mercredi 19 décembre 2012

Bonnes vacances !

Une journée ordinaire chez nous… Antonin passe l’aspirateur (car oui, je dois réparer une injustice : il n’y a pas que la vaisselle dans la vie du Damoiseau ! Il y a aussi l’aspirateur !!)


Et Louiselle le suit à la trace, et de si près que j’ai parfois peur qu’elle se fasse aspirer !  :-D


Je réfléchis beaucoup ces derniers jours sur ce qu’implique être un cadet dans la vie de tous les jours. Je suis moi-même l’ainée dans ma fratrie et n’avais jamais envisagé cela « de l’intérieur » avant la naissance de ma fille…

Vous aurez mes réflexions sur ce sujet une autre fois ! Mon ordinateur prend des vacances… Il y a mieux à faire en cette période de l’année qu’à blogger, vous ne trouvez pas ?

Je vous souhaite à tous d’excellentes fêtes de fin d’année (Co-l’exilée, je pense fort à toi !), et vous dis : à l’année prochaine !

mardi 18 décembre 2012

Travailler sur un tapis


Vous savez que dans une classe Montessori, on apprend à l’enfant à installer un petit tapis s’il désire travailler au sol. Cela permet à la fois de délimiter l’espace de travail (non, non, on n’éparpille pas tous ces tout petits éléments partout !) et le temps de l’activité (on installe le tapis au début, et on le replie à la fin, ce qui suppose que le matériel ait été rangé).

Ce système parait si simple à mettre en oeuvre qu’il a séduit beaucoup de Mamans qui, comme moi, l’ont instauré à la maison.

Ce que je propose à mes enfants, ce sont des jeux, des jouets, et pas du matériel pédagogique. Ils sont trop petits pour cela. J’organise les objets que je leur propose selon un ordre dont je vous ai déjà parlé à plusieurs reprises, mais je ne suis pas constamment derrière eux en train de re-ranger ce qu’ils déballent, croyez-moi, allègrement. Nous rangeons ensemble quand c’est l’heure de le faire. Et si Antonin me réclame un jeux qu’il n’a pas à sa disposition, j’exige que tout ce dont il s’est servi avant soit rangé. Pour finir sur ce point, je dirai que l’organisation montessorienne (pas tous les jouets à la fois, et disposés de façon aérée sur des étagères basses) facilite grandement le rangement, qui ne nous prend jamais que quelques minutes.

Mais petit à petit, l’enfant grandit, et j’en suis venue, tout doucement, vers ses 18 mois, à proposer des activités plus structurées à Antonin, des activités qui commencent, il est vrai, à s’apparenter à des tâches scolaires (dans le bon sens du terme, je l’espère). C’est le cas quand je lui propose ses abaques ou ses perles pour un tri, par exemple, mais aussi certains puzzles ou boîtes à formes compliqués. Ce matériel-là, je ne le laisse pas à disposition, car je n’ai pas de « salle d’activité » consacrée : essayez de laisser des abaques avec leurs quelques 50 perles à disponibilité dans le salon, et vous reviendrez vite sur votre choix, surtout quand votre deuxième enfant crapahute dans tous les coins et porte tous les objets  qu’il rencontre à la bouche… d’autant plus si c’est petit et susceptible d’être avalé, bien sûr.  ;-)

Tout naturellement, pour renforcer la particularité de ces activités pédagogiques, je les proposais sur un tapis. Nous en avons deux, qui sont roulés dans un baril sous la fenêtre d’Antonin.

Il a tout de suite compris. Et aujourd’hui, il « réclame » même ces séances en allant chercher lui-même un petit tapis qu’il dispose sur le sol – encore maladroitement, d’ailleurs.

J’essaie de lui proposer ces temps privilégiés une fois par jour. Je me rends disponible, je reste à côté de lui en observant et en essayant de me taire (!). Parfois même, je fais autre chose à ses côtés.

C’est ainsi que j’ai souvent de belles surprises. Hier, j’ai sorti les grosses perles, et nous avons commencé par faire quelques colliers à quatre mains. Puis Antonin s’est levé pour aller chercher ses bols en bois. L’intention était clair : faire des tris. Je me suis mise en retrait et m’en suis totalement désintérressé pour exécuter un petit bricolage dans mon coin. Au bout d’un moment, le silence du Damoiseau m’interpèle. Je lève les yeux : il contemple son oeuvre, très sérieux, de l’air de quelqu’un qui a achevé une tâche. Je regarde dans les bols. Parmi les perles, Antonin a sélectionnée les élipsoïdes qu’il aime tant. Bon, première compétence : tri de forme. Bien. Il les a ensuite disposé dans les bols en fonction de leurs différentes couleurs. Tout cela, on connaît bien, ici. Mais l’attitude recueillie d’Antonin m’indique qu’il y a autre chose… Je me penche… Surprise ! Dans chaque bol, il y a deux perles. Et seulement deux. C’est ce qu’on appelle, en didactique des mathématiques, « réaliser quatre collections équipotentes ». J’en suis restée comme deux ronds de flan !  :-D


Je suis persuadée que cette belle performance n’aurait pas vu le jour sans le tapis et l’état de concentration particulier qu’il induit…

lundi 17 décembre 2012

Maison d'enfance

Ça y est ! Nous avons trouvé la maison d’enfance de nos enfants !

Nous l’achetons (et emménageons) au printemps


C’est drôle comme le fait d’être sensibilisée à la pédagogie Montessori a affecté mes critères de choix concernant les maisons visitées. Et maintenant que mes rêves d’aménagement ont une matière concrète à exploiter, j’ai tendance à tout projeter en terme d’ambiance et d’adaptation à l’enfant ! ;-)

Elle est bien, cette maison. Elle n’est pas parfaite, certes, mais elle est bien. Bon, le rendez-de-chaussée est à restructurer totalement, et je ne visualise pas encore très bien comment nous allons faire tenir une cuisine, une pièce à vivre et un coin repas dans ses 40 mètres carrés – d’autant que j’aimerai bien qu’on crée aussi l’espace pour une petite entrée. C’est important, l’entrée – symboliquement, le sas entre deux mondes, extérieur et intérieur. Mais aussi, beaucoup plus pratiquement, l’endroit dans lequel on remise les manteaux, les chaussures, où on dispose deux ou trois miroirs… Pas besoin d’être montessorienne pour savoir à quel point c’est important – toutes les Mamans ont expérimenté cela, n’est-ce pas ?
Au mileu de ce flou artistique qu’est la pièce à vivre, brille un astre : c’est l’âtre, la cheminée. Qui est là où elle est et n’en pourra pas bouger. Je sais déjà que c’est autour d’elle que s’organisera un aspect essentiel de notre vie de famille : renouer avec les gestes séculaires – se chauffer, lire, jouer ou tricoter, et, oui, cuire des pommes de terre sous la braise… Nos enfants apprendront à faire naitre un feu, le nourrir, l’humer, le savourer, l’éteindre s’il le faut. La notion de chaud et de froid prendra pour eux une dimension vivante. L’hiver, la vie se resserra autour de lui. L’été, nous l’oublierons un peu, certainement, et nos quartiers s’élargiront…
Notre maison, c’est une maison qui se vit dans les étages. Quatre fois 40 mètres carrés, avec des escaliers assez ardus entre chaque étage… Aïe, il va falloir aménager, je songe déjà à construire des petites rampes taille enfant…


Mais aux étages… Merveilles !
Une vraie belle salle de bain ! Vous ai-je déjà dit que celle de notre appartement actuel mesurait 3 mètres carrés ? Et que cette pauvre superficie est rongée par une table à langer et par un bidet inutile et mal soudé au sol (j’ai essayé de le recycler en lavabo pour enfant : impossible !) ? Voilà pourquoi vous n’en avez jamais vu de photos ! Antonin se débrouille plutôt bien pour sa toilette, mais j’avoue que cela tient plus du miracle que de l’aménagement de l’espace ! Par contre, notre future salle de bain est une bénédiction. Pour nous, les adultes, pour mon mari qui est si grand qu’il n’a jamais pu prendre un bain de façon confortable (là, ce sera possible), mais aussi et surtout pour les enfants : dès que je l’ai vu, déserte et figée dans sa nudité de pièce à vendre, J’AI VU ! J’ai vu les éclaboussures joyeuses déborder de la large baignoire, j’ai vu l’espace disponible pour installer (enfin !) un espace-pot de façon permanente à côté des toilettes pour adultes, j’ai vu qu’il y avait de la lumière pour disposer des plantes vertes et suffisamment de place pour quelques demi-douzaine de tables à langer (oui, j’exagère un peu, là…) ! J’ai vu que c’était un bon endroit pour apprendre à prendre soin de son corps. J’ai vu que mes enfants allaient aimer se baigner dans cette pièce, que j’allais aimer, moi, me détendre dans cette baignoire, que nous allions tous adorer y faire des bulles et des concours d’apnée. Cette salle de bain respirait l’amour de la santé et de la propreté – comme toute salle de bain qui se respecte ! Pardonnez mon enthousiasme, mais je n’ai jamais eu de salle de bain qui se respecte… :-D

Des chambres ! Plein de chambres ! Trois chambres, en fait. C’est-à-dire une pour le couple, et une par enfant. Au cas où cette information vous aurait échappé, dans notre appartement actuel, Louiselle dort la nuit dans le salon. Nous déplaçons son lit (heureusement que ce n’est pas un lit à barreaux !) en journée dans la chambre des parents pour qu’elle puisse y faire ses siestes tranquille. Franchement, vous trouvez ça feng-shui, vous ? Je suis persuadée qu’un tout-petit a besoin d’un espace bien à lui. Et je suis persuadée que nous, parents, avons besoin de garder notre chambre libre tout au long du jour (et comment je fais pour blogger, moi ?). Dans notre prochaine maison, ma fille aura enfin quelques mètres carrés bien à elle. Et j’ai du mal à m’endormir en ce moment parce que je peaufine les détails de sa chambre : le coin sommeil, le coin jeu, le coin vêtements… Une vraie chambre montessorienne, je vous promets rien de moins ! ;-)

Ah, une chambre par habitant (ou presque), pour que chacun puisse se reposer, dormir, et s’éveiller ! Ce sont là les fonctions premières d’une chambre, n’est-ce pas ? Un lieu pour les jeux d’intérieur, et surtout un lieu pour la détente; trois chambres aux jolies fenêtres de cadres en bois et espagnolettes baroques, ouvertes sur la montagne (et les jardins des voisins, mais en été, grâce à l’abondance de la végétation, on les oublierait presque), baignées de lumière douce et de tendres ombres crépusculaires.
Des combles aménagés (voir la première photo) : la salle d’étude idéale ! Hélàs, trois fois hélàs, l’instruction en famille est une option fermée chez nous pour des raisons financières. Mais comme je suis professeure des écoles, j’ai pléthore de matériel pédagogique que j’ai toujours souffert de devoir reléguer à la cave faute d’espace (veridique…). Je visualise déjà une pièce entière composée de petits espaces pour que tout à chacun passant dans le coin puisse s’attabler et s’atteler à une activité qu’il désire. Je ne me fais pas d’illusion, je sais que, contrairement à ce que certaines pédagogies alternatives prétendent (!!!???), l’enfant préfère jouer à travailler (si, si, il y a tout de même une différence !), mais je connais mon métier et j’ai quelques astuces pour brouiller (un peu) les frontières entre les deux mondes. En tous cas, moi, je travaillerai là, et mon homme aussi. Cela suffira certainement pour y attirer quelques fois nos deux enfants. Et d’ailleurs ils auront des devoirs à faire, non ? (Grrrr ! : pour ceux qui débarquent, je ne suis pas trop POUR les devoirs à la maison…)

Voilà pour la maison. Mais nous n’achetons pas qu’une maison. Nous achetons aussi un jardin. Et là, je dois dire, je suis tombée sous le charme dès que j’ai posé un pied dessus. C’est un jardin idéal, ni trop petit ni trop grand, bourré d’arbres fruitiers (deux figuiers, quatre pommiers et un actinidia… Question à mille euros : quel est le fruit de l’actinidia ?)… Un petit coin de nature à nous, notre petit bout d’extérieur dans ce monde de brutes, tout ce qu’il faut pour abreuver les citadins assoiffés que nous sommes. Quatre cents mètres carrés d’immensité, des arbres robustes à escalader, des haies composites filtrant la lumière rasante. Un futur paradis pour oiseaux, hérissons et chats errants. Dans ce jardin, toutes les dimensions sont représentée : l’écrasante et spectaculaire montagne à l’horizon, le nid débordant de merluchons qui fait ployer sa branche, la fourmi qui s’affaire à trinballer un en-cas huit fois gros comme elle… L’émerveillement, père de la philosophie, attend mes enfants à chaque détour de touffe rebelle. Nous suivrons tous les jours, et vivrons dans notre chair, même insconsciemment, la course du soleil d’est en ouest, balayant notre petite terre d’un afflux d’émotions, et libre à nous de les accorder avec nos ressentis du moment – délectation, étonnement ou reconnaissance. Ce jardin est un quartier de nature brute prompt à éveiller en vous des amours transcendentaux. Ben si. Pour moi, ce jardin s’appelle guérison, respect et tolérance. La photo ne vous le montrera pas, mais je vous assure que c’est ainsi que je l’ai ressenti !!!!!!  ;-)

dimanche 16 décembre 2012

L'unique activité d'Antonin


Voilà bien longtemps que je n’ai pas posté au sujet des activités du Damoiseau. Non pas que je ne lui propose rien en ce moment. Mais… Les deux ans d’Antonin approchant à grands pas, je m’imaginais naïvement qu’il allait enfin finir par s’intéresser aux activités plastiques. Ha, ha. Je propose, je propose. Et le bilan est simple : il est nul. ;-)

Par exemple, j’ai mis en place de nouvelles activités de modelage. Mais Antonin n’aime pas modeler, encore que les petites boules de pâte colorées aient fini par trouver grâce à ses yeux quand il a réalisé qu’il pouvait en remplir sa dinette. Il imite les gestes qu’il nous a vu effectuer avec (rouler une boule ou un « boudin » entre la table et la paume), mais n’a pas encore la main assez musclée pour obtenir ces résultats. Je doute même que ce soit là son véritable objectif ; il nous imite, et cela lui suffit.


Prenant mon courage à deux mains, j’ai mis sur pieds plusieurs fois des activités de peinture. Antonin s’y intéresse uniquement par politesse (et jamais plus de cinq minutes). Même si je lui propose de peindre à la fourchette.

Vous l’aurez compris, rien de nouveau sous le soleil : Antonin n’aime qu’une chose, et ce sont ses gamelles (et les miennes). Confiez-lui votre poêle à frire et il s’occupera dans la plus grande concentration tout l’après-midi ! ;-)

Pensiez-vous que j’allais baisser les bras ? Non, bien sûr que non. En exploitant sa passion, je me suis dit que j’allais tout de même finir par trouver des activités qui lui plaisent. Au programme : versés en tous genres et transvasements d’eau d’un récipient à l’autre à l’aide d’une éponge, ou d’une louche. Verdict du Damoiseau : moui-bof. Je pense qu’Antonin dirait volontier que tout cela, c’est très surfait. Est-ce que Papa et Maman s’amusent à déplacer de l’eau avec une louche, eux ? Non, n’est-ce pas ? D’ailleurs si je lui propose un récipient d’eau, il va immédiatement… le vider dans l’évier. Ben quoi, c’est là que ça va, non ?
Je prends mon mal en patience. Viendra un temps où Antonin aimera toutes ces activités, j’en suis sûre, mais cette heure n’est pas encore venue.

Bon. Il y a néanmoins une activité, une vraie, qui peut l’occuper pendant une heure montre en main. C’est faire la vaisselle. De préférence dans notre évier, mais sur son plan de travail aussi. À condition qu’il y ait de la mousse.  ;-)


Pourvu que ça dure ! ;-D

jeudi 13 décembre 2012

Ce que Louiselle préfère


Louiselle a eu 7 mois cette semaine et notre appartement n’a plus de secret pour elle !

Depuis mon dernier article sur le sujet, ses centres d’intérêt ont un peu changé. Les goûts de la Damoiselle s’affirment et elle peut à présent les exprimer pleinement depuis qu’elle est la championne hors catégorie du quatre pattes. Et si les balles et les récipients légers remportent toujours une adhésion sans faille (ah, la dînette d’Antonin !), la Damoiselle s’est découvert d’autres passions récemment. Voici donc un petit tour d’horizon qui inspirera peut-être certains d’entre vous :
- Louiselle se passionne pour les visages. Son frère lui prête obligeamment sa poupée et elle n’en finit pas de l’observer, la toucher, la suçoter. Il y a quelque temps, j’ai tricoté à cette poupée un petit bonnet, juste un poil trop grand pour qu’Antonin puisse s’exercer à l’ôter et à le remettre, mais il ne s’y est, pour le moment, pas intéressé. En tous cas, cette petite poupée métisse est parfaite pour les expérimentations de Louiselle, avec son corps tout souple et tout doux !


Du coup, je propose aussi à Louiselle l’imagier de notre famille que j’ai fait pour Antonin et dont j’ai arrondi les angles pour qu’elle puisse l’explorer sans danger. Elle s’y plonge avec beaucoup de concentration et de sérieux et souvent son frère le lui « lit », en tournant doucement les pages devant elle et en faisant des commentaires dans sa langue (que Louiselle semble comprendre sans aucune difficulté, contrairement à moi…). C’est chou ! Dans le même esprit, je lui propose un petit miroir dans lequel elle peut observer son propre visage et jouer sur son apparition/disparition.
- D’ailleurs, les livres commencent à intéresser très sérieusement la Damoiselle. J’ai donc disposé un petit panier contenant des petits formats très solides qu’elle peut malmener sans dommage. Elle s’exerce à tourner les pages ! Et quand elle s’y interresse d’un peu trop près (comprenez : bouche baveuse en avant prête à engloutir !), son frère lui rappelle avec zèle une des règles de la maison : "Non, non, non ! On ne peut pas !" . Car chez nous, quoiqu’on les dévore, on ne mange pas les livres, même si on a 7 mois.
Les jeux de langue la font rire aux éclats ! Elle adore quand Antonin et moi imitons le cri des animaux ou que nous chantons et mimons les comptines préférées de son grand frère ("Pomme de Reinette et pomme d’Api" et "Les petits poissons dans l’eau" ). Et la bonne vieille comptine-chatouille "La p’tite bête qui monte" la fait se tordre – dans tous les sens du terme…


- Nous jouons beaucoup avec nos cubes en mousse – qui n’avaient d’ailleurs que médiocrement intéressé Antonin au même âge. Je les empile et Louiselle joue au bulldozer : détruire la tour, attraper un à un les malheureux cubes éparpillés, les secouer, les mordre en poussant des feulements sauvages, les jeter au loin… Ce serait un jeu sans fin si Antonin ne décidait généralement d’y mettre le holà, en remisant les cubes maltraités d’un air digne. Je le soupçonne d’être légèrement vexé que ce ne soit pas à lui que je propose de détruire mes tours !!  ;-)


- J’ai ressorti également  notre corbeille de petits instruments de musique dont j’ai ôté certains items dangereux (grelots frêlement accrochés…) ou inutilisables pour elle (harmonica, ou claves qui nécessitent la station assise). Notre tambourin les a rejoint sur son étagère basse. Pour la Damoiselle qui aime frapper le sol en cadence du plat de la main, c’est l’instrument idéal ! Elle s’y intéresse très longuement, et outre le son produit, l’éclat des éléments métalliques n’y est pas pour rien.

Et puis, il y a les bons vieux classiques, qu’on ne présente plus : les hochets favoris (j’ai ôté définitivement la panière, qui en contenait trop, lassée qu’Antonin les deverse sous le nez de sa soeur ; je n’en dispose à présent que trois à la fois, que je change régulièrement), les objets roulants tels que la roue musicale, derrière lesquelles Louiselle cavale sans relâche ; en plus, comme notre plancher est penché, les dits-objets font parfois des choses étranges (comme de revenir entre ses mains alors qu’elle vient de les propulser au loin) qui la ravissent.

Les oubliés, chez nous, ce sont les anneaux de dentition. Toujours rien à l’horizon… Je ne vais pas m’en plaindre… ;-)

mercredi 12 décembre 2012

Choisir


Lorsque Antonin avait environ 15 mois, j’ai lu un article sur la capacité des très jeunes enfants à choisir. J’avais alors réalisé que je lui donnais peu cette opportunité dans notre vie de tous les jours.

Je décidais donc de lui laisser choisir quelle histoire nous allions lire le soir. Je prenais deux livres dans sa bibliothèque, deux histoires de longueur similaires et que nous n’avions pas lues dans la journée et je les lui présentais. Quelle ne fut pas ma surprise de constater qu’il choisissait, oui, et avec une rapidité et une sureté incroyable pour l’adulte que je suis (qui a tendance à peser un peu longuement le pour et le contre, à balancer, voire à revenir sur certaines de mes décisions…). Jamais Antonin, après avoir élu un livre, ne s’est ravisé.

Le temps a passé, et le rituel du soir s’est quelque peu allongé en proportion de la fringale de lecture du Damoiseau ; vint le jour où nous passâmes à trois lectures à l’heure du coucher. Je gardais le même principe, en lui présentant les livres deux à deux, mais trois fois de suite. Antonin choisissait ses trois livres un à un et allait les déposer sur son lit, bien en tas, au fur et à mesure.

Et puis, il y eu une petite régression : lorsque je lui présentais deux livres, Antonin, qui avait à présent construit que le fait de sélectionner un objet en éliminait un autre, attrapait… les deux ! Ce faisant, il me regardait avec une petite lueur malicieuse dans les yeux d’un air de dire : « Je t’ai bien eue, hein ?« . Je décidais de laisser faire et choisissais moi-même la troisième histoire – pour ne pas avoir à en lire quatre, car le soir, moi aussi j’ai sommeil ! ;-)

Cette phase de non-choix, durant laquelle Antonin éprouvait visiblement des difficultés à renoncer à certaines lectures que je lui présentais, dura quelques mois. Elle est à présent révolue. Parfois, quand je présente deux albums au Damoiseau, il n’en veut aucun des deux ; parfois, il prends les deux ; parfois il me désigne lui-même le livre qu’il souhaite dans sa bibliothèque (ou me le nomme, s’il sait en prononcer le titre). C’est chouette.

Je suis du coup beaucoup plus attentive à cette capacité de faire ses propres choix chez ma petite Louiselle de 7 mois. C’est là d’ailleurs que la disposition des jouets à sa portée, organisés de façon ordonnée, prend tout son sens. Louiselle sait toujours parfaitement ce qu’elle veut. À travers ses mouvements qui la portent vers les objets qu’elle convoite, c’est sa confiance en elle qui se construit.

Quelle merveille que cette capacité à choisir, si précoce, et comme nous devons être attentif, nous autres adultes, à ne pas l’abîmer ! Car bientôt, nos enfants ne seront plus des enfants, et ce seront alors des choix de vie qu’ils devront effectuer… Puissent-ils le faire avec autant de détermination !

lundi 10 décembre 2012

Le chant des lettres

À l’occasion de la naissance de sa petite soeur, nous avions offert à Antonin deux petits cadeaux qui l’attendaient auprès de moi tous les jours lors de ses visites à la maternité ; car, à 16 mois, nous nous doutions bien qu’il ne resterait pas une heure en admiration béate devant le nouveau-né (contrairement aux adultes !), mais qu’il lui fallait quelques objets à explorer. Son papa avait donc installé une petite dînette dans la chambre d’hôpital ; quant à moi, j’avais acheté Le premier livre de bébé de Gyo Fujikawa.

Ce fut pour moi un choc que de redécouvrir cet auteur. Car lorsque j’étais enfant, ma Maman avait acheté son ABC des enfants sages à Emmaüs. La couverture manquait, mais il était, à ce détail près, en parfait état. Les illustrations et les textes avaient laissé en moi une impression profonde, comme seules peuvent en laisser les livres que l’on aime étant enfant. Qu’est devenu ce pauvre livre sans couverture ? Sans doute ma mère l’a-t-elle redonné aux Emmaüs le jour où elle pensa que nous étions devenu trop grands pour ce genre de lecture… J’espère que ses nouveaux propriétaires l’ont aimé comme je l’ai aimé, moi !

Depuis quelques mois, j’avais donc en tête de retrouver un exemplaire de ce livre. Il n’a pas été réédité en français, mais grâce aux ventes d’occasion par Internet, j’ai fini par me le procurer pour 5 euros (merci au passage à Biquette et à Lucie pour leurs tuyaux !). Et, oh ! Magie de la parentalité ! Je retrouve dans le regard d’Antonin l’émerveillement qui fut le mien il y a bien longtemps ! Il ADORE ce livre, comme s’il héritait de tout mon engouement passé !

Mais forcément, à force de fréquenter des ABCdaires, cela devait arriver : Antonin me désigne les objets représentés piour que je les lui nomme ("bateau" , "ballon" , "bébé" …) puis il me montre la grande lettre qui trône sur la page au milieu de tous ces objets disparates et attends que je lui dise ce que c’est. Ce que je fais, bien entendu. Mais je lui donne alors « le bruit » que fait la lettre en phonologie, et non son nom arbitraire (je lui "bb’" et non "bé").

Une double page retient particulièrement son attention : c’est celle sur laquelle une ribambelle d’enfants portent des pancartes représentant les lettres de l’alphabet. Il s’agit de produire le chant de toutes les lettres sans en omettre aucune, et Antonin est très attentif ! Alors c’est parti : "aa" , "bb’", "kk'"...


Si la tradition scolaire désigne les lettres par leurs noms et non par le son qu’elles produisent, c’est pour pouvoir les désigner de façon non équivoque. Effectivement, la valeur phonique d’une lettre change en fonction de sa place dans le mot (le « S » fait toujours [s] en début de mot, mais bien souvent [z] en milieu de mot, et est généralement muet en fin de mot) mais aussi des lettres auxquelles elle est associée (le « C » fait [k] quand il est suivi d’un « a », mais [s] quand il est suivi d’un « e »). Si on choisi de donner la valeur phonique des lettres à un tout-petit quand il le demande, cela n’exclue donc pas une part d’arbitraire, au contraire ! Pour ma part, par exemple, j’ai décidé de dire [k] quand Antonin désigne le « C » car les mots commençant par « CA », « CO », « CU », « CL » ou « CR » me semblent plus nombreux et plus familiers que ceux commençant par « CE » ou « CI »… Je ne parle même pas du « CH », c’est un phonème à part entière, qu’il faudrait apprendre séparément, et qui n’a rien à voir avec les valeurs phoniques des deux lettres qui le composent !

Et d’ailleurs, le « H » ? Et bien, quand Antonin me le désigne, je lui explique que cette lettre s’appelle « ache » et qu’elle ne fait pas de bruit… Cela n’a pas l’air de le perturber plus que cela. Après tout, l’escargot et la tortue de ses imagiers n’ont pas de cri, cela ne l’a jamais gêné !  ;-)

Nous en sommes donc là. Mon objectif n’est pas, bien sûr, que le Damoiseau mémorise ces sons, et d’ailleurs je serai bien embarrassée s’il fallait décrire ce qu’il comprend vraiment de tout cela. Mais il me pose une question, j’essaie de lui répondre, et du plus honnêtement que je peux en tentant de rester pas trop loin de sa portée. Cela fera son chemin, ou ne le fera pas.

L’autre jour, je passe devant la porte entrouverte de la chambre d’Antonin et je l’entend proférér des bruits bizarres… Je jette un oeil… Il était penché sur son ABCdaire et le lisait : « SSSS ! » s’exclamait-il joyeusement… en désignant un mangifique « F » !

J’ai beaucoup ri. Et je me suis souvenu de cet article, relatant une anecdote similaire chez un enfant plus grand, qui m’avait beaucoup fait rire aussi ! :-D

samedi 8 décembre 2012

Louiselle danse...


Depuis qu’elle est en âge de décoller le torse du sol sur ses deux bras tendus, Louiselle danse.

Dès que son papa empoigne une guitare, dès que j’entame une chanson, dès que nous lançons un disque, elle balance le haut de son corps par de larges mouvements latéraux réguliers. Elle y met autant de sérieux que si on lui demandait de résoudre une équation mathématique. Les sourcils levés, le regard attentif, la bouche ouverte comme étonnée, elle se balance. Elle danse. Et elle ne fait ce mouvement QUE pour danser.

Alors, c’est irrésistible : nous, parents et grand-frère, dansons aussi !  ;-)

mardi 4 décembre 2012

Ras-le-bol de la Tripp-Trapp

La première fois que j’ai vu une chaise Tripp-Trapp, j’ai eu le coup de foudre : coup de foudre pour ce design épuré très seventies, et surtout bien sûr, pour ses promesses d’adaptation à l’âge de l’enfant. J’étais alors enceinte d’Antonin, et j’ai su que j’avais trouvé l’Idée (avec un grand « I ») pour son cadeau de naissance.

Alors, tout naturellement, à la naissance de Louiselle, mon entourage m’a demandé d’un air entendu : « Bon, on se cotise pour une Tripp-Trapp ? » (car oui, c’est inhérent au concept : il faut une chaise par enfant, bonjour le budget dans une famille nombreuse…). Et là, presque avant même d’y avoir bien réfléchi, j’ai eu ce cri du coeur : « NON !!! Surtout pas ! Plus jamais de chaise Tripp-Trapp ! ».

Que s’est-il donc passé dans l’intervalle ?

Dans l’intervalle, Antonin a expérimenté la Tripp-Trapp. Et ce que j’ai constaté ne m’a pas du tout convaincue.

  • Dès qu’Antonin a su s’asseoir, nous l’avons installé dans sa chaise. Et là, surprise : alors que le Damoiseau avait des abdos de fer, alors qu’il savait parfaitement s’asseoir au sol avec un dos bien droit, dans sa chaise, ça donnait ça :


Curieux, non ? Comme si la forme ergonomique de l’arceau incitait le bébé à prendre appui dessus… À moins que ce ne soit propre à Antonin… Dites-moi, si vous l’avez expérimenté, si vos enfants avaient une meilleure posture !  À l’époque, cela avait déjà provoqué en moi un certain malaise. Mais je m’étais dis : "Peut-être que c’est dans toutes les chaises hautes comme ça ?" . Et le Damoiseau est resté dans sa chaise…

  • Il y a quelques mois, Antonin a commencé à escalader sa Tripp-Trapp. Chouette, le moment tant attendu était donc arrivé d’ôter l’arceau de sécurité. Toute l’essence de cette chaise allait pouvoir se réléver !! Et ce fut la déconfiture. D’une part, l’assise est trop peu profonde, et il est fréquent que mon enfant se casse tout bonnement la binette au milieu de son repas. Car quand on a entre 18 mois et deux ans, et qu’on est concentré sur sa nourriture, on ne peut pas en même temps avoir en tête qu’il faut garder ses fesses en équilibre sur quelques centimètres carrés. De plus, le marche-pied est inréglable : pour qu’un enfant de l’âge d’Antonin (qui n’est pas spécialement petit, je précise) puisse grimper sur l’assise, il faut placer le marchepied assez bas… Mais alors, l’enfant a les pieds dans le vide quand il est assis… Ou bien, et c’est l’option que nous avons choisi, nous montons le marche-pied de manière à ce qu’il fasse son office, mais attention la montée (et surtout la descente) deviennent périlleuses ! Je ne vous dis pas le nombre de valdingues qu’Antonin a connu en descendant de sa chaise !

Bref, ce week-end, ce fut le valdingue de trop. Ras-le-bol de la Tripp-Trapp. On ne va pas s’escrimer à l’utiliser sous prétexte qu’elle coûte la peau du dos, hein ? Alors maintenant, on fait comme ça :


Dès qu’Antonin a compris que dorénavant il mangerait ainsi, j’ai senti qu’il se « posait ». En fait, faire manger les enfants en hauteur doit être très insécurisant pour eux… C’est du moins ce qu’il me semble aujourd’hui (quand je vous dis qu’avec le temps je me radicalise !)  ;-)

Dans la pratique, qu’est-ce que cela a changé pour nous ?

- Du point de vue de l’enfant, cela l’encourage à participer beaucoup plus à la préparation du repas. Étant donné la taille de notre cuisine, il est évident que petite table et petite chaise ne peuvent pas y rester en permanence. Lorsque le repas d’Antonin est prêt, nous allons donc les chercher. Il porte la chaise et moi la table ! Si Antonin veut une deuxième portion, il se relève en m’apportant son assiette. Et, une fois le repas terminé, il adore jeter (…) sa vaisselle sale dans l’évier ! Enfin, je nettoie la table d’un coup d’éponge, l’essuie, range le mobilier, passe un coup de pelle-balayette, et Antonin met volontiers la main à la pâte ! Tout cela était impossible avant : impossible pour lui d’effectuer la descente casse-figure en tenant quelque chose dans ses mains, impossible de nettoyer ce recoin compliqué (je me mettais carrément à quatre pattes sous la table pour accéder aux débris de nourriture !!).

- De mon point de vue, le nettoyage est facilité, donc. La chaise Tripp-Trapp étant coincée contre un mur, il fallait même que je savonne le carrelage mural après chaque repas ! Au milieu de la pièce, c’est beaucoup moins compliqué.

- Du point de vue de la convivialité, on se débrouille. Soit nous mangeons sur notre table à nous, en même temps que le Damoiseau, juste à côté. Soit nous mangeons après, et Antonin, s’il le souhaite, peut revenir à table (dans sa chaise haute, cette fois) pour picorer dans nos assiettes. C’est de loin ce repas en deux temps que je préfère, nous sommes moins centrés sur les maigres quantités qu’il ingurgite et sommes donc plus détendus !  ;-)

Et Louiselle, me demanderez-vous ? Comment ferons-nous quand elle s’assiéra si nous ne la mettons pas dans une chaise haute ? Attendez donc de voir ce qu’il y aura pour elle sous le sapin dans trois semaines !! ;-) 

lundi 3 décembre 2012

Un arbre dans notre salon


Il y a un arbre dans notre salon !

C’est le premier sapin que mon homme et moi achetons de notre vie – nos derniers arbres de Noël remontent à notre enfance… Un pas de plus dans la parentalité !  ;-)

Avec cet arbre, ce sont d’abord mes propres souvenirs d’enfance qui surgissent, lorsque je quittais avec ma famille ma triste banlieue parisienne pour rejoindre la douillette maisonnette de ma tante nichée sur un flan de coteau enneigé au coeur du Morvan. Ma tante nous ouvrait la porte en souriant, elle semblait sortie des mille et une nuits, toute de noir et d’or vêtue, avec un diadème de sequins barrant son front ! Les décorations à l’intérieur étincelaient, nous nous gavions de petites choses délicieuses (ah, les toasts de mon oncle ! Les meilleures nourritures sont de loin celles qui se mangent avec les doigts !). Il y avait aussi de la musique de circonstance, et des « cierges magiques »… Et des cadeaux… Et le feu de bois craquant… Et la chaleur humaine !


C’est bien dans l’intention de produire à notre tour ce type d’émerveillement chez nos enfants que nous sommes allés, hier, nous promener sur le marché de Noël de notre ville. Il neigeait, comme il se doit. Ça sentait tout un tas de fritures sucrées et salées, et les adultes ont dégusté un vin chaud, comme il se doit. Toute la famille a admiré, dans la nuit tombante, les lumières du manège planté là pour l’occasion, comme il se doit. Et nous avons choisi avec un soin minutieux notre premier sapin et ses ornements… comme il se doit !

La réaction des enfants fut instantannée dès que, une fois rentrés au chaud, nous avons débarrassé notre arbre du filet qui l’enserrait. Antonin a enfoui son visage dans les branches pour humer de tout près son odeur de forêt, et Louiselle a tendu ses petites mains pour caresser ses aiguilles. Et quelle joie de le décorer ! Antonin voulait même y enfouir certaines pièces de ses puzzles et quelques cubes, mais il a fini par accepter l’idée que ce n’était pas très adéquat…  ;-)



Depuis que notre arbre trône dans le salon, le Damoiseau ne se lasse pas de toucher ses ornements (« Délicatement, Antonin ! » Oui, dans la mesure de ses moyens… Je prédis qu’il y aura un peu de casse…), et de faire tinter les grelots que nous y avons accrochés. La première chose que Louiselle a faite ce matin, quand nous l’avons posé sur son tapis, a été de piquer un sprint à travers la pièce pour se poster tout contre une branche basse et faire danser longuement une boule miroitante.


L’esprit de Noël est entré chez nous, et il a pris la forme de cet arbre !  :-D

jeudi 29 novembre 2012

Les goûters d'Antonin

Pour moi, une éducation respectueuse ne va pas sans une alimentation respectueuse. Ce qui peut vite devenir un vrai casse-tête quand on manque de temps pour cuisiner et que les fins de mois sont difficiles, n’est-ce pas ? Et quand en plus on se pose la question de l’autonomie de l’enfant… Le goûter d’Antonin en particulier m’a très vite posé problème : voilà un repas supplémentaire à gérer (puisque pour ma part, je n’en prends pas), à un moment où je n’ai vraiment pas le temps de le faire. Pas toujours évident de résister à la facilité des viennoiseries ou des bisuits industriels… Mais petit à petit, je trouve mes solutions !

Il est établi ici que les goûters d’Antonin ne sont pas nécessairement sucrés. Car du sucre, point trop n’en faut, pas vrai ? De plus, cela me rassure, moi, en tant que mère nourricière, quand le Damoiseau a un peu trop boudé son assiette du midi. Deux formules rencontrent ici une adhèsion sans faille : des « gressins » maison (carrés de pâte feuilletée enduits de sauce tomate, de fromage et de paprika, roulés sur eux-mêmes et cuits au four pendant la sieste), et « galettes gloubi-boulga » : elles se constituent généralement des restes de purées ou de céréales du midi, mélangés à de la farine et dorés à la poêle. Quoi que ce soit qui les compose, c’est toujours un succès !

Bien sûr, ce peut être aussi une tranche de gâteau maison (quand il y en a) ou le bon vieux classique yaourt-compote si le repas du midi a été consistant. Mais depuis quelques semaines, Antonin et moi avons trouvé son goûter préféré, et voici pourquoi :




Les tartines ! Indémodable collation devant l’Éternel ! La seule préparation pour moi consiste à mettre la tartinade dans un récipient pas trop creux de façon à ce qu’elle soit facilement accesible pour la cuillère du Damoiseau, et il se charge du reste. Vous objecterez peut-être que la garniture n’est pas étalée de façon homogène sur le pain ? Cela ne gêne que vous, je vous assure ! ;-)

Mon problème à moi réside surtout dans le choix du pain. Notre pain quotidien, un gros pain bio au levain, est un peu coriace (surtout en fin de semaine…) pour cet usage. De plus, cela suppose que je le découpe en tranche, puisqu’Antonin ne peut le faire (plus je suis montessorienne, plus je suis feignante, moi…). Le pain de mie est vraiment parfait, sauf d’un point de vue strictement nutritionnel : trop de gras, de sucre, et aucune substance vitale. J’opte donc pour le moment pour une marque bio : c’est plus cher, mais au moins il contient des céréales complètes sans pesticides…

Et sinon, on met quoi sur ces tartines ? Du classique : confiture, miel, fromage frais nature, pâte à tartiner chocolat-noisette (sans huile de palme, par pitié !). Mais de l’avocat écrasé, ou du houmous aussi (on mixe rapido des pois chiches en conserve, un peu d’ail, un soupçon de sel, du tahin et de l’huile d’olive, et le tour est joué !). Comme dans toute famille de végétariens qui se respecte, il y a presque toujours chez nous un bol de houmous qui nous tend les bras au frigo, il n’y a qu’à piocher dedans en cas de petite faim. Et d’ailleurs, toute légumineuse peut remplacer les pois chiches, ça permet de varier. Et tous ces houmous, classiques ou pas, peuvent être mélangés à un peu de fromage frais nature à tartiner pour renforcer encore leur richesse en protéines et calcium.

Pour terminer ce petit post culinaire (une fois n’est pas coutume), voici la tartinade préférée d’Antonin : une petite banane écrasée avec une cuillère à café de purée d’amandes… De quoi patienter tranquillement jusqu’au dîner !

Et vous, que donnez-vous à vos enfants pour le goûter ?

mercredi 28 novembre 2012

Câlins

Elisabeth Vigée-Lebrun,
Madame Vigée-Lebrun et sa fille
,
1789.

Y a-t-il une période sensible des câlins ? Voilà la question saugrenue qui m’avait traversé l’esprit, je me souviens, lorsqu’Antonin avait envion 8 mois et qu’il s’est mis à nous faire des câlins. Non pas à les recevoir simplement passivement (et béatement), mais bien à en réclamer, par son attitude corporelle, et à nous donner, à son tour, sa tendresse de bébé en se lovant activement dans nos bras, en appuyant sa joue contre la nôtre… Chouette acquisition, dont on ne parle pas assez, que celle qui consiste à savoir donner de la tendresse avec son corps !

Antonin est un petit garçon très câlin, et je l’en remercie. À présent, il réclame ses câlins en disant « Câlin ! » (pratique, le langage, tout de même…) et il nous serre fort, fort, fort ! Si nous faisons mine de nous détacher un peu de lui alors qu’il n’a pas sa dose, il agrippe notre bras et le replace autour de lui, il agrippe notre tête et la colle contre la sienne ! :-D

Mais la semaine dernière, nous avons eu quelques jours difficiles. C’est que la Damoiselle devient vraiment un grand bébé, et que son frère en a été un peu déconcerté. Il l’observait du coin de l’oeil tandis qu’elle explorait notre salon, mi-rampant, mi-à quattre pattes ; il remarquait bien, avec réserve, qu’elle sait à présent se diriger vers les objets qu’elle désire, manifestant ainsi sa volonté propre ; il s’ébahissait de la voir ingurgiter goulument des cuillères de cette compote que lui aussi aime tant. Bref, Antonin s’est senti déstabilisé. Un peu menacé, peut-être aussi.

Du coup les « Câlins !!! » sont devenus très récurrents. Le Damoiseau s’est mis à en réclamer toutes les cinq minutes. Et comme chaque étreinte dure à peu près 4 minutes trente, je me suis trouvée quelque peu entravée dans mes tâches quotidiennes. Parallèlement, Antonin s’est mis à protester dès que je m’occupais de sa soeur, et c’est souvent alors que je m’apprêtais à lui donner un biberon, ou à lui lire une histoire, que ce fameux besoin impérieux de câlins se faisait sentir…

J’ai tenu bon. J’ai donné (presque) tous les câlins réclamés. Et les câlins ont duré aussi longtemps que le souhaitait le Damoiseau. Depuis hier, ouf, la complicité entre mes deux enfants est revenue. Renforcée, même. Ils ont joué ensemble toute la journée et c’était un vrai bonheur de les observer ! L’attention d’Antonin pour sa petite soeur est vraiment follement attendrissante.

Mais heureusement, Antonin continue de me faire de gros câlins !! ;-)

vendredi 23 novembre 2012

Avancer, mode d'emploi

Vous avez l’impression de piétiner, vous ne savez plus comment avancer dans notre vie ?

Voici une petite leçon en six temps par l’experte en rampement Louiselle, sur le thème « Comment mettre un pied devant l’autre »… enfin, « un genou devant l’autre« , pour le moment… Attention, soyez très attentif, ça va très très vite (comme le prouve le flou des photos…).

1) Première étape, et non des moindres : cibler son objectif

Mon frère et son chausson !
Voilà un but digne de ce nom !
 2) Passer à l’action

Se hisser sur le genou...
3) Faire de la pesanteur une amie

Laisser retomber le poids du corps vers l'avant...
4) Surtout, être patient

On y arrive...
5) Ne pas crier victoire trop rapidement

Objectif touché du bout des doigts !!
6) Être toujours prêt à tout recommencer

Le faux-frère a reculé...
Une nouvelle traction s'amorce aussitôt !


Vous n’avez plus d’excuses, à présent ! Foncez !!

Trop !

Voici la notion qu’en ce moment nous essayons de faire acquérir à Antonin.

Quand Antonin enfourne une cuillère dégoulinante de compote, dont les trois quarts attérissent sur sa serviette, c’est trop !

Quand Antonin refuse d’arrêter d’actionner le robinet et que le lavabo menace de déborder, c’est trop !

Quand Antonin fourre dans sa bouche un biscuit entier, qu’il est ensuite obligé de recracher faute de pouvoir le mâcher, c’est trop !

Quand Antonin amoncelle des tonnes de jouets devant sa soeur au risque de l’y ensevelir, c’est trop !


Moi qui prends tellement soin de ne toujours disposer que quelques objets choisis devant ma fille… Voilà quelque chose en quoi le Damoiseau ne m’imite pas… Ou plutôt, il m’imite trop bien, exagérant le geste (et la quantité) comme à son habitude…

Nous avons beau le répéter à longueur de journée (« Antonin, c’est TROP !! »), nous sentons bien que ce concept mathématique-là lui passe largement au-dessus de la tête…

Et Louiselle, dans tout cela ?

Et bien, elle aussi semble trouver que TROP c’est MIEUX ! :-(


Je vous laisse sur l’image de son regard de complicité à l’adresse de son frère… et bon week-end à tous !!

mercredi 21 novembre 2012

Trois livres

Noël

Le grand mot est lâché…

Bien sûr, contrairement à ce que l’attirail mercantile essaie de nous faire croire, il est encore bien trop tôt pour en parler à nos bambins, qui ne sont pas dans la même temporalité que nous et pour qui une journée représente un pourcentage suffisamment important de leurs courtes vies pour leur paraître durer loooontemps (les veinards !).

Mais chez nous, nous autres adultes avons eu des sueurs froides ; nous projetons depuis longtemps d’offrir aux enfants une mini-cuisinière pour Noël, et depuis longtemps, nous étions à la recherche de l’objet idéal. Qui ne soit pas en plastique, qui ne soit pas rose bonbon, qui comporte un four qui s’ouvre comme un four (et non comme un placard…), qui présente un évier et des plaques de cuisson (et non l’un ou l’autre), qui soit à la bonne hauteur et qui inclue des étagères pour ranger la dînette et un plan de travail pour la déranger. La perle rare, quoi !

Après avoir fait le tour de ce que propose le commerce, nous avons dû nous rendre à l’évidence : un tel objet n’existe pas, et ce qui s’en rapproche le plus se vend à des prix clairement prohibitifs… Nous commencions à nous demander ce que nos enfants trouveraient sous le sapin quand une petite annonce mise en ligne ce week-end sur un site de vente de particuliers à particuliers, nous a sauvé la mise : la cuisinière parfaite, en excellent état, et pour 40 euros !

C’est ainsi que Noël a fait irruption chez nous, à travers ce sympathique objet acheté en espèce lors d’un rendez-vous sur le trottoir en bas de chez nous. Pour le moment, il dort dans notre cave, attendant le jour J. Mais vous aurez bientôt de ses nouvelles… et de ses photos !

Du coup, Noël, j’y pense. Je pense surtout aux enfants des autres à présent, car pour les miens, les choses sont donc sur la bonne voie. Il y a deux catégories de petits cadeaux que j’aime faire : des jouets fabriqués maison (et Noël est souvent une des périodes les plus créatives que je connaisse) et des livres. Le point commun entre ces deux types de présents est qu’avec eux, on offre plus qu’un objet : on offre une histoire !

Depuis mon dernier article sur la littérature jeunesse, j’ai découvert à la bibliothèque trois merveilles, dont il faut absolument que je vous parle. Trois beaux livres à 10 euros, que mes deux enfants et moi-même avons adoré. Les voici :

L'art des bébés, éditions Palette

Celui-ci est aussi un cadeau de naissance idéal… Des pages cartonnées et de grandes reproductions d’oeuvres modernes et contemporaines uniquement en noir et blanc ! À ouvrir dans le berceau et à proposer en alternance avec le mobile de Munari… ;-)

Parti..., Jeanne Ashbé, Pastel

Jeanne Ashbé a le génie pour raconter des histoires avec des mots et des images que les tout-petits comprennent en intégralité. C’est un don ! Ici, une histoire minimaliste pour préparer l’enfant à partir de 8 mois à la séparation et au retrouvailles : l’oiseau est parti, mais il va revenir ! Un beau papier, des couleurs poudrées, de larges volets solides pour jouer sur la présence et l’absence, beaucoup de tendresse… Un chef d’oeuvre…

Animaux, Richard Scarry, Albin Michel

Non moins merveilleux, cette réédition d’un classique américain des années 60 : de magnifiques illustrations réalistes et colorées, des textes courts, riches et sonores (une phrase par page qui reprend le nom de l’animal et un verbe d’action), un brin d’humour… Une pépite pour tous les petits passionnés d’animaux !

Bien sûr, tous les trois ont été approuvés par mes petits lecteurs !

Ici, Antonin signe "Poisson" !

Et vous, quels sont vos bons plans pour Noël ?? Je prends, je prends !!

mardi 20 novembre 2012

Les bébés au musée


Nous avons tous en tête cette célébrissime phrase de Maria Montessori qui explique qu’il ne faut pas élever nos enfants pour le monde d’aujourd’hui, mais en vue d’un monde de possibles, puisque nous ne savons pas de quoi demain sera fait. Cette remarque géniale me fait toujours penser à ce que la découverte de l’Art peut apporter à nos enfants ; l’Art donne le désir, le goût, de changer la vie, il s’oppose à la monotonie et à la mesquinerie, il transcende l’existence. N’est-ce pas le plus merveilleux des médiateurs pour s’adapter avec harmonie au nouveau monde qui attend nos enfants ?

Voici donc un petit post très largement inspiré de ma lecture de ce livre, dans lequel les parents et les enseignants d’enfants plus grands (entre 4 et 7 ans) trouveront quelques pistes d’exploitations concrètes.

Pourquoi emmener un bébé au musée ?

Il est bien évident qu’il ne s’agit pas d’un objectif didactique d’enseignement, mais plutôt d’imprégnation sensible. Pour les petits, la visite au musée doit être une chose aussi naturelle que d’accompagner ses parents au marché ou en voyage. Le handicap sera en fait pour vous ! Si vous rêvez de parcourir en intégralité cette exposition temporaire à 8 euros l’entrée, convoquez une baby-sitter… Car si vous emmenez vos enfants, il faudra accepter de se laisser guider par eux… surtout dans le cas d’enfants marcheurs, les plus petits se chargent souvent eux-même de stopper les stimulations visuelles en piquant un petit roupillon quand ils en ont assez (ou alors, ils s’époumonent, et il ne vous reste plus qu’à vous précipiter vers la sortie en faisant profil bas !).

D’expérience, je dirais qu’il faut compter 30 minutes pour un enfant de deux ans, et 45 minutes pour un enfant de trois ans. Cela vous parait court ? Pas tant que cela, si on les passe à suivre son bambin vers les oeuvres qui l’attirent, si on essaie de communiquer avec lui autour de ce qu’il voit (dans un registre descriptif toujours très concrèt) pour éviter qu’il se disperse trop et maintenir ainsi quelques instant son attention.

La fréquentation des oeuvres d’art est-elle à portée des bébés ?

Oui, sans l’ombre d’un doute. Mais quelques précautions doivent être prises en amont :
- La visite doit être adaptée aux petits : les oeuvres présentées doivent trouver un écho dans leur affectivité. Antonin, pour sa part, aime les oeuvres mettant en scène des personnages (et des bébés !), des animaux et des casseroles (…) ; Louiselle préfère les paysages et les oeuvres contemporaines.
- C’est encore mieux si la visite a des prolongements à la maison : pourquoi ne pas réaliser un imagier-maison des oeuvres préférées, qui servira de support à la mémoire et offrira l’occasion de belles discussions ? Et dès que votre enfant s’interesse à la peinture, au dessin ou au modelage, proposez-lui à votre retour des matériaux dans la logique de ce qu’il vient d’observer (crayon noir après la découverte des croquis de Léonard de Vinci, mais peintures colorées après l’observation des toiles de Monet ou Gauguin). Laissez-le réinvestir (ou pas…) librement. Vous serez parfois surpris du résultat !

Où aller avec nos tout-petits ?

Je vous entends déjà, les parents récalcitrants, là-bas au fond ! "Ben oui, mais nous, nous n’habitons pas à deux pas du Louvre, ni même dans une grande ville comme Grenoble et sa quinzaine de gros musées !" . Et bien réjouissez-vous : paradoxalement, la découverte est plus facile ailleurs que dans les grands lieux d’expositions et monuments historiques nationaux. Si vous habitez une petite ville, appliquez-vous à connaître tous les tableaux de son petit musée, et vous verrez qu’il y a déjà de quoi faire ! Sans compter que l’économie de fatigue liée à un grand musée compensera largement la moins grande notoriété des oeuvres observées. "Ma ville/mon village n’a pas de musée" , dites-vous ? Non, mais votre région en a un, elle. Et votre village détient certainement un monument sur sa place, des maisons anciennes, un monument aux morts, une école, une église ancienne ou moderne, un jardin public (éventuellement décoré de statues) : sauriez-vous les décrire, comme ça, pof ? Vous voyez ce qu’il vous reste à faire … ! Vous les connaissez par coeur, et vos enfants aussi ? Bravo ! Attelez-vous à présent aux monuments historiques de votre région et à son histoire !  :- D

Bien qu’il n’y ait qu’un Louvre et qu’un Versailles, écartez l’idée d’y amener vos bébés si vous n’habitez pas à côté. Lever vos bambins à 5 heures du matin pour revenir en Bretagne à minuit n’est pas bon pour leur santé. Se traîner, ensommeillé dans une expo saturée de monde au musée d’Orsay n’est pas un bon premier contact avec la peinture, même si on est entouré des premières oeuvres de Van Gogh. Pensez aussi que dans les lieux d’exposition gigantesques et bondés, la vue des oeuvres est souvent totalement bouchée à nos bambins (Essayez de vous mettre à genoux devant la Joconde, et vous comprendrez !). Et réflechissez aussi aux autres facteurs qui assurent le succès d’une visite : le moment de la journée, la bonne humeur, l’espace et le calme du lieu, le ventre bien rempli et le temps mesuré…

Et la preuve qu’en pratique, c’est possible : ici, ici ou encore

lundi 19 novembre 2012

Louiselle et les balles


Lorsqu’Antonin était tout-bébé, il n’avait pas de balles à sa disposition. Il a fallu un certain temps pour que je prenne conscience de l’intelligence d’un tel objet. J’avais alors offert une petite balle à un des bébés de mes amies, mais à mon propre fils, point !! Sa première balle fut un cadeau d’une amie montessorienne rencontrée par l’entremise de ce blog ; il avait alors 7 mois et demi.

Louiselle la cadette « hérite » des jouets amassés jusqu’à présent, et se trouve bien plus gâtée, car maintenant, nous possédons suffisamment de balles pour remplir un gros panier : qu’elles nous aient été offertes ou que nous les ayons achetées, à prix modique ou un peu plus élevé, qu’elles soient en laine feutrée naturelle ou en plastique, ronde, ovale ou à picots, multicolores ou unies, elles remportent le suffrage de tous les habitants de cette maison, quel que soit leur âge ! 

Pour le moment, c’est le type d’objet qui favorise le plus la concentration de la Damoiselle ; sans compter que les balles qui roulent sont une excellente motivation pour elle pour tenter d’avancer. Pauvre Louiselle !… Bien souvent, tous ses efforts musculaires la font en fait… reculer ! Il faut voir alors sa déception !
Mais lorsque les balles se laissent complaisamment saisir, les manipuler, les observer et les suçoter peut occuper la Damoiselle très très très longtemps !


Et dans le bain, c’est un plaisir nouveau que de leur découvrir une nouvelle manière de lui échapper !! Insaisisables et déconcertantes balles, qui flottent mais s’enfoncent quand on appuie dessus, glissent sous la main, ou roulent sur elles-mêmes sans avancer d’un pouce ! Face à ces curieux phénomènes, Louiselle a très vite compris qu’il fallait mobiliser (et coordonner) les deux mains en même temps pour parvenir à immobiliser la sphère facétieuse…


Je ne vois qu’un autre type d’objet capable de rivaliser en ce moment dans le coeur de Louiselle avec ces merveilleuse balles ; ce sont les petits récipients légers, tels que notre collection de bols japonais. Mais n’y a-t-il pas dans ce double engouement une certaine logique – une complémentarité ? ;-)


Et chez vous, quels sont les passions de vos bébés de six mois ?

samedi 17 novembre 2012

Diversification montessorienne

Louiselle grandit. Une demi-année de vie déjà ! Sa préhension s’affine, elle rêve de s’asseoir et cherche comment avancer à quatre pattes. Sa position préférée, c’est quand elle est sur nos genoux, le dos contre notre ventre, nos mains croisées sur son bidon ; ses petites mains à elle sont libres pour saisir ce qui se trouve à sa portée, son regard est dégagé et ouvert sur la dimension des adultes.

C’est dans cette posture que Louiselle a commencé à découvrir les joies de la table. Voilà quelques semaines que, très attentive, elle lorgnait (ou attrapait à pleines mains…) le contenu de  nos assiettes, subjuguée en particulier par les allers et retours de nos fourchettes… Le signe, s’il en est, que la Damoiselle était prête pour commencer à diversifier son alimentation.

Menu d'automne : "écrasée de carotte - potimarron" !

Comme nous nous refusons catégoriquement à l’asseoir tant qu’elle ne le fait pas seule, c’est sur nos genoux qu’elle fait ces nouvelles expériences sensorielles. L’opération ne nécessite pas moins de trois cuillères à moka : une pour la main droite de Louiselle, une pour sa main gauche, et une dernière pour moi. Les purées de fruits et de légumes, que j’introduis sans planning défini, en fonction du marché du jour, la ravissent ; le goût sucré des carottes, courges et autres patates douces de saison y sont certainement pour quelque chose ! Et si elle n’en absorbe pour le moment que l’équivalent de quelques cuillères à café, ce n’est pas grave : Antonin se fait un plaisir de finir le bol ! J’essaie de varier dès à présent les textures proposées : carottes crues ou attendries à la vapeur à léchouiller, pomme crue râpée très fin, croutons de pain bio au levain, avocat écrasé à la fourchette… Les grimaces du premier jour ne sont qu’un lointain souvenir et la Damoiselle prend un plaisir évident à nos petites séances gustatives quotidiennes !

Le biberon est exclusivement réservé au lait. L’eau est donnée pour le moment à la cuillère, et j’ai connu la première fois un moment de jubilation incroyable en constatant que ma fille adorait cela et qu’elle enchainait les cuillèrées d’eau encore et encore …. jusqu’à ce que je constate qu’elle recrachait tout avec ravissement et que nous étions trempées toutes les deux… Parallèlement, Louiselle s’entraîne à manier un tout petit verre, et dès que je ne craindrais plus qu’elle ne se noie dedans, je lui proposerai l’équivalent d’une cuillère à café de liquide à l’intérieur, en me servant d’un petit pichet pour resservir régulièrement de petites quantité.

Bien sûr, après chacun de ces longs micro-repas, la cuisine est à nettoyer entièrement… Mais comme j’avais déjà un petit cochon à la maison, au moins, je vous garantis que chez nous, on sait pourquoi on passe la serpillière !!

vendredi 9 novembre 2012

Du bon usage des cubes


Lors de notre dernier passage chez les grands-parents d’Antonin cet été, ces derniers ont manifesté l’envie de lui offrir un petit cadeau « pour marquer le coup ». Et comme ils commencent à me connaître, ils m’ont gentiment demandé si j’avais une idée.

« Des cubes ! », me suis-je exclamé avec enthousisame.

Et bien oui, des cubes. Parce que nous n’en avions pas. Parce que c’est plein de possibilités, les cubes.
Les grands-parents d’Antonin sont donc revenus avec un baril de très joli cubes colorés (j’avais précisé « les plus simples possibles ; si ce sont juste des solides en bois brut, sans couleur, c’est encore mieux », mais apparemment, les jouets qui j’ai dans la tête ne remplissent pas les rayons des magasins).

Hélas, si ce jeu m’a immédiatement séduite, si je n’ai pas douté une seconde du bien-fondé de mon choix, j’ai vite senti une certaine déception (des adultes, s’entend) à la réception du cadeau. Non pas qu’Antonin (19 mois à l’époque) ait été indifférent ; non, non, il a adoré… le baril et son couvercle. Ôter, remettre, cela l’a occupé de longs moments. Quant au contenu… Il a poliment jeté un coup d’oeil dessus avant de revenir à son couvercle.

Alors son Papy s’est mis en devoir de construire des tours, « pour lui montrer ». Indifférence totale. Puis son Papy a détruit les tours. C’était déjà un peu plus intéressant. Mais bon, rien de comparable à ce fabuleux couvercle en plastique transparent dont Antonin venait de s’apercevoir qu’il pouvait également servir de plateau pour tranporter des objets légers.

En retrait, luttant de toutes mes forces pour ne pas intervenir dans ce jeu où chacun était animé d’un désir de bien faire qui ne rencontrait pas celui de l’autre, je méditais. Sur l’aveuglement des adultes, si bien attentionnés soient-ils, sur la créativité véritable de l’enfant, qui elle n’est pas souvent là où on l’attend. Sur cette obsession du « bon usage » (les cubes sont faits pour être empilés, n’est-ce pas ?) qui génère tant d’inquiétude. Oui, de l’inquiétude. Car si l’enfant ne parvient pas à faire (ou ne veux pas faire, ce qui, à cet âge, est sensiblement la même chose) ce qu’on attend de lui, est-il « normal » ? N’est-il pas « en retard » ?
Derrière cette attitude de l’adulte, il y a, je pense, le culte de la précocité. Être précoce, dans nos sociétés, c’est bien vu. Je peux cependant vous affirmer que ce n’est pas parce qu’un enfant apprend à lire à 5 ans qu’il sera ingénieur ! Cela se saurait ! Ce qui est bon pour l’enfant, c’est d’apprendre quand il est prêt. Trop tôt ou trop tard, c’est domageable. Et qu’il soit prêt plus tôt que son petit voisin n’est en soi ni bon ni mauvais.

Je voulais attirer l’attention des lectrices sur un fait. En surfant sur le net, je trouve pléthore d’exemples d’enfants qui ont l’âge d’Antonin et qui parlent couramment, dessinent des bonhommes ou réalisent avec succès des encastrements compliqués (par exemple ce jeune garçon-, qui a trois mois de moins qu’Antonin, un grand bravo à lui !). Il ne faut surtout pas en prendre ombrage ! Une de mes amies m’avouait avec une pointe d’inquiétude que son petit garçon du même âge que le mien refusait les tris qu’elles lui proposait et préférait tout éparpiller. Et bien ! C’est qu’éparpiller, c’est ce qu’il lui faut en ce moment, voilà tout ! Notre tâche consiste à mettre à disposition  des objets qui permettent une activité qu’aura choisi l’enfant en appliquant ses capacités personnelles du moment. Cette dynamique est un meilleur atout pour sa réussite future (scolaire, mais pas seulement) que de lui faire faire quelque chose dont il n’a pas envie. Et quand tout ce petit monde aura 15 ans, on rigolera bien en se rappelant qu’à tel âge le petit Machin ne jouait pas encore aux voitures, ou que le petit Truc se moquaient éperdument des crayons de couleurs… Non ? 

En réalité, Antonin s’est très vite intéressé aux cubes pour eux-mêmes, le jeu favori étant (c’est toujours le cas) de vider le panier qui les contient et de le re-remplir. Mais, ouf, depuis quelques jours, des constructions baroques fleurissent sur nos planchers et nos étagères : murs serrés-serrés, tours interminables…


Je me suis hâtée de prendre ces chefs-d’oeuvre en photo pour les envoyer aux  grands-parents du Damoiseau afin de les rassurer !  ;-)