lundi 29 avril 2013

En mai : le courrier des lecteurs


Vous êtes très nombreux à m'écrire, ce dont je vous remercie. Certains pour me demander mon point de vue sur un sujet précis, d'autres simplement pour prendre contact et échanger de façon générale. C'est à chaque fois un grand plaisir pour moi de lire le mail d'une Maman inconnue qui me parle de sa petite famille !!

Seulement voilà : je me suis laissée un peu déborder. Je ne vous dirai pas le nombre de mails auxquels je dois répondre depuis des mois, je n'en sais rien d'ailleurs, mais je sais que c'est une honte ! :-(

Bon, alors, voilà ce qu'on va faire : je vais faire une petite trêve, appelons-la "la trêve de mai". Pendant un mois, ce blog va tourner au ralenti (peut-être ne va-t-il pas tourner du tout...), afin de me donner le temps de régler tout ce retard de courrier - et de prendre quelques jours de vacances ailleurs, et de préparer dignement le premier anniversaire de Louiselle, et de remettre à neuf le parquet de notre salon, et de pendre enfin la crémaillère, et, et... Pfff.

Enfin, vous voyez le tableau.

Joyeux mois de mai à tous !! :-D

Premiers transvasements

Non mais franchement, ces Mamans montessoriennes...

Donner une poignées de fèves à une enfant de 11 mois en plein stade bucal, mais pour quoi faire, je vous le demande ??


Si ce n'est pour susciter un beau moment de concentration. Et inciter l'enfant à construire un problème et à le résoudre.


Et aussi pour muscler sa main et affiner ses gestes.


Pour améliorer la coordination.
Pour l'amener à construire la notion de causalité.
Pour renforcer l'estime de soi.
Par exemple. 


Ou alors, juste pour le plaisir sensoriel d'enserrer ces graines tièdes et lisses.

Oui, Louiselle a essayé de porter les fèves à sa bouche. En me regardant fixement. J'ai dit et signé STOP. Elle a souri, baissé la main, puis recommencé.  Sa manière à elle d'assimiler l'interdit, de le redire avec son corps... ;-)

S'il-te-plait / Merci


Il y a parfois de jolies concordances.

Louiselle est dans sa phase "Je te donne et tu me rends". Antonin est dans sa phase "Merci Papa ! Merci Maman !", mais le "s'il te plait" ne franchit pas ses lèvres.

Alors, quand on se retrouve tous les quatre (Antonin, Louiselle, la P'tite vache et moi) assis sur le tapis du salon, ça donne des saynètes qui me font penser à celles qui se pratiquent dans les écoles Montessori pour apprendre à utiliser les formules de politesse.

MOI, en regardant ma fille bien dans les yeux
Louiselle, tu me donnes la P'tite vache, s'il-te-plait ?

LOUISELLE, en me tendant la peluche:
DA !

MOI, en regardant les intéressés bien dans les yeux :
Merci, Louiselle !
Antonin, tu veux bien prendre la P'tite Vache, s'il-te-plait ?
Merci, Antonin !

LOUISELLE, tendant la main vers la peluche :
DA !

MOI, en regardant Antonin bien dans les yeux :
Oh, Antonin, peux-tu donner la P'tite vache à Louiselle, s'il-te-plait ?
Merci, Antonin !

Etc.

Alors, oui, c'est TRÈS répétitif et fatigant pour l'adulte qui mène le jeu. Mais les enfants ADORENT.

Si Antonin dit "s'il-te-plait" ? Euh, non, pas pour le moment... :-D

dimanche 28 avril 2013

Les bébés : dehors !!

On le dit, on le répète : sortir tous les jours avec les enfants, c'est important. Bon, c'est parfois plus facile à dire qu'à faire. D'abord en raison du temps, mais finalement, je m'aperçois que les petits (dûment couverts, bien entendu) sont souvent bien moins réticents que nous, les adultes, à aller jouer sous la pluie !! ;-) 

Mais il y a un autre obstacle, c'est l'âge des enfants en question. C'est sûr, quand les enfants sont en âge de jouer à cache-cache ou de faire un herbier, ça doit aider. Chez nous, évidemment, il n'est pas question de ce type d'activités. Et Louiselle qui ne marche même pas encore !! Je ris souvent sous cape en me disant que si un voisin l'aperçoit, vautrée dans la boue, sous la pluie, la bouche pleine de tulipes et de petits cailloux, il doit sérieusement penser à appeler les services sociaux... :-D

Il parait qu'il faut 21 jours pour ancrer une nouvelle habitude dans sa vie quotidienne. Voilà un mois et une semaine que nous habitons dans notre maison, et nous sommes sortis tous les jours !! Je n'en suis pas peu fière !! ;-) Bon, évidemment, au printemps, c'est peut-être plus facile qu'en plein coeur de l'hiver... (Encore que, savez-vous ? Il a NEIGÉ chez nous hier !!). Cependant je profite des (plus ou moins) beaux jours pour automatiser cet important rituel et essaierai de le poursuivre toute l'année !

Bon, mais les bébés, il font quoi, dehors?

  • Ils font des expériences sensorielles :

    Louiselle à deux mois

    Je crois bien que, contrairement aux idées reçues, plus un bébé est petit, plus il est facile à sortir ! Quand on vient de naître, on peut tout faire dehors : se nourir, dormir, et même être changé si la température le permet. Lorsque Louiselle n'avait que quelques semaines, j'avais vraiment trouvé aisé de l'allonger sur sa peau de mouton, bien à l'ombre sur l'herbe moelleuse. Regarder les jeux de lumière entre les branches, sentir les parfums verts et la douceur des rayons du soleil - ces expériences apaisantes lui étaient très manifestement agréables et devaient lui rappeler le ventre maternel ! ;-)

    Si vous décidez d'installer votre tout-petit au sol, ou que vous devez le laisser dans son landeau ou sa poussette, placez-le de manière qu'il puisse voir et sentir les plantes - les toucher, s'il en est capable. Les fleurs odorantes sont particulièrement agréables, mais aussi les écorces cassantes rugueuses au toucher, les épis soyeux des graminées, les grains de sable crissant (si, si, ça se mange !!), les pierres lisses ou les rocailles aigües... Si vous êtes du genre anxieux, renseignez-vous sur les plantes toxiques que recèle éventuellement votre jardin, puis détendez-vous. Éloignez votre bébé des espèces dont vous vous méfiez et n'hésitez pas à lui désigner des choses proches dans son environnement, en essayant de penser à lui parler de tous ses sens.

    Le fait d'avoir des enfants me fait envisager mes futures plantations sous un angle sensoriel ! C'est sûr, j'installe un chèvrefeuille dès que je sais où le mettre, et au printemps prochain, je plante du jasmin ! ;-) En attendant, nos platebandes regorgent d'une variété de menthe rustique très très parfumée, qui tapisse plusieurs mètres carrés et embaume tout le voisinage. Rien de tel pour ravir l'odorat des bébés : étant donné l'abondance, on peut leur en proposer autant qu'ils le souhaitent et en plus, ça se mange !!

    • Ils font leur gym :


      Les pelouses et les prairies sont des endroits merveilleux pour les bébés dès qu'il sont en âge de se retourner sur le ventre : ils peuvent alors observer les activités des fourmis affairées, le mouvement de l'herbe, les allées et venues des abeilles et les oscillations des pissenlits. Pour ceux qui souhaitent que leur bébé se muscle, voilà une situation stimulante qui leur permettra de travailler les muscles du cou et du dos... tout naturellement ! C'est bien sûr l'occasion pour l'adulte d'introduire quelques règles : la terre se touche, se presse, se renifle... mais ne se mange pas. Si, si, on y croit. Hum.

      Et pour les à-peine-plus-grands,  une petite aire de jeu au jardin (ou au parc) avec balançoires et toboggan, procurera des plaisirs sans nombre. Bien des amis à moi m'ont confié que le rapport à l'extérieur de leur enfant avait changé le jour où ils avaient investi dans ce genre d'installation. Dans notre jardin, il y avait déjà un portique lorsque nous sommes arrivés et il ne se passe pas de jour sans que Louiselle et Antonin ne demandent à être balancés. Louiselle (11 mois) s'entraine même à gravir une petite balancelle toute seule : je constate qu'elle a développé une grande confiance dans les mouvements de son corps, et qu'elle aime expérimenter de nouveaux gestes ; cet obstacle mouvant est idéal pour changer des petites chaises et des marche-pieds habituels, statiques ! Je réfléchis beaucoup à ce que nous allons faire de cet espace de jeux, qui, s'il a le mérite d'exister, est pour le moment assez laid - et limité. Je pense qu'une aire de motricité bien pensée peut vraiment accroitre le plaisir de jouer avec son corps et développer une appréciation fine de ses déplacements, la confiance dans ses compétences physiques et son agilité.

      • Ils se baladent :
       

        Lorsque nous sommes arrivés dans cette maison, je n'ai pas perçu tout de suite la nécessité des promenades dans le village. Quoi ! Puisque nous avions un jardin, à présent, l'essentiel est de sortir, non ? Ah mais, ce n'est pas pareil. Le jardin, c'est le prolongement du foyer, ça reste du domaine de l'intime. Le village, c'est l'altérité. Et quand je me promène avec mes deux petits, j'ai vraiment l'impression d'être dans un livre de Rotraut Susanne Berner : d'abord, tout le monde nous sourit (complètement attendris) ; mais surtout, quand on le regarde avec des yeux d'enfants, le monde parait vraiment cohérent et logique et chaque personne rencontrée nous apparait comme ayant une fonction - le cantonnier et son super débrousailleur lazer, la gentille dame à la voiture grise, la jeune fille au chat, le vieux monsieur à la longue moustache et à la pipe alambiquée, etc.

        Aller à la boulangerie au coin de la rue, c'est, pour un tout-petit, toute une aventure ! Lors de nos promenades, Louiselle est toujours extrêmement calme et attentive dans sa poussette. J'essaie toujours de la placer de façon à ce qu'elle puisse voir ce que nous observons (la série de petits jets d'eaux qui grandissent et rappetissent tour à tour, les formidables gâteaux de la boulangerie...), je la porte si besoin pour qu'elle puisse accéder au museau du cheval ou à la fente de la boite aux lettres pour y glisser elle-même le courrier à expédier. Et j'ai revu (très) à la baisse mes objectifs en terme de kilomètres à parcourir, mais nous prenons vraiment le temps de faire le tour du paté de maison.

        Le monde regorge de détails intéressants - et donc d'occasions de petites conversations avec son enfant : "Oh, tu as vu le chien dans la voiture ? Il est noir et blanc, comme Rocky, le chien du voisin !" - "Oui, tu regardes ce camion. C'est un petit camion blanc. Il s'est arrêté pour livrer l'épicier car c'est lui qui lui apporte ses marchandises" - "Oh, écoute les cloches de l'église qui sonnent ! Neuf coups, il est neuf heures !". Il n'y a qu'à l'extérieur de son petit chez-soi que l'on vit des situations aussi trépidantes - et que l'on réinvesti le vocabulaire des livres qui va avec ! ;-)

        • Ils jouent avec du sable :


            Encore une expérience sensorielle type dont il serait bien dommage de les priver. Sec ou humide, le sable incite le bébé à utiliser ses mains dans leur globalité, puis, de plus en plus finement, ses doigts. Versés et tamisage développent la coordination psychomotrice : n'oubliez pas de disposer dans le bac petits bols et tamis à farine. C'est aussi une activité sociale qui permet d'appréhender les premières règles ("Le sable reste dans le bac.") et de jouer à côté de pairs.

            • Ils jouent avec de l'eau :


              Dès qu'ils savent s'asseoir et que la température flirte avec les 25°C, il y a bien sûr, le bon vieux classique : le récipient d'eau proposé bien à l'ombre, avec entonnoirs, éponges et petites bouteilles. Alors, oui, ça dérive en soupe aux plantes locales en quelques minutes. Et oui, c'est une activité très salissante. Prévoyez un bain (un vrai) juste après ! ;-)

              • Ils patouillent : 


                La plupart des enfants aiment travailler la terre, que ce soit à la main ou avec des outils. Un espace de jeux digne de ce nom doit pouvoir proposer un espace de terre nue dans laquelle le bambin peut creuser des trous, y verser de l'eau, remplir un petit seau de boue...

                • Ils jardinent :


                Nous n'allons pas lancer de potager cette année, mais allons réserver tout de même une petite zone de plantation pour Antonin. Il n'y a pas que les légumes, dans la vie !! Au mois de mai, nous allons lui donner quelques graines de zinnia à semer, lui montrer comment creuser des trous pour planter des gaillardes et des bulbes d'anémones. On ne sait jamais trop ce qu'un tout-petit, qui vit dans l'immédiateté, peut comprendre du grand cycle de la vie lorsqu'on lui explique qu'il faut abreuver la plante, la placer au soleil, ne pas la piétiner... Mais ce qui est certain, c'est que c'est une excellente façon de l'aborder. C'est également parfait pour responsabiliser de façon positive - sans culpabiliser. Et je dois dire que j'ai vraiment hâte de voir  l'étincelle d'intelligence dans les yeux de mon fils le matin où il comprendra que ça pousse.

                •  Ils découvrent les animaux :


                Je termine par le point qui me pose le plus de problème... Notre village est enclavé dans une vallée, et la "campagne" toute proche se compose en réalité de forêts denses à flanc de coteaux. Oui, c'est le bonheur ! ;-) Mais pas un pâturage en vue. Du moins, pas à portée de jambes des moins de trois ans. J'ai donc renoncé temporairement à aller nourir régulièrement des chevaux qui seraient "nos" chevaux, des canards à qui on donnerait des noms... Si vous avez plus de chances que nous, n'hésitez pas à ritualiser la visite du pain pour les poissons, et ayez une pensée pour nous autres, pôvres montagnards ! ;-)

                M'enfin, depuis que nous avons emménagé, Antonin a tout de même eu l'occasion de monter un poney, et Louiselle a vraiment apprécié le spectacle !  Un autre jour, nous sommes tombé sur un cirque qui plantait sa tente alors que nous faisions nos courses. En fait de planter sa tente, il plantait surtout d'incroyables animaux juste au bord de la grand route - chameaux, buffles et lamas. Les animaux de cirque, c'est beau, mais c'est triste. Les voir là, dans la grisaille, en train de brouter l'herbe polluée des talus... Mais à un moment un immense étalon s'est échappé, a surgi sur la route juste sous notre capot, et s'est mis à galoper devant nous comme s'il devait ne jamais s'arrêter - et retourner au pays de ses ancêtres. C'était un très beau moment.

                Mais je m'égare.

                Voyez-vous d'autres activités que les tout-petits puissent faire à l'extérieur ??

                vendredi 26 avril 2013

                L'assiette idéale

                Dans ma famille idéale, les bébés rampent d'eux-mêmes vers leur coussin à langer quand ils ont besoin d'être changés, vont d'eux-mêmes se blottir sur leur matelas lorsqu'ils sont fatigués, se régulent d'eux-mêmes au moment des repas quant aux quantités et aux nutriments ingurgités...

                Dans ma famille bien réelle, changer Louiselle relève du tour de force, Antonin est dans sa phase "Ne me parlez pas de faire pipi ailleurs que dans ma couche", mes deux enfants sont experts dans l'art de lutter contre le sommeil, ne dorment assez ni l'un ni l'autre, et se relèvent 36 fois de leur lit pour jouer dans leur chambre au lieu de faire la sieste. Quant aux repas, cela a longtemps été très compliqué pour moi dans la mesure où Antonin a refusé les morceaux jusqu'à deux ans passés (il reste très méfiant d'ailleurs vis-à-vis des consistances type "semoule au lait") et que son appétit était pour le moins... fluctuant.

                Je dois admettre qu'il n'est pas facile de se tenir à certains aménagements favorisant l'autonomie de l'enfant. Chez nous, le matelas à langer navigue entre le sol et la table, avec laquelle mon dos et moi sommes tout de même plus à l'aise pour opérer. J'ai même ressorti le lit à barreaux pour Louiselle, et nous l'y couchons lorsqu'elle fait trop la java. Parce que le rythme d'une petite puce de moins d'un an, c'est sacré, même si elle a tendance à l'oublier et préfèrerait faire la fête (Ce n'est pas moi qui lui jeterai la première pierre...).

                Je crois toujours en mon postulat de départ, selon lequel les enfants savent ce qu'il leur faut et nous indiquent ces besoins si on leur en donne la possibilité. Seulement... je me demande si dans le monde qui est le nôtre, loin de "l'état de nature" idyllique - et utopique -, ils n'ont pas vite fait de perdre ce contact avec leurs besoins fondamentaux... ???

                Par contre, il y a vraiment un domaine dans lequel je trouve facile de laisser l'enfant choisir ce qui lui convient le mieux, et c'est l'alimentation. Pas question, bien évidemment, de préparer un véritable buffet à chaque repas. Mais je viens vous dévoiler ici un super secret de femme pressée (que n'ignore aucun végétarien, bien qu'il soit tout à fait adaptable à une alimentation carnivore) : l'assiette composée !! ;-)

                Source de l'image

                L'assiette composée, c'est une grande et belle assiette, sur laquelle sont disposés plusieurs aliments, de façon bien compartimentée : une céréale (les préférées de mes enfants sont les pâtes, le riz, le quinoa et le couscous), une légumineuse (lentilles corail ou pois cassés en guise de "sauce", petits pois...), des crudités râpées ou en petits morceaux (carottes, betteraves, tomates...), un légume cuit à la vapeur et arrosé d'une bonne huile ou de crème végétale. Sans oublier la touche finale : on parsème une des rations de raisins secs ou d'oléagineux (en poudre ou en purée pour les petits, ils sont délicieux simplement mélangés à la céréale). Je dispose en plus sur la table algues sèches en paillettes et levure de bière, mais si je n'envisage pas MES assiettes sans, il n'y a rien d'obligatoire.

                Après une telle assiette, le dessert idéal se composera d'un laitage et d'un fruit. On propose les deux, l'enfant prend l'un ou l'autre, ou l'un et l'autre. Souvent l'un et l'autre. ;-)

                Et voilà. Bien sûr, rien ne vous empêche d'adapter cette assiette à vos habitudes, en alternant les légumineuses avec un autre type de protéines : oeuf, viande ou poisson.

                À titre d'exemple, voici trois assiettes composées que nous avons dégustées cette semaine :
                • "Coulis" de lentilles corail (cuites à l'eau avec sel, poivre, cumin, et additionnées de beurre), riz blanc, carottes râpées aux petites graines, chou-fleur vapeur saupoudré de poudre de noisette.
                • Reste de légumes en gratin (avec béchamel et fromage), salade d'épinards et de haricots rouge en boite, quinoa parsemé de raisins secs.
                • Pommes de terre et "sauce" aux champignons (champignons et oignons hachés au robot et frits) servie à côté (trèèès important), radis, tartine de pain - purée d'amandes.

                Cette assiette-type plait énormément aux enfants qui n'aiment pas, généralement, que les saveurs soient trop complexes. Ils peuvent ainsi découvrir de nouveaux goûts dans tout leur caractère, sans qu'ils soient mélangés à d'autres. Ils peuvent aussi se concentrer sur le nutriment dont ils ont besoin à ce moment-là de leur croissance (se gaver de sauces grasses, de produits céréaliers, ou de fruits). Car chacun des aliments (sains, évidemment) doit pouvoir être proposé à volonté. Antonin a parfois de véritables fringales de jus de fruits ou de fromage, mais bien que parfois il m'en coûte (dans tous les sens du terme...), j'essaie de le laisser s'arrêter de lui-même. Il s'arrête. Si, si. Et même assez vite, finalement.

                Cette assiette-type, c'est aussi un truc génial pour l'adulte qui confectionne le repas, puisque qu'elle n'a pas besoin d'être planifiée (à condition d'avoir quelques ingrédients de base, j'en conviens...) et intègre sans problème les petits restes qui s'entassent dans le frigo dont on ne sait jamais quoi faire. Elle est surtout parfaite pour calmer toutes les angoisses éventuelles liées à la (mal-)nutrition, puisqu'avec elle, on n'est bien certain d'avoir proposé à son enfant tout ce dont il pouvait avoir besoin. Alors, une fois que son assiette est posée devant votre petit, oubliez-la et concentrez-vous sur la vôtre. Car c'est évidemment son avantage principal : elle est délicieuse !! ;-)

                jeudi 25 avril 2013

                Cartes de nomenclature : la maison, pièce par pièce

                Déménagement oblige, je me suis lancée dans la fabrication des cartes de la maison

                Et voici pas moins de 40 cartes à télécharger aujourd'hui ! En version modifiable ICI (l'ensemble) et en Pdf : ICI (le salon), ICI (la cuisine), ICI (la chambre) et ICI (la salle de bain).

                Il s'agit en fait de 4 petites séries, comportant chacune l'image d'une pièce de la maison et 9 photographies d'objets que l'on peut trouver dans cette pièce - et que généralement, chez nous, nous trouvons dans cette pièce. ;-)

                Et voici comment ce matériel montessorien évolue au fur et à mesure qu'il s'enrichit et que l'enfant grandit : non seulement ces cartes permettent de réviser ou d'acquérir le lexique en incitant à produire les mots isolés ("évier", "canapé"...), mais elles permettent à présent de construire des petites phrases avec préposition. Car après la découverte du matériel, Antonin a tout naturellement raproché les objets des pièces dans lesquelles on les trouvait. Et c'est ainsi que deux cartes placées côte à côte se lisent (!) :

                "Le pot est dans la salle de bain" ;-)


                Ça commence à devenir intéressant...

                Tic de langage


                Évidemment, des tics de langage, nous en avons tous.

                Et évidemment, mes enfants sont mes miroirs et je m'en découvre.

                Par exemple, il semblerait qu'en ce moment, j'ai la fâcheuse manie de laisser mes phrases en suspens :


                Moi, distraitement :
                Tiens, j'ai dû oublier mes chaussons dans la...

                Antonin, d'une petite voix pointue :
                SALLE DE BAIN !!


                Moi, distraitement :
                Ah, Louiselle, je vais aller te....

                Antonin, d'une petite voix pointue :
                COUCHER !! 


                Moi, en chaussant Louiselle, distraitement :
                Un pied, deux pieds...

                Antonin, d'une petite voix pointue :
                TROIS PIEDS !!

                Bon, on ne peut pas gagner à tous les coups ! ;-)

                mercredi 24 avril 2013

                Tracer dans le sable


                 Je vous l'ai dit, nous sommes à la recherche d'un nouveau rythme. Ça se dessine, mais il y a des jours où c'est tout de même difficile de caser dans une journée tout ce que j'aimerais y mettre : l'inévitable ménage, la cuisine, la lessive et l'entretien du jardin, l'écriture de mes articles, l'avancement des démarches en tous genres, nos jeux dehors et promenades, les activités de Vie pratique et les arts plastiques d'Antonin... Le tout sans bousculade et sans sur-stimulation, dont vous savez tout le mal que je pense !! ;-)

                Alors quand l'activité que je propose peut se dérouler en extérieur et qu'elle est à la fois une activité Montessori type et une activité d'expression libre, je suis ravie (Antonin aussi) et nous faisons d'une pierre trois coups !! ;-)

                J'ai bêtement utilisé une plaque de four : le fond noir tranche sur le sable clair, que j'ai étalé en fine couche (1 cm environ). Je me suis munie d'une petite serviette de toilette pour que le Damoiseau puisse ôter le sable de ses mains à tout moment s'il le souhaitait. Je lui ai proposé un crayon, une baguette japonaise et une cuillère. Bien évidemment, il pouvait aussi utiliser son doigt, et j'ai été très heureuse de constater qu'après quelques essais, ce fut l'instrument le plus utilisé !


                J'ai engagé le Damoiseau à toucher et explorer le sable avant de commencer. Bon, c'est un matériau qu'il connait bien, notre petite boite à sable d'appartement étant devenue une petite boite à sable... de jardin ! En libre service, cette fois, pour la grande joie des deux enfants. ;-)

                Ceci dit, justement parce qu'il est habitué à travailler ce même sable dans l'épaisseur, dans le bac bien rempli, Antonin a été assez intrigué par mon petit dispositif qui a immédiatement induit une gestuelle d'un nouveau genre.


                Et voilà. On trace, on secoue, on recommence. À l'infini. Et que dire de ce petit crissement sous la pulpe du doigt ? Délicieux. Et variable selon l'instrument utilisé. Tout à fait le genre de sensation qui forge un souvenir d'enfance ! ;-)


                lundi 22 avril 2013

                "Le livre des quatre saisons", de Rotraut Susanne Berner

                Dans les écoles Montessori, on part souvent d'affiches pour enrichir le vocabulaire du jeune enfant. Il s'agit de grandes photographies ou de dessins réalistes plastifiés, qui illustrent des scènes de la vie quotidienne avec beaucoup de détails. Ce n'est pas, à mon sens, le seul support intéressant pour travailler le langage avec un jeune enfant, ni même sans doute le plus efficace, mais c'est de loin le plus économique en terme de préparation pour l'enseignant ! À condition, bien sûr, d'avoir en sa possession les dites "affiches"...

                Voilà donc une grosse année que je suis en recherche active d'un support suffisamment riche et esthétique pour étayer le développement du vocabulaire d'Antonin... en vain. 

                Mais il y a deux jours, mon-homme-de-ma-vie, qui n'ignorait rien de ma quête, est revenu de sa journée de travail avec un petit cadeau :


                Ce livre est une pure merveille. C'est exactement ce qu'il me fallait. En fait, sa richesse est telle que n'importe quel enfant, quel que soit son niveau langagier, aura énormément de choses à dire en le parcourant ! Pour ma part, le soir où je l'ai reçu, j'ai eu beaucoup de mal à me coucher et je n'en ai pas fait le tour encore, c'est sûr !!

                J'ai gardé ce livre à mon chevet quelques jours, histoire de le déguster moi toute seule, mais Antonin a fini par tomber dessus, à peu près au moment où j'allais me décider à le lui présenter. Nous sommes restés une demi-heure blottis ensemble sur le canapé à nommer les objets du quotidien qui peuplaient la première double page : "arrosoir", "papier toilette" et autre "camion-poubelle", Antonin a visiblement éprouvé autant de plaisir que moi à la vue de cette illustration !! De temps à autre, une phrase construite surgissait : "Le monsieur, l'est dans le bus.", histoire de bien me prouver, au cas où j'en douterais encore, que Le livre des quatre saisons est vraiment un support idéal pour les petits exercices de langage... et d'observation !

                On suit, à travers les pages d'un paysage semi-urbain, un groupe de personnages récurrents. Quel bonheur de les retrouver au milieu des détails de l'illustration et de décripter leurs aventures !! Un enfant un peu plus avancé trouvera, en feuilletant l'album, une matière d'une incroyable richesse pour de petits récits descriptifs ou d'action. À titre d'exemple, voici la jolie Anne et son chien Reno, qui partent un beau matin d'hiver pour une quête dont je ne vous dévoilerai pas l'objet... ;-) L'enfant tourne les pages, s'amuse à retrouver les personnage et "lit" leur histoire comme on le ferait d'images séquentielles :

                Ils attendent le bus...

                Ils sont montés dans le bus...

                Tiens ! Reno n'est plus dans le bus !!

                Et le plus drôle, c'est que ce sympathique coureur qui se retrouve pourchassé n'est autre qu'Armand, qui, quelques semaines plus tard... Mais quoi, je ne vais pas vous raconter l'histoire, hein ?? :-D

                Et pour les enfants qui commencent à s'interesser au cycle des saisons, chacune des 7 doubles-pages qui compose un chapitre (une saison) est reprise à l'identique, avec les mêmes personnages et quelques autres... trois mois plus tard. Avec tous les changements de décors que cela suppose.

                Un détail en hiver...

                ... et le même au printemps !

                Ce grand et gros livre est relativement solide, les pages sont plastifiées et rigides, sans être cartonnées, et si son format en fait tout de même un "beau livre" à manier avec précaution, il est bien pensé pour un usage domestique. Avec une classe, il faudra agrandir et plastifier les pages que l'on décidera de travailler...

                Un gros GROS coup de foudre !! ;-D

                jeudi 18 avril 2013

                Êtes-vous un parent Waldorf ?

                S'instruire en s'amusant, ça vous tente ?

                Voici un petit quizz sur le thème : "Êtes-vous un parent Waldorf ?". J'ai collecté les caractéristiques d'une famille waldorfienne à partir des témoignages que j'ai pu trouver ; certaines sont assez fantaisistes, mais dans l'ensemble, c'est très sérieux ! Si vous êtes calé sur ce sujet et que vous passez dans le coin, merci de me signaler les erreurs, oublis ou imprécisions éventuelles !

                Les règles sont simples : vous gagnez un point à chaque phrase qui vous semble vous correspondre. Sans triche, hein. On fait les comptes à la fin. ;-)


                C'est parti :

                1. Vous et vos enfants sortez et jouez dehors tous les jours, tout au long de l'année.

                2. Chacun des membres de votre famille a droit à un GROS câlin par chacun des autres, et ce, tous les jours.

                3. Vous déployez à l'égard de vos enfants une autorité ferme et respectueuse.

                4. Vous racontez des histoires à vos enfants. Beaucoup, beaucoup. De préférence "sans filet" : sans les lire, à la manière des conteurs. Si vous les mettez en scène à travers de petites marionnettes ou figurines fabriquées main, vous gagnez un point supplémentaire. ;-)

                5. Chez vous, les adultes jouent. Beaucoup.

                6. Votre voix reste calme et naturelle autant que possible.

                7. Régulièrement, vous désencombrez votre logement en vous débarrassant de tous les objets dont vous ne vous êtes pas servis depuis un mois.

                8. Vous avez instauré un rituel du coucher. Si votre rituel inclut l'utilisation d'une bougie, de quelques berceuses aux intonations celtiques et d'une prière aux anges gardiens de votre famille, vous gagnez un point bonus. ;-)

                9. Vous vous employez à teinter de poésie chacun des actes de votre vie quotidienne.

                10. Votre vie de tous les jours est très rythmée. Vous savez que les enfants ont besoin de répétition et en usez largement.

                11.Vous savez que les enfants ont besoin de temps et d'espace et vous respectez ce besoin.

                12. Vous conversez avec le monde des esprits (si oui, octroyez-vous deux points au lieu d'un).

                13.Vous êtes authentique dans ce que vous faites et dans ce que vous dites.

                14. Vous croyez en un apprentissage dans l'action : on apprend en faisant, en observant, en fabriquant, en expérimentant.

                15. Vous créez : vous tricotez, jardinez, cuisinez, confectionnez des cadeaux-maison, dessinez, modelez... Si votre passion est la construction de cabanes dans les arbres, octroyez-vous un point bonus.

                16. Vous diriez de vous que vous travaillez sur vous-même.

                17. Vous élaborez des aliments complexes à partir de rien... ou presque : soupes, pains, crème, beurre... Vous laissez vos enfants s'impliquer dans ces fabrications et appréhender le temps et l'attention nécessaire à la confection de quelque chose de bon.

                18. Dès leur plus jeune âge, vous impliquez vos enfants dans les tâches ménagères et dans tous les domaines de la vie domestique.

                19. Vous êtes très attentif à la saisonnalité et essayez d'organiser la vie quotidienne autour des saisons. Si vous organisez une fête à chaque solstice et équinoxe, attribuez-vous un point bonus.

                20. Il y a presque toujours une fête en cours de préparation chez vous.

                21. Les jouets de vos enfants sont très simples, fabriqués main dans des matériaux naturels.

                22. Vous prenez votre temps, et prenez le temps de ralentir.

                23. Vous réservez l'apprentissage des concepts abstraits aux enfants de plus de 7 ans ; pour les plus jeunes, vous mettez l'accent sur l'acquisition des compétences motrices.

                24. Vous chantez à longueur de journée et avez des réserves de jolis couplets que vous transmettez à vos enfants : certains pour ritualiser les activités de tous les jours, d'autres pour les occasions spéciales.

                25. Vous méditez ou avez une pratique spirituelle tous les jours.

                26. Vous êtes attentif à créer un environnement harmonieux et êtes attentif à ce que les choses vous disent.

                27. Vous faites un maximum de choses vous-même. Si vous ne savez pas faire, vous apprenez.

                28. Vous êtes attentif à ce que les petits vous enseignent.

                29. Les céréales complètes sont à l'honneur sur votre table.

                30. Vous bannissez la télévision et les jeux vidéos, et limitez l'accès à l'ordinateur jusqu'aux 12 ans de votre enfant. 


                À présent, comptez vos points et référez-vous à la catégorie correspondante :

                - De 0 à 5 points (inclus) : Vous et Waldorf, ça fait deux.
                Bon, c'est vrai, 5 points ou moins, ça n'est pas terrible. C'est même à se demander comment vous êtes tombés sur cet article. Vous vous êtes égaré sur le Net ? Bienvenu, en tous cas. Et commencez par potasser les points 2, 7, 15, 16 et 29. Sans faire de vous un parent Waldorf, ils vous apporteront énormément de joie dans votre vie de famille ! ;-D

                - De 6 à 15 points (inclus) : Vous n'êtes pas un parent waldorfien, mais pourriez bien le devenir...
                Vous n'avez peut-être jamais entendu parler de la pédagogie Waldorf, mais il se pourrait bien qu'elle vous plaise ! Si vous cherchez des pistes pour approfondir vos connaissances, je vous renvoie aux excellents articles de Montessori en ce nid : ICI ou ICI, par exemple.

                - 16 points et plus : BRAVO ! Vous êtes un parent Waldorf !!
                Ouah ! Votre logement est clair et ordonné, les matières naturelles y sont à l'honneur, votre enfant dispose de jouets simples, il n'y a pas de bruit parasite tels que radio ou télévision, toute la famille oeuvre à des tâches ancestrales telles que coudre, cuire du pain... Vous m'invitez quand ?? ;-) Et vous n'auriez pas un petit conseil de lecture pour une néophyte qui n'a décroché que 15 points à ce quizz simpliste et cherche à aller plus loin ? Quel est LE livre qui vous a le plus apporté pour avancer dans cette voie ? Merci d'avance pour moi et pour tous ceux que cela intéressera... :-)

                mercredi 17 avril 2013

                Premier bouquet



                Le premier bouquet d'Antonin : PRESQUE parfait ! ;-)

                Jardiniers en herbe



                Nous travaillons beaucoup au jardin. Devant l'ampleur de la tâche, nous avons décidé de ne pas débuter de potager ce printemps. De cette manière nous disposons d'une année entière pour apprivoiser nos 500 mètres carrés, apprendre à reconnaitre et à soigner tous les arbres, arbustes et plantes qui sont déjà là... et il y en a beaucoup !! :-D

                Maria Montessori n'a pas listé les travaux à proposer aux enfants à l'extérieur. Il faut dire que dans le contexte historique qui était le sien, bien loin du modèle pavillonaire actuel, les enfants des ruraux étaient traditionnellement embauchés pour travailler aux champs !! Je parie qu'elle n'a pas voulu insister sur cet aspect du labeur enfantin afin de ne pas l'encourager... ;-)

                Les principes restent de toute façon les mêmes : proposer à l'enfant un matériel à sa taille, procéder à des démonstrations à chaque fois que nécessaire, laisser l'enfant choisir ses tâches, faciliter le rangement (obligatoire après usage)...

                Pour le moment, je ne structure pas trop les activités de jardinage que je propose à Antonin. C'est que nous, les adultes, sommes en pleine découverte des bons gestes à adopter, et devons consolider nos propres connaissances avant de transmettre. Mais les enfants aiment me suivre dans mes travaux et j'ai été très étonnée de voir Antonin, dès le premier jour, ramasser spontannément les branches que je taillais pour les mettre dans la poubelle que nous utilisons à cet effet. Comme s'il avait fait cela toute sa vie ! 

                Louiselle préfère "desherber" les fleurs d'ornement (...) en les sectionnant en petits morceaux. Antonin aime arroser, avec un petit arrosoir en plastique que nous avons trouvé sur place oublié dans les herbes. Il assiste aussi au béchage et au binage, mais sans plus d'intérêt que cela. Je ne pense pas qu'il soit prêt à manier de petits outils : en témoignent ses petits balais, complètement délaissés à la maison. Antonin est encore dans l'attirance du matériel "de grand", et refuse quand je lui propose d'apprendre pour de vrai. Quand aux semis, c'est encore un peu abstrait pour lui ; quand il se sera imprégné des changements liés aux cycles des saisons, dans quelques mois, je commencerai à proposer des activités pour structurer le temps et amener l'idée d'une périodicité. Pour le moment, le cycle qui passionne Antonin, c'est celui de la vaisselle sale, puis frottée "avec de la mousse", rincée, essuyée et rangée ! ;-)

                mardi 16 avril 2013

                Un hamac pour la P'tite vache


                Depuis quelques semaines, je m'intéresse de très près à la pédagogie Waldorf (tant et si bien que je crée aujourd'hui une nouvelle catégorie sur ce thème !) et ce que je découvre m'enthousiasme fort dans l'ensemble ! Mais en bonne montessorienne, il y a un point sur lequel j'achoppe : c'est l'usage du merveilleux. Non pas que l'idée de narrer des contes aux enfants me rebute. Oh, non. Croyez-le ou pas, mais j'ai vraiment hâte d'initier mes enfants aux contes dits "de fées" qui sont à mon avis un outil extraordinaire pour mettre en mot l'angoisse existentielle et la dépasser. De même que nous préparerons quelques fêtes choisies, avec toute leur symbolique et leur folklore, tant il est vrai que cela participe à la construction du temps pour l'enfant.

                La seule chose qui me dérange, en réalité, c'est de rêver à la place de mon enfant. De lui imposer un certain type d'imaginaire. La pédagogie Waldorf, par exemple, est très orientée fées, gnomes et compagnie. C'est normal, quand on y songe, la tradition allemande plonge ses racines dans la mythologie celtique. Largement saupoudrée de christianisme, contexte historique et foi des auteurs obligent. Tout cela m'est très sympathique, mais... c'est particulier. Peut-être que mes enfants se passionneront pour les petites fées qu'ils imagineront habiter dans les troncs d'arbres morts. Peut-être que Saint Michel étripant le dragon sera leur parabole préférée. Mais peut-être préfèreront-ils rêver aux extra-terrestres. Je préfère rester ouverte à toutes propositions. ;-)

                Nous n'en sommes pas là avec Antonin. Mais les premiers jeux d'imagination pointent quand même leur nez à travers l'imitation. Quand le Damoiseau berce sa P'tite Vache, lui donne le biberon, ou la couche sous un torchon de cuisine, il imagine qu'elle est ce qu'elle n'est pas, un bébé vivant qui demanderait ses soins. C'est le genre de geste qui m'émeut vraiment quand je les retrouve chez Antonin : à travers ces jeux, il élabore la notion de relation, il pratique l'attention à l'autre, il grandit !

                Je joue le jeu à fond : j'ai fabriqué un hamac pour la P'tite vache et lui ai tricoté une bonne couverture (idée prise dans ce livre). Je la borde, l'embrasse, la berce. Antonin m'imite et fredonne la berceuse que je lui ai apprise. La P'tite vache est inscrite dans tous nos rituels : nous la saluons, lui disons au revoir, lui proposons une tartine au goûter... Antonin construit ses compétences sociales en grande partie grâce à elle, nous lui devons bien tous ces égards, non ? ;-)


                lundi 15 avril 2013

                Manger dehors

                 


                Goûter dehors. Quoi de plus simple à instaurer, quel que soit le temps ? S'il pleut, on trouve un abri, s'il fait froid, on se couvre. Pour le reste, il suffit de disposer un tas de petites choses sur un plateau et de le poser sur l'herbe. Et de savourer. En oubliant le reste, et en particulier le ménage, puisque pendant ce temps la cuisine reste propre. ;-)

                Vivre dehors : jouer dehors, faire pipi dehors, si possible dormir dehors, et manger dehors. Nos sens deviennent soudain plus réceptifs, comme s'ils renouaient avec un mode de vie très ancien, au cours duquel notre survie dépendait d'eux..

                  vendredi 12 avril 2013

                  Placer le couvert


                  Voilà bien longtemps qu'Antonin m'aide à placer le couvert, mais dans notre nouvelle maison, je me suis débrouillée pour que les couverts, les assiettes et les verres soient à sa portée - ce qui n'était pas le cas dans notre appartement. Autant dire que cette activité est devenue un rituel tout aussi incontournable que de laver la vaisselle. ;-)

                  J'ai imprimé un petit set de table, déniché sur le blog Grandir au nid (ICI) : je le trouve vraiment très bien fait. J'aime en particulier que les verres soient représentés par de vrais gobelets, et non un simple rond. Un cercle représenterait le verre vu d'en haut, comme on pourrait le faire sur un plan, mais mon Damoiseau n'a pas encore la capacité de faire un lien solide entre le verre réel et ce type de représentation symbolique.

                  Ce petit jeu est venu enrichir nos étagères de Vie pratique : je dispose deux sets dans un petit plateau (c'est à mon sens largement suffisant, mais Grandir au nid en propose quatre si vous en voulez plus) et je pose dessus un petit bol contenant tout ce qu'il faut de dînette : deux assiettes, deux verres et deux jeux de couverts.

                  L'objectif de cette activité est de repérer la place et l'orientation des différents éléments dans l'espace. Il s'agit en fait d'une mise en paire élaborée. Antonin aime beaucoup ! Je le laisse mettre les élément en place sans parler, comme toujours lorsque nous faisons ce type d'activités, mais lorsqu'il a fini, je décris son travail de façon à lui faire entendre des adverbes de lieu : Le verre au-dessus de l'assiette, le couteau ici, à droite, etc.

                  Je suis en train de réfléchir à la fabrication de sets analogues, mais grandeur nature, dont nous pourrions nous servir pour placer le couvert pour de vrai. Pour l'instant, nous faisons sans, et bien évidemment, il est très difficile pour mon deux-ans de réinvestir sans aide ce qu'il construit grâce à sa dînette. Généralement, nos couverts se retrouvent soigneusement disposés... parallèlement au bord de la table !! ;-)

                  Ce n'est pas très grave, pour moi, les objectifs de ce petit rituel - placer le couvert avant le repas, donc - sont tout autre :

                  • D'abord, c'est excellent pour structurer le temps. On prépare le repas, puis on place le couvert, ensuite, on mange, etc. Dans un certain ordre. Immuablement.
                  • Ensuite, si je suis très fière du fait qu'Antonin "m'aide" à préparer le repas, je ne vais pas mentir : sa présence est parfois un peu... gênante. Quand je sens que là, nous allons y passer 3/4 d'heure alors que j'en aurais, moi toute seule, pour deux secondes et demi, je lance : "On place le couvert ?". Succès garanti : le Damoiseau lâche les casseroles pour se précipiter sur le placard à vaisselle. (Oui, c'est fourbe)
                  • De plus, c'est une excellente activité mathématique, qui s'apparente, pour le moment, à une mise en correspondance terme à terme, mais qu'il sera facile de faire évoluer par la suite vers une situation de dénombrement. Quand nous placons le couvert, je passe commande à Antonin : "Bon, pour commencer, il faut mettre 4 assiettes. Une pour Papa, une pour Louiselle, une pour toi et une pour moi". La procédure préférée d'Antonin est de prendre un certain nombre d'assiettes, sans se préoccuper de savoir s'il y en aura assez ou trop, et de les placer devant nos chaises respectives. Mais parfois aussi il les sort une à une en énumérant : "Pour Papa... Pour Maman...".
                  • Enfin, c'est l'occasion rêvée de faire un petit bain de langage mathématique : "Oh, tu as vu, il y en a trop !  Il faut deux fourchettes, il y en a trois, une en trop." Croyez-moi si vous voulez, mais si Antonin ne sait pas encore vraiment compter, il sait très bien quelle quantité représente le mot "deux" : comme deux chaussons par exemple. Appliqué à la vie de tous les jours, ça donne : "DEUX TRACTEURS !!!" quand nous avons l'incroyable chance de croiser deux tracteurs à la suite lors d'une promenade (je sais, notre vie est merveilleuse).

                  Bon week-end à tous (sous le soleil, si, si, on y croit) !!

                  jeudi 11 avril 2013

                  Sous les combles

                  Je poste rapidement quelques photos de la pièce sous les toits, qui nous sert de bureau et d'atelier, et dans laquelle j'ai installé les activités montessoriennes d'Antonin. Quel bonheur de ne plus avoir à tout installer et dés-installer chaque matin !!


                  Le Damoiseau s'est remis au "travail" avec beaucoup d'entrain : nos séances, qui duraient une dizaines de minutes en moyenne dans notre ancien appartement, peuvent maintenant nous prendre une heure ! Il est vrai que je laisse à présent beaucoup de choses à sa disposition, comme vous pouvez le constater.


                  Il n'y a pas beaucoup d'activités nouvelles. Tout de même une ou deux, dont je vous reparlerai bientôt. Mais pour le moment, j'ai surtout mis l'accent sur "Faisons la même chose ailleurs" pour qu'Antonin prenne ses repères dans l'espace. C'est chose faite ! ;-)


                  Et de onze...



                  La Damoiselle a onze mois ! Vous le croyez, ça ??

                  Nous, non. Et d'ailleurs, il y a plein de choses dont on doute : euh, par exemple, il nous semble bien qu'elle dit "Maman", "Papa" et "Tiens" (prononcez : "Da"). Alors, je ne sais pas, on délire peut-être complètement. Mais quand elle dit "Maman" en me regardant droit dans les yeux, puis "Papa" en tournant les yeux vers son père ? Quand elle me tend son chausson avec insistance en répétant : "Da ! Da !" ??

                  D'ailleurs, voilà plusieurs mois déjà que Louiselle montre une grande attention aux mouvements de nos lèvres : elle aime toucher notre bouche, imiter les petits bruitages ou les sons que nous produisons. Elle est très douée ! Et c'est elle qui a appris à son frère à faire des bisous... :-) Mais point de signes pour le moment... Il est vrai qu'elle est encore toute petite, et que je ne suis pas, moi, aussi assidue que je le devrais, je pense !

                  L'équilibre de Louiselle est optimal. Elle se déplace très souplement avec appuis, s'accroupit, se penche, se retourne, lève une jambe puis l'autre, lâche une main, puis l'autre, parfois les deux : mais c'est calculé, elle retombe sur sa couche avec un air de grande maîtrise ! À quatre pattes, elle se déplace plus rapidement que n'importe lequel d'entre nous sur nos deux jambes ! Alors, à quoi bon marcher, je vous le demande... ;-)

                  Manger avec ses doigts est important pour un enfant de son âge, mais c'est évidemment un gros carnage. La manière qu'a Louiselle de se nourir est pour beaucoup dans l'énorme lassitude que je ressens au niveau de la gestion des repas. Du coup, le midi, j'essaie de proposer les "repas-doigts", avec des plats spécialement pensés pour être mangés avec les mains : crudités en tous genres, "crêpes" de quinoa, "toasts" de polenta surmontés de purée de légumes persillée, beignets de chou-fleur, tourte aux champignons... Bref, les enfants peuvent explorer les aliments sans que j'aie trois heures de ménage en perspective ; et j'ai l'impression d'ailleurs qu'ils mangent ce genre de plats avec un appétit redoublé !

                  D'ailleurs, le contrôle des mains se développe encore et encore. Onze mois que ce travail est en cours ! Louiselle continue de remplir et vider avec beaucoup de concentration tous les paniers de la maison. Au moment où j'écris, elle est en train de vider un petit meuble à tiroir à mes pieds, et passe beaucoup de temps à explorer chacun des objets qu'elle en sort : petits albums photos, porte-encens, écouteurs dans leur sachet plastique... Des boui-boui, quoi. Rien de mieux pour permettre à maman d'écrire son article du jour ! ;-)

                  Ses passions se confirment : les instruments de musique, l'aspirateur, les cailloux boueux, les livres et les animaux. Ce matin, nous sommes allés rendre visite à un groupe de poneys qui a vraiment fasciné la Damoiselle !!

                  Et je songe déjà à la fête que nous allons faire dans un mois... Je voudrais vraiment organiser une journée spéciale, mais qui soit en même temps à sa mesure de toute-petite, quelque chose qui ait du sens pour elle et dans lequel elle puisse prendre ses repères... Et je songe aussi à des cadeaux possibles... Des idées ? ;-)

                  mercredi 10 avril 2013

                  Vaincre le chaos

                  Connaissez-vous le chaos ? C'est une espèce d'ombre noire et gluante qui nous suit pas à pas, les enfants et moi. Il se cache, près à bondir. On ne le voit venir, généralement, que trop tard. Quand mes deux bébés sont en larmes et que j'hésite, moi, entre me fâcher très fort et pleurer à mon tour, c'est lui : c'est le chaos. Il nous a eu.

                  Je suis bien décidée à lui faire la peau. Et j'ai commencé par repérer les situations quotidiennes dans lesquelles il était prompt à se manifester.Voici quelques moments clefs sur lesquels j'ai la ferme intention de travailler dans les mois à venir pour enrichir et assainir notre vie de famille. Vous me suivez ?


                  1. Sortir tous les jours.

                  Bon, je dois quand même admettre que nous n'y parvenons pas trop mal. Malgré les averses incessantes, nous sommes sortis tous les jours dans notre jardin. Bon, OK, parfois, cela ne durait que quelques minutes. Bon, oui, j'ai frisé la crise de nerfs plusieurs fois. Il faut 10 minutes montre en main pour enfiler sur-pantalons imperméables, manteaux et chaussures à toute la petite famille. Au bout de 5 minutes, généralement, soit Antonin réclame le pot, soit il fait pipi dans sa culotte - les deux allant d'ailleurs de pair la plupart du temps. Il faut alors rentrer, déshabiller tout le monde, poser le Damoiseau sur le pot pendant que je cours chercher des vêtements secs et que Louiselle explore la poubelle à compost pleine d'épluchures noircies, courir après Antonin pour le laver et le rhabiller, enjamber les traces boueuses qui zèbrent à présent le sol de la cuisine... Mais stop. Vous avez vu ? Le chaos. C'est vite fait, hein ?

                  2. Faire des repas des moments de joie, de détente et de partage.

                  Haha. La bonne blague. Pour moi, les repas sont des moments incroyablement stressants, pendant lequels les deux enfants sont épuisés, affamés, excités... À tel point qu'hier, mon homme et moi avons pris la décision de ré-instaurer le dîner en deux temps - les enfants d'abord, et nous lorsqu'ils seront couchés. C'est difficile pour nous, mais nous n'en pouvons plus. Mon mari grignote, une fesse sur sa chaise, en donnant la becquée à Louiselle ; Antonin fait tomber ses couverts, renverse son verre, se sert en en répandant partout, frappe la table en cadence avec ses poings et ses couverts (bientôt imité par sa soeur), finit par pousser des cris stridents (rejoint par Louiselle...)... Je crois bien que je ne parviens pas à rester assise plus de 2 secondes 15. Et je ne mange plus, ou mal, ou trop vite... Et voilà. Le chaos. Pff.

                  3.Oublier Internet un jour par semaine.

                  Je suis une digital Mum. De celle qui vont sur Internet toutes les cinq minutes (pour consulter la météo, prévoir le menu du dîner, dénicher un modèle de tricot, lire l'actualité etc.). À vrai dire, je me demande parfois dans quelle mesure ce n'est pas une véritable dépendance. Bon, je n'ai pas trop envie que mes enfants se souviennent de moi comme d'une vague silhouette scotchée devant un écran. Et tout le temps perdu sur la toile est du temps que je ne passe pas avec ceux que j'aime. Alors, le challenge, c'est : Internet, oui, pour bloguer et échanger par mail. Le reste, j'oublie, et il y a fort à parier que cela ne me manquera même pas. Et j'instaure dès à présent un "jour sans" : ce sera le samedi, mon shabbat à ma sauce. ;-)

                  4. Jouer avec mes enfants une heure par jour.

                  Je passe plein de temps avec mes enfants. En fait, je passe tout mon temps avec eux. Dans la même pièce. À les observer amoureusement du coin de l'oeil. Mais j'ai souvent un tricot dans les mains, ou un livre, ou du papier et un crayon - ou un écran et un clavier... Leur donner de l'attention consciente, m'asseoir avec eux sur le sol, sans rien dans les mains, et les laisser m'entrainer dans leurs jeux ? Moui. Si, si, je le fais. Mais je me suis aperçue que j'avais du mal à tenir plus de quelques minutes. Alors maintenant, même si c'est un peu artificiel, je regarde l'heure. J'en suis à un quart d'heure par jour d'attention complète et disponible. Je compte allonger ce créneau jusqu'à une heure (pas forcément d'affilée). Voilà qui devrait nous permettre de faire le plein de relation et tenir le chaos en respect.

                  ÉDIT DU 17 AVRIL : 
                  Suite à la judicieuse remarque de Chloé, j'ajoute un 5e point :

                  5. Lâcher prise

                  Bon, c'est vrai "vaincre" le chaos, c'est peut-être un peu ambitieux. Surtout quand on l'envisage dans sa définition originelle de "confusion générale des éléments de la matière" (par exemple, avant la formation du monde). Soit. Alors, disons que quand il se manifeste, je lâche prise. Je l'ai déjà fait une fois depuis la rédaction de ce billet. Je change de pièce. Je vais respirer. De toute façon, ça ne peut pas être pire, hein ?  

                  Voici un vaste programme, et vous en entendrez re-parler...

                  Si vous avez des conseils pour m'aider à organiser tout cela, merci de partager !!

                  Ma maison Montessori : le salon

                  (Vous dites comment, vous ? "Salon" fait un peu pompeux, "salle à manger" n'est pas forcément adapté, "salle de séjour" m'évoque les fauteuils enjuponnés des années 80... "Pièce à vivre" n'est pas mal, finalement, pour calquer la désignation anglaise "living-room"... ?)

                  Je commence aujourd'hui une série d'articles sur l'aménagement des pièces principales de la maison (salon, cuisine, entrée et escaliers, salle de bain, chambres d'enfant). Depuis le début de notre projet "maison", j'ai pris quelques notes pour moi-même, histoire de bien visualiser ce qui me semblait important, et je me dis que cela pourra peut-être nourrir la réflexion de tous ceux et celles qui veulent changer quelques petites choses dans leur aménagement de l'espace !

                  Je distinguerai à chaque fois ce qui appartient à une organisation matérielle adaptée aux enfants de ce qui concerne l'ambiance, plus subtile mais à mon sens tout aussi capitale.

                  Ambiance :

                  Le salon est la pièce de la vie de famille, des interactions sociales avec tous les codes que cela suppose, et des jeux en intérieur. Il est souvent localisé au coeur de la maison, et symbolise la chaleur et les relations humaines.

                  Il est difficile de détailler ce qui fait qu'une ambiance se réalise ou pas. Il suffit parfois de pas grand chose pour qu'une pièce se mette à dégager quelque chose. Je pense que lorsqu'on veut aménager son salon, il faut vraiment essayer d'avoir en tête la fonction de cette pièce : encourager l'empathie, la communication, l'interêt pour l'autre. Si vous voulez réorganiser cet espace, posez-vous certaines questions. Que faites-vous en famille, dans votre salon ? Préférez-vous vous réunir autour d'une lecture d'album ou faire des câlins géants sur le canapé ? Aimez-vous les jeux de société ? Jouez-vous d'un instrument de musique ? Est-ce là que vous et vos enfants dessinez et bricolez ?

                  Chez nous, le salon est la première pièce sur laquelle nous avons agi, en arrachant dès notre arrivée le jonc de mer moisi étalé grossièrement sur le sol. En dessous se trouve un plancher en mauvais état, mais sain. Dès le mois de mai, nous verrons si nous pouvons le réhabiliter ou si nous le recouvrons de parquet flottant. Évidemment, cela donne pour le moment à la pièce des allures de grenier. Il y a bien d'autres choses à arranger : un voilage clair aux carreaux qui filtre les regards des passants (nous sommes au rez-de-chaussée, et le salon donne sur une rue) sans ternir la lumière du soleil qui se lève juste dans l'axe de la fenêtre. Puis je trouve que dans l'ensemble, cela manque de confort, de fauteuils creux et de textures moelleuses, de gros coussin joufflus qui donnent envie de se nicher en famille sur le canapé et d'y lire la dernière histoire avant le coucher. La disposition des sièges est vraiment à repenser de façon à encourager les conversations et les contacts. Les chaises pourraient esquisser un cercle, ce qui susciterait certainement plus d'interactions que de les plaquer contre le mur comme nous avons tendance à le faire. Notre "coin lecture" et son rocking chair ont également besoin d'être éclairés d'une bonne lampe. Le salon est d'ailleurs une pièce qui nécéssite à la fois un éclairage tamisé, pour les moments intimes, mais aussi une lampe forte, pour tous les travaux nécessitant "de bons yeux" (couture, tricot, dessin, travaux manuels...).


                  Dans l'ensemble, nous aimons les couleurs naturelles, les bruns et les ocres. Néanmoins, j'aimerais réveiller un peu ce côté "terrien" par quelques touches de rouge et de jaune vifs qui, pour moi, instillent un climat de chaleur et de connivence. Mais rien n'interdit les couleurs dites "froides", les bleu océan et les vert forêt : bien au contraire, ils rafraichissent et apaisent, surtout si la pièce bénéficie d'un bon éclairage naturel et d'une exposition agréable.  Et pourquoi pas ne pas tout mélanger ? C'est la mode, parait-il !

                  Dans la mesure du possible, bannissez de cet espace télévision, lecteur DVD, ordinateur avec sa connexion Internet et ses jeux téléchargés, IPods en tous genres, Xboxes, et tout ce que j'oublie de divertissements électroniques. À mon humble avis, une bonne partie de ces instruments peuvent tout simplement être supprimés. Je ne vais pas partir ici dans une diatribe contre la télévision, car à force de ne pas l'avoir, je ne sais même plus ce qu'elle induit. Disons juste que je suis toujours profondément navrée quand je passe une soirée avec des gens intelligents qui parlent pendant plusieurs demi-heures de... Top chef. Oh, avec la pointe de recul et d'ironie d'usage lorsqu'on parle d'émissions de variété, bien évidemment. Le temps de cerveau humain disponible a pourtant mieux à faire, et nous sommes tous d'accord pour le dire...

                  La configuration de notre nouvelle maison nous a permis de placer notre matériel informatique dans une petite pièce attenante à notre chambre. C'est vraiment quelque chose que j'apprécie !!

                  C'est d'ici que je blogue ! ;-)

                  Aménagement de l'espace :

                  Le salon est la pièce idéale pour apprendre le respect d'autrui. Le désir de la plupart des adultes est de garder cette pièce rangée, que ce soit pour leur confort personnel ou pour celui de leurs invités. Mais le temps où les meubles dormaient sous des housses dans des pièces closes en attendant les visites est, me semble-t-il, révolu. Les familles sont souvent aujourd'hui un peu à l'étroit et ne peuvent se permettre de sacrifier une pièce ainsi. Les salons s'ouvrent donc aux petits Foulbazars... ce qui est tout à fait conforme à la philosophie montessorienne ! Chacun des membres de la famille a un statut équivalent, et personne n'a à être exclu d'une zone de la maison. Un enfant apprend tellement au simple contact des adultes et aînés, ce serait vraiment dommageable de le priver de leur compagnie !

                  Même si les enfants sont grands, il est important de leur réserver un espace avec quelques jouets. Bien qu'au delà d'un certain âge, ils préferent souvent se retirer dans leur chambre quand leurs parents ont des conversations ou des occupations d'adultes dans lesquelles ils ne trouvent pas d'intérêt, ils doivent avoir la possibilité de rester si cela les tente. Jouer dans l'aura de sa famille, même sans interaction directe, réconforte et nourrit.

                  Quant aux enfants plus jeunes, c'est toute l'organisation de l'espace qui va s'organiser autour d'eux, pour la simple et bonne raison que jusqu'à 3 ans et demi environ (jusqu'à ce que le langage maitrisé permette une mise à distance et développe la capacité de regarder et de penser les choses), l'enfant explore avec sa main, voire sa bouche. Antonin comprend parfaitement quand nous lui disons de ne pas toucher à quelque chose.  Mais ces "règles" ne dirigent pas encore ses comportements. C'est scientifique : la zone du cerveau qui entend et comprend "Tu ne dois pas déranger nos livres" n'est pas encore bien connectée à la zone d'inhibition de l'action. D'où la nécessité de tout sécuriser pour que les petits puissent toucher à tout ce qui est à leur portée dans la maison !

                  Réservez donc un emplacement pour une dizaine de livres d'enfants et quelques jouets. Deux par enfant me parait être parfait. Si l'enfant ne s'y intéresse pas/plus, c'est qu'il est temps d'organiser un roulement. Si l'idée de laisser des jouets à vue sur des étagères vous rend nerveux, un placard peut être un bon compromis : les jouets, rangés par catégorie dans des paniers, s'y trouveront cachés une fois les enfants couchés. Et bien sûr, encouragez votre enfant à ranger, tout en ayant en tête qu'il s'agit d'un apprentissage long et progressif...


                  Bon, vous pouvez constater qu'il y a chez nous un peu plus de 4 jouets à disposition ; en fait, comme nous avons beaucoup d'étagères, c'était cela ou les laisser vides. J'ai triché un peu : au lieu de proposer à Louiselle plusieurs petits hochets dans un panier, j'en dispose un dans chaque cube de bois. Les deux premiers niveaux sont surtout destinés à Louiselle, et le troisième, qu'elle ne peut atteindre, à Antonin. Il y trouve tout son matériel d'arts plastiques (pâte à modeler, gommettes, carnet et nécessaire à dessin). Les niveaux supérieurs, inaccessibles aux petites mains, sont réservés aux objets des adultes.

                  En fait, je trouve que le salon est une des pièces de la maison la plus facile à arranger pour accueillir l'enfant. En plus de l'espace rangement,  il suffit d'installer :

                  • Une petite chaise. On en trouve de très bon marché chez Iké*. Veillez seulement à scier les barreaux de manière à ce que les pieds de votre enfant touchent le sol. Voici les hauteurs indicatives des sièges pour enfant selon leur âge (pour des enfants de taille moyenne) :
                  - 18 mois : 20 cm.
                  - 2/3 ans : 22 cm.
                  - 3/4 ans : 25 cm.
                  - 4/5 ans : 29 cm.
                  - 5/6 ans : 30 cm.

                  Et si votre enfant grandit si vite que vous ne pouvez suivre, gardez à l'esprit qu'il vaut mieux une chaise trop basse que trop haute...

                  • Une petite table. Voici les hauteurs idéales selon les âges : 
                  - 18 mois : 40 cm.
                  - 2/3 ans : 44 cm.
                  - 3/4 ans : 50 cm.
                  - 4/5 ans : 58 cm.
                  - 5/6 ans : 60 cm.

                  Cependant, si vous manquez de place ou d'argent, la table basse familiale fait très bien l'affaire, à condition que son plateau ne soit pas en verre. Elle peut accueillir plusieurs enfants côte à côte, ce qui est un avantage certain. 


                  • Un gros coussin de sol. Certains enfants aiment s'allonger en cas de fatigue sans être relégués dans leur chambre. Certains dorment même ainsi, entourés des bruits familiers de la maison ! Les autres aimeront s'y installer pour feuilleter un album ou écouter de la musique.

                  En résumé, nous avons bien du travail par ici pour rendre cette pièce commune aussi agréable que nous avons envie qu'elle soit. Mais l'important, c'est qu'elle soit déjà très investie par toute la famille ! ;-)