gestuelles, puisque je lui propose à chaque fois plusieurs outils. Généralement, nous reprenons d'un jour sur l'autre le même support : le lundi, le Damoiseau peint avec du bleu, par exemple. Le mardi, le bleu étant sec, je lui propose de travailler par dessus avec du rouge. Etc. Cela permet d'obtenir des oeuvres polychromes sans mélange de couleurs, dont je garde jalousement l'expérimentation pour une prochaine étape. Et puis j'aime bien induire doucement cette idée qu'une oeuvre doit être reprise, retravaillée, avant de pouvoir être dite "achevée".

Des lectures :

Évidemment, pour mettre en mots, rien de tels que des lectures... ;-)

Voici ma sélection de coups de coeur de livres sur les couleurs, sachant, encore une fois, qu'à cette étape j'évite soigneusement tous ceux qui abordent le principe de mélange de couleurs primaires pour obtenir des couleurs secondaires. Je veux qu'Antonin l'expérimente avec ses sens d'abord !

"Les couleurs de la nature", Play Bac

Gros gros coup de coeur... Il s'agit d'un emprunt à la bibliothèque, mais ce livre fait dorénavant partie de mon immense liste de must have...

"Océan, le noir et les couleurs", Émilie Vast, éd. MeMo

Illustrations magnifiques, texte un tantinet long et répétitif à première vue... mais c'est le genre de structure qui enchante les tout-petits, et Antonin se fait un plaisir de "lire" cet album tout seul à présent.

"De toutes les couleurs", Micheline Bertrand, Nadia Pazzaglia, coll. Percimage, Nathan

Il s'agit d'un cadeau d'une de mes amies, fan de seventies depuis toujours : un vrai bijou, mais bon courage pour le dégoter ! Solide comme on n'en fait plus, couleurs vibrantes et texte rimé... Superbe. Quelques erreurs de concordances texte-illustrations à déplorer, mais rien de grave. 

"Mon ours bleu de toutes les couleurs", Michel Backès, Seuil Jeunesse

Le thème de l'ours en peluche favori qui se déglingue en passant à la machine à laver, c'est trop affectif pour ne pas fonctionner à tous les coups. Un petit cartonné très très bien fait, plein d'humour et de poèsie, avec des illustrations de papiers collés.

La vérification des acquis :


Il n'est pas toujours facile de savoir si Antonin sait parfaitement quelque chose, car, voyez-vous, le Damoiseau est un farceur. "Le camion de pompier est VERT !" me lance-t-il très sérieusement. - "Ah ?", fais-je. Alors, ses yeux se plissent et il éclate de rire : "Mais non ! Il est BLEU !". Et de re-rigoler.

Mmm.

Mais la leçon montessorienne en trois temps est venue à mon secours et m'a permis de faire une petite évaluation : Antonin ne s'est pas senti autorisé à faire des boutades, sans doute du fait de la rigueur de la méthode, et n'a pas fait une seule erreur ! Si vous avez besoin d'un petit rattrapage, lisez ceci, c'est fort explicite !

À bientôt pour la séquence trois ! ;-)

mardi 18 juin 2013

Petits hochets de verre


Une petite idée prise ICI, et si simple à mettre en oeuvre que j'ai même hésité à vous la présenter... Mais l'engouement de mes enfants m'a décidé à le faire malgré tout ! Initialement prévus pour Louiselle, ces petits hochets plaisent également beaucoup à son frère qui aime les secouer en comparant le tintement produit contre le verre ("petit bruit" et "gros bruit"), les renverser en observant les différences de niveaux, les empiler, apprécier le contraste des couleurs (les lentilles corail, "Ça, c'est beau !", dixit le Damoiseau), et me demander de nommer le nom des graines. La Damoiselle n'est pas en reste, et ces petits objets ravissent son sens musical si développé.


Bref, c'est l'activité favorite en ce moment à la maison (avec les cartes de nomenclatures, qu'Antonin ne lâche plus, comme en témoigne la photo ci-dessous).


À la question qui m'est fréquemment posée de savoir si je n'ai pas peur que ça casse, je réponds : NON, je n'ai pas peur, mais OUI, ça casse. Alors, bon, c'est un jeu à proposer en intérieur, sous la surveillance discrète mais efficace d'un adulte ; on range soigneusement les petits pots dans leur panier après usage et on résiste au plaisir de les trimbaler dans toutes les pièces de la maison.


Pour moi, présenter des objets en verre dès le berceau (ou presque) est une évidence pédagogique, qui s'inscrit tout à fait dans la lignée de la philosophie montessorienne. D'abord, il y a autant de différences, au niveau du ressenti sensoriel, entre un objet en plastique et un objet en verre, qu'entre une fleur factice et une vraie rose. Et surtout, il ne faut pas oublier que c'est le matériel lui même qui doit signaler à l'enfant qu'il en fait un mauvais usage (ce que nous traduisons dans notre langage adulte par : "faire une erreur") : c'est pour cela que c'est une excellente chose que l'objet casse. Bon, ce n'est pas une raison pour laisser votre tout-petit tripoter vos vases Ming. À défaut de vase précieux, nous avons, quant à nous, renoncé à toute vaisselle qui ne soit pas signée Duralex ou assimilé. Moche mais solide. Et pas chère, aisément remplacable sans état d'âme.

Antonin comprend parfaitement quand je lui dit de faire attention parce que l'objet casse. D'ailleurs, en toute honnêteté, il casse aujourd'hui à peu près autant de vaisselle que moi ! C'est-à-dire peu. Certes, il n'en a pas toujours été ainsi. Et nous ne sommes même pas encore au terme du processus, parce que le Damoiseau, du haut de ses 29 mois, n'a pas encore conscience qu'un objet cassé disparait, qu'il est perdu. Antonin continue de construire son expérience à travers sa manipulation, de plus en plus fine, des objets. Il est encore en deçà d'une prise de conscience pleine et entière qui lui permettra, dans quelques mois, de corriger sciemment ses erreurs. Gageons que ce sera aussi le moment où il deviendra soigneux et sera fort marri de voir sa soeur balancer ses petites voitures à travers la pièce...

Chez nous, lorsque un objet se casse, j'essaie de ne jamais me fâcher, ni même de dire quoi que ce soit qui puisse laisser supposer que ce qui vient d'arriver est un évènement négatif. J'essaie de rester dans le registre de la constation, de la description : "Le bol est cassé. Il faut balayer." Malgré le petit moment de panique que cela génère toujours (et mes enfants qui marchent pieds nus !!), j'essaie de parler posèment pour que le lien de causalité se construise dans leurs esprits entre le geste vif, le verre brisé, le danger de se blesser, et la nécessité de nettoyer. Il s'agit d'une situation complexe pour les jeunes cerveaux !! 

Avant que Louiselle ne crapahute, il m'est arrivé d'associer Antonin au balayage, surtout quand il s'agissait de poterie aux morceaux épais, bien identifiables. Mais le verre de ces petits pots est trop fourbe. J'établis un périmètre de sécurité et je balaie plusieurs fois, nez contre le sol, avant de permettre à mes enfants de revenir. Mais même si c'est moi qui fais, ils m'observent attentivement. Il s'agit pour eux d'une expérience, qui débouchera sur une connaissance structurée.


C'est certain.