jeudi 30 juin 2011

Visite du 6e mois

Lundi dernier, Antonin et moi sommes allés chez la pédiatre pour la visite d’examen mensuelle.

Je suis toujours fascinée par les mesures que l’on opère à cette occasion : mesure de la taille, mesure du tour du crâne (pour évaluer la croissance du cerveau ???), pesée, décompte du nombre de repas, du nombre de millilitres ingurgités par repas, décompte du nombre de siestes par jour, du nombre de nuits sans réveil effectuées chaque semaine … Finalement, qu’est-ce que tout cela nous dit sur le bébé ? Pas grand chose, n’est-ce pas ….

Et puis il y a le temps du questionnaire sur les capacités de l’enfant, car évidemment, ce n’est pas face à cette grande dame en blanc que la prunelle de nos yeux dévoile toutes ses neuves capacités. Lundi, j’ai donc eu droit aux questions suivantes :

“Et les mots ?”

LES MOTS ? ou peut-être “les maux” ? Je n’ai pas bien compris, là …

“Nan, mais est-ce qu’il parle ?”

PARLER ? Mais, il vient d’avoir 6 mois, ma bonne dame ! Je veux bien que certains enfants soient hyper-précoces, qu’on me fasse sentir à la moindre occasion que le  mien n’est pas dans les normes, mais tout de même ! Je ne connaît aucun enfant qui parle à 6 mois, moi !

“Nan, mais bon, quels sons produit-il ?”

Ah, désolée, mais je ne tiens pas un carnet des phonèmes produits par mon enfant :

“Lundi : ADADA ; Mardi : Je crois qu’il a fait “on” mais c’était peut-être “an” ; Mercredi : “MMMMM”, clairement perçu. Serait-ce le début de MMMMaman ? Très certainement. Il ne va quand même pas me faire le coup de commencer par un autre mot, ce cher ange … etc.”

Non mais franchement.

Deuxième question : “Est-ce qu’il s’assoit ?”

Ah, chouette, celle-là je sais répondre : “Non”.

“NON ?”

“Ben non, il ne s’assoit pas.”

“Nous allons voir ça.”

Alors, le médecin a pris le bébé, et l’a mis elle-même dans cette position-là :




Elle l’a lâché. Antonin a eu l’air un peu inquiet, et s’est bien gardé de bouger : pas fou, le bébé. C’est une position qu’il ne maîtrise pas, il ne sait pas y entrer, il ne sait pas en sortir.

“Si je bouge, je me casse la binette dans un gouffre sans fond”, semblait-il dire, concentré et apeuré.

Le médecin fut fort satisfaite et écrivit sur son carnet : “S’ASSOIT EN TREPIED“.

(”En trépied”, ça veut dire qu’on oblige les bébés à prendre des positions inconfortables pour lesquels ils ne sont pas prêts.)

Nous sommes ensuite rentrés à la maison, avec cette vague impression d’avoir passé un examen (mention passable de justesse) et contents d’être tranquilles pour un mois.

Deux heures plus tard, Antonin faisait ça :


Non mais,
est-ce que j'ai une tête de trépied ?


Ce n’était pas dans le but d’avancer, non mais euh, encore une idée de médecin, ça ! Non, c’était juste pour prendre un peu de hauteur. Sur le coup, je n’ai pas pu m’empêcher d’avoir peur, mais il est resté comme cela quelques instants, puis s’est laissé retomber très souplement. Pendant deux jours, il n’a pris cette position que sur des espaces mous (son lit, notre lit), et depuis hier, il s’y entraîne au sol, avec beaucoup de succès.

Un beau pied de nez : elle n’avait pas pensé à poser cette question-là, la doctoresse !

mardi 28 juin 2011

Aménagement pour bébé de 6 mois

Ah, ces parcours de motricité installés dans les structures spécifiques (maison des jeux, crèches, etc.) font bien rêver, n’est-ce pas ? Seulement voilà, nous, dans nos humbles demeures, nous n’avons ni l’espace ni le matériel …

La bonne nouvelle, c’est que la meilleure installation pour votre enfant sera celle que vous concevrez vous-même avec les moyens du bord : nul ne connaît les possibilités de votre enfant mieux que vous et ce qui peut lui plaire à son niveau !

En ce qui concerne Antonin, il maîtrise parfaitement l’art de se retourner du ventre sur le dos et vice-versa, s’entraîne à ramper à longueur de journée sans avoir encore trouvé “le” truc, et ne sait pas se mettre en position assise tout seul.

Antonin a eu 6 mois samedi dernier, et pour fêter ça, j’ai un peu réaménagé son espace.

Voici ce que j’ai fait. Attention, c’est très compliqué, cela demande beaucoup de temps, et en plus cela coûte très très cher ! 
Il suffit donc de mettre un deuxième drap-housse au matelas du lit de votre enfant de façon à ce que ses deux faces soient protégées, et de le poser par terre, sur le tapis où joue votre bébé. Vous pouvez disposer quelques jouets dessus, pour rendre cet espace plus attrayant et que l’enfant comprenne qu’il lui est dédié.

Et c’est tout !

Pour ma part, je n’ai pas cherché à encourager Antonin à grimper dessus ; il fera cette découverte à son rythme, 6 mois n’est pas un âge pour “enseigner” à son enfant ! Peut-être lui faudra-t-il deux mois pour apprendre à grimper dessus, et peut-être deux mois supplémentaires pour apprendre à en descendre ! Ou peut-être plus ! Au moins, on pourra dire que son matelas lui aura fait du profit !

Évaluer la hauteur... avec les mains !

Attention : ne posez pas l’enfant sur le matelas, mais bien au pied : en descendre sans avoir appris à y monter peut s’avérer très dangereux (comme c’est haut, 12 centimètres, pour un bébé !). Je répète que vous êtes seul juge de ce qui peut convenir à votre enfant sans présenter de danger pour lui ! Ce qui convient à l’un peut ne pas convenir à l’autre !

Cependant, si vous aussi vous avez des idées d’aménagement d’espace pour les tout-petits, je suis preneuse !

vendredi 24 juin 2011

Je signe ! Tu signes ?

Depuis quelques temps, Antonin fait quelque chose de nouveau : quand nos visages sont proches, il devient soudain grave et concentré et me regarde très intensément, avec beaucoup d’amour, un brin de malice, mais autre chose aussi, comme s’il cherchait à absorber mon visage.

Il est vrai que le réel foisonne d’informations si riches que nous ne pouvons en faire le tour…

Ces moments se répètent tellement ces temps-ci qu’ils m’ont donné une idée : je commence dès aujourd’hui le langage des signes avec Antonin.

Vous le savez certainement, de plus en plus de parents signent avec leurs enfants, partant du principe que le petit s’exprime avant tout avec son corps ; ces bébés maitrisent certains signes souvent avant de pouvoir articuler correctement les mots, ce qui leur permet d’être acteurs de la communication, et de diminuer la frustration de ne pas se faire comprendre (ou, pour les parents, de ne pas comprendre). Se sentir capable de s’exprimer renforce chez le petit son estime de lui-même et lui donne de l’assurance pour poursuivre ses efforts. C’est pourquoi signer stimule naturellement les processus d’apprentissage, et ne retarde absolument pas l’acquisition du langage parlé !

Depuis la naissance d’Antonin je me dis que signer avec son bébé, c’est sympa, mais bon, c’est trop tôt, et puis maintenant, c’est sans doute trop tard, et voilà que BOUM ! Antonin me dit : “Bon ben, là, c’est le moment si tu veux !”.

Alors, c’est parti ! Depuis ce matin, j’ai appris et utilisé les signes “livre”, “boire”, “biberon”, “manger”, “carotte”, “dormir”, et mon préféré :


OK, celui-là, il est un peu abstrait, mais il me vient assez facilement !

Mais voilà, j’ai des questions pour les Mamans (ou les Papas, les hommes sont tout de même rares sur ce blog, vous ne trouvez pas ???) expérimentés :
  • Il faut signer le mot en situation : comment faites-vous pour signer “boire” et “biberon” alors que vous êtes en train de donner le biberon (et que vos mains sont prises) ? Non, mais sérieusement, je me suis retrouvée bête !
  • Comment être sûr de faire le signe correctement quand on ne connaît pas de mal-entendant dans son entourage ? Les photos, c’est bien beau, mais ça n’est pas toujours suffisamment explicites !
  • Y-a-t-il une syntaxe de la LSF ? Bon je ne prétends pas pratiquer un jour cette langue couramment, c’est juste par curiosité : signer “boire”, ce n’est pas signifier “tu bois” ni “j’ai bu” ni “ils boiront”. J’imagine que ces “subtilités” nécessaires existent en LSF, mais je ne trouve rien sur le sujet.
Bon, en attendant, souhaitez-moi d’être persévérante sur ce coup-là ! Cela me ferait vraiment plaisir de m’y tenir, mais ne minimisons pas l’effort (ni le plaisir) : c’est exactement comme apprendre une langue étrangère !

mardi 21 juin 2011

Sécurité !

Aujourd’hui, nous avons opéré le premier aménagement sécuritaire de notre appartement : nous avons caché les prises électriques de la chambre d’Antonin à l’aide de dispositifs spéciaux.



Je ne sais pas vous, mais c’est fou ce qu’on a comme prises, chez nous : jamais moins de quatre par pièces (salle de bain comprise !)…
Antonin ne rampe pas encore ; mais quand nous le posons à un endroit, nous le retrouvons… ailleurs ! Il se contorsionne, il pédale, il se débrouille ! Et ses petits doigts, mouillés de salive, se promènent un peu partout…



Les prises ne l’intéressent absolument pas. Mais mieux vaut prévenir que guérir : ainsi il sera toujours impossible d’y enfoncer les doigts. Limitons les interdits si on veut qu’ils gardent leur force !

Le livre des bruits, Soledad Bravi, 2004.








































vendredi 17 juin 2011

Sieste au jardin sans jardin

Hé, bien, c’est parfois difficile de faire dormir Antonin en journée ! La vie est trop passionnante, que voulez-vous, le Damoiseau ne comprend pas bien qu’on perde autant de temps à dormir.

Plus le temps passe, plus on entoure le sommeil d’Antonin de mille précautions, “pour que ça marche” : le silence, le noir total grâce à des rideaux occultants … Mais bon, force est de constater que “ça ne marche pas”, justement.

Et puis, j’ai repensé aux petits lits à barreaux des puéricultrices Montessori : ils ont des roulettes pour pouvoir être roulé dans le jardin. Les enfants aiment dormir dehors, paraît-il. Je l’ai constaté avec Antonin qui aime dormir dans son écharpe de portage.

Ah ben oui, mais le petit lit à barreaux d’Antonin, lui, n’a pas de roulettes, et d’ailleurs, je ne sais pas bien à quoi cela servirait puisque nous n’avons pas de jardin !

C’est alors que l’idée a germé : nous n’avons pas de jardin, non, mais la chambre d’Antonin dispose d’une fenêtre qui ne donne pas sur la rue, mais sur une cour intérieure à un pâté d’immeubles. OK, il a vue sur les façades grisâtres. Mais c’est parfaitement calme, on entend le roucoulement des pigeons et le bruissement d’un figuier tout en bas, parfois des voix d’enfants ou le son d’un instrument de musique.

J’ai donc totalement changé d’optique : j’ai ouvert rideaux et fenêtre en grand, et déplacé le lit juste en dessous.

Cela donne cela :

 
Et de son petit lit, Antonin voit cela :



Que croyez-vous qu’il arriva ?

Dodo !


:-D

mercredi 15 juin 2011

Hygiène et construction du schéma corporel

Depuis quelques semaines, je lave les mains d’Antonin systématiquement après le change. A présent, dès que je lui retrousse ses manches, il sait ce qui va se passer et il agite ses jambes en faisant “sssccchhhh” : c’est signe qu’il est très content.

Depuis une semaine, il tend lui-même les mains, l’une, longuement, puis l’autre, au bout d’un moment (”Tiens, c’est vrai, j’ai une deuxième main, là !).

Puis je verse sur ses mains une micro-goutte de savon : c’est la partie qu’il aime le moins car il n’en voit absolument pas l’intérêt. Il se laisse donc savonner d’un air de dire : “Elle m’embête, mais je suis un sage entre les sages, j’endure… “.

Il se rince tout seul sous l’eau tiède qui coule, pendant que j’essaie de ne pas le brusquer et de ne pas penser à cette eau perdue: j’ai essayé de mettre la bonde, elle a failli se retrouver … dans la bouche !! Beurk !


Puis je le préviens : “Attention, c’est presque fini ! Un, deux, trois, c’est fini !“, et je ferme le mitigeur.

Immuablement, Antonin réprime un léger soupir puis il se dresse dans mes bras pour lancer un grand sourire à son reflet dans le miroir au dessus du lavabo.(*)

Reste à secouer une main, puis l’autre au-dessus du lavabo, et à les essuyer (de même que le savonnage, cette étape semble totalement superflue au Damoiseau, mais il se laisse faire à peu près).

ÇA Y EST, LES MAINS SONT PROPRES !

Ce petit rituel tout simple a plusieurs avantages :
  • Grâce à ces étapes immuables, il participe à la construction du temps (succession).
  • C’est une manière de découvrir l’élément “eau” en mouvement, contrairement à l’eau stagnante du bain.
  • Tout naturellement, le bébé prend conscience de son corps : quoi de plus naturel que de vouloir toucher cette drôle de matière ruisselante ? Il découvre ainsi qu’elle enveloppe sa peau de tiédeur comme aucun autre objet ne le fait ; elle lui donne à sentir les contours de son corps.
  • Antonin “goûte” l’eau également, c’est la seule occasion où il l’accepte : il lèche ses mains mouillées très consciencieusement.
  • On peut espérer que l’habitude sera prise pour plus tard.
  • Est-ce la peine de le préciser ? Les mains d’Antonin sont propres, à l’heure où elles traînent partout et finissent toujours dans la bouche !
  •  
(*) Conseil de ma Maman que j’ai trouvé très pertinent : devant un miroir, ne pas dire à l’enfant : “C’est toi !”, mais bien : “C’est ton reflet/ton image !”

mercredi 8 juin 2011

Lectures (presque) montessoriennes concernant les tout-petits

J’ai longtemps cherché des lectures sur l’éducation Montessori des nouveaux-nés, mais le fait est qu’il n’y a pas grand chose. Vous me direz, tout est une question de bon sens à cet âge, mais je trouve quand même qu’être parent, ce n’est pas facile tous les jours et lire des auteurs intelligents me soutient au quotidien.

J’aimerai vous parler de deux livres (juste deux) qui, vraiment, sortent du lot à mon sens. Vous les connaissez peut-être. Moi, je m’y réfère régulièrement, ce sont des alliés véritables, presque des amis.

Les voici :



Ce livre, je l’ai acheté en Suisse pendant ma grossesse. Cette psychologue défend une thèse tout à fait personnelle et, à mon sens, très déculpabilisante pour les parents : pour elle, le bébé a BESOIN de pleurer (c’est le seul moyen pour lui de décharger ses tensions), et les parents ne doivent pas l’en empêcher (après s’être assuré qu’il ne manquait de rien et qu’il ne souffrait pas, bien évidemment !). La seule chose à faire est de tenir son enfant dans ses bras en adoptant une attitude d’attention bienveillante.

Plus généralement, elle soutient que, dans tous les aspects de la vie pratique, le bébé sait ce dont il a besoin.

Le livre est découpé selon les chapitres suivants : 1. Les débuts dans la vie ; 2. Les pleurs ; 3. Le sommeil ; 4.  L’alimentation ; 5. Le jeu ; 6. Les conflits ; 7. L’attachement.

Certains aspects sont peut-être contestables : par exemple, l’auteure pense qu’un enfant pleure en moyenne une heure par jour ! Je suis loin du compte avec Antonin … Elle me dirait peut-être qu’il a mis en place certains automatismes de contrôle (comportements compulsifs empêchant le processus de décharge des pulsions) ?

Enfin, si vous êtes de ces parents désespérés par les pleurs continuels de votre enfant, je vous conseille ce livre, il vous aidera à rester zen ! ;-) 

Si vous voulez en savoir plus dès maintenant, voici un site qui recense les principes de sa pédagogie.

L’autre est une découverte inestimable et récente, et je regrette franchement de ne pas l’avoir découvert plus tôt :


Bon, OK, c’est un classique (et c’est écrit dessus). Il a encore plus que le premier (si c’est possible), une dimension pratique.

Voici son sommaire : 1. Découvrir un bébé ; 2. Les soins quotidiens : 3. Le temps “éveillé” ; 4. Les jouets et les aménagements ; 5. La force des émotions ; 6. L’apprentissage de la réalité ; 7. La séparation ; 8. Accueil ; 9. Pour nous, les parents.

La thèse principale de l’auteure consiste à dire que l’enfant est acteur de son développement, et ce, de manière très active dès sa naissance ! Voilà qui permet un peu aux parents de souffler : non, tout ne dépend pas de nous, l’enfant a un dynamisme interne qui se développera tout seul s’il est dans un environnement aimant.

Encore une fois, c’est une pensée (déculpabilisante) qui se développe à l’ombre de celle de Maria Montessori, “maturationniste” comme on dit dans le jargon : l’enfant, dès lors que son milieu lui apporte tout (et rien que) ce qui correspond à ses besoin, est “capable d’un développement organique spontanné” qui le fait rechercher les “moyens nécessaire à sa croissance harmonieuse innée” (Maria Montessori, Pédagogie scientifique, Éducation élémentaire, p. 40 et 48, ed. Desclée de Brouwer).

En espérant que ces présentations seront utiles à quelques un(e)s, bonne lecture !!

mardi 7 juin 2011

Dormir, ça sert à quoi ?

Extrait d’une discussion surprise entre deux fillettes de trois ans et trois ans et demi :
“Pour quoi faire, dormiiiiir ?”, demande, sur un ton un petit peu plaintif, une fillette à l’heure de la sieste.
Sur un ton chantant, une de ses camarades lui répond du tac au tac :
“POUR SE RE-PO-SER !!”

OK, ça paraît un peu tautologique comme ça, n’empêche que cette petite avait bien compris qu’on ne fait pas la sieste pour faire plaisir à ses parents ou à la maîtresse, mais bien pour se faire du bien.

Et je me suis dit que c’était quelque chose que je devais garder en tête en tant que parent : ce n’est pas pour me faire plaisir qu’Antonin dort !


Avant mon accouchement, j’ai eu besoin, comme beaucoup de parents débutants, de (ré)affirmer certains principes de base qui devait déterminer ma manière d’être parent dans les années à venir : cela fait sourire après coup, car, évidemment, une fois que l’enfant est là, rien ne se passe (heureusement) comme prévu.

Mais il y a un domaine dans lequel je ne savais vraiment pas vers quoi j’allais : celui du sommeil.

A priori, la mode du co-dodo me plaisait bien. Je sentais que le bébé et moi-même aurions besoin d’une période d’adaptation pour passer de l’osmose à la réalité de nos deux corps distincts. Mais tous les ouvrages que je lisais sur la question semblaient dire que si on choisissait cette option, c’était pour plusieurs années, jusqu’à ce que l’enfant lui-même réclame de dormir dans un lit à lui (de tous les témoignages que je lus, trois ans fut l’âge le plus précoce pour cette rupture). Sans que je ne sache encore aujourd’hui pourquoi, cette idée me procurait un indicible malaise.



Alors, co-dodo or not co-dodo ?

Voici mon expérience personnelle, peut-être que cela pourra aider certains parents :
  • De sa naissance à l’âge de trois semaines/un mois, Antonin a dormi entre ses deux parents, dans le grand lit. C’était très pratique pour l’allaitement et cela m’a permis d’avoir une connaissance intime de mon enfant et de ses jeunes capacités : par exemple, j’ai pu observer que, dès sa naissance, Antonin savait manifester son inconfort et nous avertir, par des tortillements ou des gémissements, si quelque chose n’allait pas. J’ai dit adieu à mes peurs d’étouffement, d’écrasement et autres scénario catastrophes.
  • Puis en douceur, Antonin a découvert son lit : de ses trois semaines à ses trois mois, il a dormi dans son lit à barreaux, dans notre chambre. Et cela s’est très très bien passé ! La preuve que si vous dormez avec votre enfant au début, cela ne vous engage pas à vie ! ;-) Bien sûr, nous avons bien verbalisé ce changement. Et puis, Antonin a beaucoup aimé son tour de lit et son mobile, il se sentait tout à fait à l’aise dans son lit. Je ne dis pas que certains soirs il n’y eu pas quelque plaintes (c’est toujours le cas de loin en loin), mais elles sont plus liées à mon sens à une difficulté physiologique de s’endormir (l’enfant “cherche son sommeil” comme on dit) qu’au sentiment d’être délaissé. D’ailleurs son papa ou moi-même restons toujours à son chevet jusqu’à ce qu’il s’endorme.
  • A partir de trois mois, le lit d’Antonin a quitté notre chambre pour aller dans la sienne. Nous lui avons bien expliqué, cela s’est passé sans aucune difficulté ! Et quel bonheur pour les parents de retrouver leur intimité !
  • Parallèlement, pour les siestes, il n’y a pas de règle : parfois Antonin dort contre moi dans notre lit. J’en profite pour faire un petit somme moi-aussi ;-) ou bien je m’éclipse doucement dès que le bébé dort. Et puis parfois, il s’endort dans son lit, sans aucune difficulté. Plus le temps passe, plus j’essaie de le coucher dans son lit, parce que je sais qu’à la rentrée, chez la nourrice, il en sera ainsi. Il y aura suffisamment de changement à ce moment-là, je ne veux pas que la modalité des siestes le surprenne …
En conclusion : ne vous laissez pas intimider par “Il faut” et les “On doit” !! Chaque relation parent -  enfant est différente : écoutez-vous, écoutez votre petit.

jeudi 2 juin 2011

Les enfants et Chagall

Mercredi dernier, nous sommes allés en famille à l’exposition de la décennie à Grenoble :

Chagall et l’avant-garde russe.
Antonin a beaucoup regardé les grandes masses de couleurs franches en aplats. Le fait qu’elles soient cernées de noir, comme dans les dessins d’enfants, renforçait la puissance de l’effet visuel. C’est drôle comme les tout-petits ont le regard qui naviguent dans une œuvre : les yeux vont là où l’artiste veut qu’ils aillent (comme les nôtres, exactement). Avez-vous déjà remarqué cela ?

 
Un petit garçon de nos amis, qui va sur ses trois ans, a observé avec attention les tableaux pour y recenser les animaux. Voici son tableau préféré :


Il a été très sensible à l’humour de l’artiste qui représente cette paysanne fesses en avant ! Et a bien remarqué que, dans la vraie vie, « Les cochons bleus, ça n’existe pas ! ».

Et pour les grands, il y avait de quoi faire aussi : beaucoup de noms en « - isme » (pour ma part, les œuvres « rayonnistes » ont été une révélation !) et beaucoup de chefs d’œuvres de peintres qui, comme Chagall, ont fait des aller-retours entre Paris et la Russie au début du XXe, et opèrent la synthèse entre le cubisme et le fauvisme d’un côté, et l’art populaire de l’autre. Un régal !